Mosson Henri
Henri Mosson, né le 5 janvier 1924 à Boux-sous-Salmaise (Côte-d'Or) et mort le 30 décembre 2025 à Dijon, est un déporté résistant et passeur de mémoire français, également pilote et technicien automobile. Engagé dans la Résistance intérieure dès l'âge de 19 ans, il est arrêté, torturé et condamné à mort en juin 1943. Conformément au décret « Nuit et brouillard », Henri Mosson est finalement déporté en 1943 au camp de concentration de Natzweiler-Struthof, puis à Dachau. Il participe, de sa libération en 1945 jusqu'à sa mort, à la transmission de la mémoire. Professionnellement, il travaille dans le sport automobile pendant toute sa carrière, en tant que pilote puis personnel technique de la Fédération internationale de l'automobile.
Enfance
Henri Mosson naît le 5 janvier 1924 à Boux-sous-Salmaise (Côte-d'Or).
Résistance
Il intègre la résistance locale de la région de l'Auxois en 1943, à l'âge de 19 ans seulement. Sous la fausse identité de Raoul Desbois, il fait partie du maquis Morane, près de Dijon.
Quelques mois après s'être engagé dans la Résistance, il est dénoncé pour avoir récupéré une cargaison d'armes destinée aux combattants clandestins. Après avoir été arrêté par la Gestapo, Henri Mosson est torturé pour le forcer à révéler des informations sur les activités des partisans dans la région. Il refuse de parler et est finalement condamné à mort fin juin 1943.
Cependant, en application du décret Keitel dit « Nuit et brouillard », qui vise à faire disparaître les résistants plutôt que de risquer d'en faire des martyrs en les exécutant, sa condamnation à mort est commuée en déportation. Après un passage au fort de Romainville, Henri Mosson est déporté par le convoi parti de Paris le 25 novembre 1943 (convoi I.165) au camp de concentration de Natzweiler-Struthof, seul camp géré par l'Allemagne nazie sur l'actuel territoire français. Portant le signe caractéristique des détenus Nacht und Nebel, un triangle rouge et les initiales « NN » ainsi que le matricule 6290, il entre au camp le 26 novembre 1943. Sa connaissance de l'allemand lui donne un avantage sur les autres déportés et lui sauve la vie dès son arrivée et l'aide à survivre par la suite. Il est affecté à la désinfection des vêtements des détenus. Face à l'avancée des Alliés, Henri Mosson est transféré au camp de Dachau, puis libéré par les forces américaines le 30 janvier 1945. Il survit mais est dans un état très fragile, pesant seulement 38 kg à son retour en France.
Entraide et mémoire
Après sa libération, Henri Mosson s'engage dans l'aide aux déportés et à leurs familles. Il est notamment commis auprès du ministère des Anciens combattants et Victimes de guerre et aide d'anciens déportés et leurs proches à constituer leurs dossiers. Il participe également à la transmission de la mémoire, en tant que guide au camp du Struthof. Il sensibilise ses enfants et petits-enfants intervient dans les écoles et auprès des jeunes, en France et en Allemagne, pour témoigner de son parcours. Il est présent lors de commémorations officielles. Henri Mosson est membre du comité de parrainage du Concours national de la résistance et de la déportation (CNRD), organisé chaque année en milieu scolaire.
Sport automobile
Henri Mosson devient également un passionné de sport automobile après la fin de la guerre ; il en fait son métier. D'abord pilote de course, il est ensuite membre de la commission technique de la Fédération internationale de l'automobile (FIA), puis commissaire chargé de la sécurité des courses et de l'homologation des véhicules. Ses différentes fonctions l'amènent à rencontrer des figures du sport automobile comme Ayrton Senna et Alain Prost.
Décès et hommages
Henri Mosson meurt le 30 décembre 2025 à Dijon, à l'âge de 101 ans, quelques jours avant son 102e anniversaire. Au moment de son décès, il est le plus ancien et l'un des derniers survivants du camp du Struthof. Plusieurs personnalités lui rendent hommage, dont le président de la République Emmanuel Macron et François Rebsamen, ancien maire de Dijon.
Distinctions
- Officier de la Légion d'honneur (2023) ; décoration remise le 5 janvier 2024, le jour de son 100e anniversaire ; chevalier du 25 avril 1965 ;
- Médaille militaire ;
- Croix de guerre 1939-1945 ;
- Commandeur de l'ordre des Palmes académiques ;
- Croix du combattant volontaire de la guerre de 1939-1945 ;
- Croix du combattant volontaire de la Résistance ;
- Médaille de la déportation pour faits de Résistance.
Publication
- Henri Mosson (préf. Robert Steegmann), Ma déportation : Ultime récit d'un déporté Nuit et Brouillard, Éditions Tirésias, 2025, 160 p. (ISBN 979-1096930265)
Article Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Mosson
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