Amélie d'Orléans

Publié le par Rodney42

Amélie d'OrléansMarie Amélie Louise Hélène d'Orléans, princesse de France puis, par son mariage, reine de Portugal, est née le 28 septembre 1865, à Twickenham, au Royaume-Uni, et est décédée le 25 octobre 1951, au Chesnay à côté de Versailles, en France.

C'est la dernière reine de Portugal. Amélie est la fille aînée de Philippe d'Orléans (1838-1894), comte de Paris et prétendant orléaniste au trône de France sous le nom de « Philippe VII », et de son épouse l'infante franco-espagnole Marie-Isabelle d’Orléans (1848-1919).

Amélie d'Orléans est également liée à deux autres prétendants au trône de France : son frère, Philippe (1869-1926), « duc d’Orléans » et prétendant sous le nom de « Philippe VIII », et son beau-frère Jean, « duc de Guise » et prétendant sous le nom de « Jean III ».

Le 22 mai 1886, Amélie épouse le futur Charles Ier de Portugal (1863-1908), lui-même fils du roi Louis Ier de Portugal (1838-1889) et de son épouse la princesse Maria Pia de Savoie (1847-1911). De ce mariage heureux naissent trois enfants :

  • Louis Philippe de Bragance (1887-1908), duc de Bragance, qui meurt assassiné en même temps que son père.
  • Marie-Anne de Portugal (14 décembre 1887-14 décembre 1887), infante de Portugal.
  • Manuel II de Portugal (1889-1932), dernier roi de Portugal (1908-1910), qui épouse la princesse Augusta Victoria de Hohenzollern-Sigmaringen.


La princesse Amélie passe son enfance en Angleterre, pays où elle voit le jour, du fait de la loi d'exil qui touche sa famille depuis la révolution de février 1848. C’est seulement à partir de 1871 que la princesse et sa famille peuvent revenir vivre en France. En 1886, la princesse épouse l’héritier du trône de Portugal et, à cette occasion, son père, le comte de Paris, organise une somptueuse réception à l’hôtel Galliera (futur hôtel Matignon), dans la capitale française. Le luxe que déploient à cette occasion les Orléans et la chronique qu’en font les journaux monarchistes (et, en particulier, le Figaro) soulèvent la consternation des milieux républicains.

Cet événement donne lieu à de nombreuses attaques contre les Orléans (et les Bonaparte) et aboutit au vote, en juin 1886, d’une nouvelle loi d’exil. Mais à la différence de la première, cette loi ne touche que les prétendants au trône ainsi que leurs fils aînés, ce qui explique que la princesse Amélie puisse revenir vivre en France quand la république est proclamée au Portugal. Les parents de la reine Amélie sont contraints de quitter la France pour l'Angleterre, ils font leurs adieux au château d'Eu puis s'embarquent au Tréport.

En 1889, l’époux d’Amélie, dom Carlos, monte sur le trône portugais et la jeune femme devient reine. Elle commence alors à jouer un rôle culturel et social important dans le pays. En 1892, elle fonde l’Institut d’Aide aux Naufragés et, en 1905, le Musée des Carrosses Royaux (actuel Musée National des Carrosses). Mais la reine crée surtout l’Assistance Nationale aux Tuberculeux, qui combat la plus terrible maladie de l’époque.

Cependant, le Portugal traverse une grave crise au tournant du XIXe et du XXe siècle. Comme en Espagne ou en France, la famille royale est divisée en deux branches (les Bragance et les Saxe-Cobourg) qui s’opposent pour le trône tandis que les mouvements républicains et anarchistes rencontrent un succès croissant au sein de la population. En 1907, pour faire face aux difficultés que le pays traverse, Charles Ier appelle au pouvoir un général autoritaire, João Franco, mais celui-ci se rend très rapidement impopulaire.

Le couple royal et ses enfants décident quand même de se rendre en visite officielle en France, à la fin de l’année. Le voyage s’y déroule très bien et la reine retrouve avec plaisir son pays. Cependant, un drame se produit lorsque la famille regagne le Portugal. Le 1er février 1908, alors que les souverains se dirigent en landau vers le palais royal, un attentat se produit et le roi Charles Ier et son fils aîné, dom Louis-Philippe, sont assassinés. Debout dans la voiture, faisant de son corps un rempart pour protéger son plus jeune fils Manuel, la reine Amélie parvient cependant à tenir en respect l’un des terroristes en le frappant avec son bouquet de fleurs.

De cet événement, la reine ne se remettra jamais complètement. Après l’attentat, elle se retire dans le palais de Pena, à Sintra, d’où elle ne sort désormais que pour appuyer le jeune Manuel II, alors que les institutions du pays ne cessent de se dégrader. Finalement, la république portugaise est proclamée le 5 octobre 1910. La reine Amélie part alors en exil avec le reste de la famille royale à Twickenham, où elle est reçue par son frère, le «  duc d’Orléans ». Mais après le mariage de Manuel II avec la princesse Augusta Victoria de Hohenzollern-Sigmaringen, la reine Amélie part s’installer en France, au château de Bellevue, près de Versailles. En 1932, la reine Amélie subit une nouvelle épreuve avec la mort de son fils Manuel : elle devient alors la dernière représentante de la branche portugaise des Saxe-Cobourg.

Pendant la Deuxième Guerre mondiale, le gouvernement du dictateur portugais Salazar offre à la reine l’asile politique mais celle-ci le refuse, préférant vivre sous le régime de l’Occupation avec ses concitoyens français. Une fois la guerre terminée, le 8 juin 1945, Amélie revient en voyage au Portugal. Elle y visite Fatima et tous les lieux où elle a vécu, excepté Vila Viçosa, résidence pour laquelle elle ressent de trop forts sentiments. En 1945, la reine devient marraine de dom Duarte Pio de Portugal, actuel duc de Bragance, confirmant ainsi la réconciliation des deux branches de la famille royale portugaise.

En 1951, la reine Amélie s’éteint en France, dans son Château de Bellevue, aujourd'hui situé rue du plateau Saint-Antoine au Chesnay, à côté de Versailles. Les restes de la dernière reine de Portugal sont alors transférés près de ceux de son mari et de ses fils, au panthéon royal des Bragances, dans l’église de São Vicente de Fora, à Lisbonne.

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