Alleman Jacques
François-Jacques Laussus Alleman, dit Jacques Alleman, né le 12 septembre 1882 à Bordeaux, mort le 30 octobre 1945 à Nœux-les-Mines, est un architecte français. Marqué d'abord par le
régionalisme, il s'est affirmé comme un architecte Art déco, avec un goût prononcé pour un symbolisme probablement lié à son appartenance à la franc-maçonnerie. Jacques Alleman est originaire de
Bordeaux, il est le frère aîné de Jeanne Alleman (1885-1938), dite Jean Balde, et le petit-neveu de l'érudit gascon Jean-François Bladé (1827-1900).
Il fait ses études à l'école des Beaux-Arts de Paris jusqu'en 1909, puis il réside à Lausanne jusqu'en 1914 où il est mobilisé au 418e régiment d'infanterie suivant le décret du 4 août 1914. Il
sert aux armées de 1915 à 1919 et connaît les champs de bataille d'Ypres, de Verdun, de la Bataille de la Somme et de l'Aisne. Le 4 mars 1919 il est démobilisé. Sergent de réserve dès 1906, il
reçoit la croix de guerre, la médaille de la victoire et la médaille commémorative, pour ses actions héroïques pendant la Grande Guerre.
Il s'installe alors dans le Pas-de-Calais à Béthune puis à Nœux-les-Mines, région dans laquelle il a combattu et où il se marie avec Germaine Lafon, dont il a deux enfants. Il participe à la
reconstruction de Béthune sous la direction de Louis-Marie Cordonnier. On lui doit notamment l'hôtel de ville de Béthune, le palais de Justice et un certain nombre de maisons particulières de la
Grand Place. Il adopte un style régionaliste et expressionniste. Il obtient plusieurs médailles à l'exposition des Arts décoratifs de Paris, qui lance le style du même nom. Son œuvre est toujours
marquée par une symbolique ésotérique, inspirée par la franc-maçonnerie.
Parallèlement et certainement en relation avec son appartenance à l'Union nationale des combattants (UNC), principale organisation d'anciens combattants, il construit de très nombreux monuments
aux morts. Notamment, il édifie presque tous les monuments commémoratifs de la ville de Lille où il s'installe en 1931. Il participe alors activement au programme des grands travaux lancé la même
année par Roger Salengro.
Il y dessine en particulier un projet de lycée à bâtiments dispersés, qui aurait dû remplacer le lycée Faidherbe, et qui aboutit à la construction de l'Institut Diderot, vaste ensemble qui réunit
l'école pratique César-Baggio et l'école primaire supérieure Benjamin-Franklin. Sa dernière œuvre connue est l'église Notre-Dame-des-Arts, bâtiment éphémère destiné à l'exposition du Progrès
Social, organisé à Lille en 1939. La seconde période de son activité est marquée par le style Art déco. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il se réfugie à Bordeaux. Probablement déjà gravement
malade, il rejoint Nœux-les-Mines où il meurt peu de temps après, le 30 octobre 1945.