Prunskienė Kazimira
Kazimira Danutė Prunskienė, née le 26 février 1943 à Vasiuliškės dans la municipalité du district de Švenčionys et morte le 30 juillet 2026 à Vilnius, est une femme d'État lituanienne. Elle est la première Premier ministre de Lituanie après la déclaration d'indépendance le 11 mars 1990. Elle est ensuite ministre de l'Agriculture de 2004 à 2008 et dirige l'Union lituanienne agraire et des verts. Candidate à l'élection présidentielle de 2004, elle est battue au second tour par Valdas Adamkus, puis échoue dès le premier tour en 2009.
Jeunesse et études
Kazimira Danutė Prunskienė naît le 26 février 1943 à Vasiuliškės, dans la municipalité du district de Švenčionys. En mars 1944, son père meurt assassiné par le NKVD en raison de sa participation, trois ans plus tôt, à l'insurrection de Juin. Elle termine en 1960 ses études obligatoires. Elle intègre ensuite l'université de Vilnius, dont elle sort diplômée en 1965 avec les honneurs. Se spécialisant en économie, elle travaille à l'université comme étudiante, chercheuse et enseignante dans cette discipline. Elle est notamment chargée de cours puis maîtresse de conférences à partir de 1978 à la Faculté d'économie industrielle. En 1971, Kazimira Prunskienė soutient une thèse pour obtenir le diplôme de candidate ès sciences économiques, avant de décrocher en 1986 un autre doctorat en économie. Entre 1981 et 1986, elle enseigne dans plusieurs universités, en Hongrie ainsi qu'en Allemagne de l'Ouest. Elle reçoit pendant deux ans, entre 1982 et 1983, une bourse de recherche de la Fondation Alexander-von-Humboldt.
Politique
Kazimira Prunskienė est nommée en 1986 directrice adjointe de l'Institut lituanien d'économie agricole, deux ans plus tard elle devient rectrice de l'Institut de perfectionnement des qualifications des agriculteurs et des cadres du peuple. Elle s'engage politiquement en faveur de l'indépendance nationale de la Lituanie dès la fin des années 1980. À partir de 1988, elle devient une figure du Mouvement réformateur de Lituanie, le Sąjūdis, au sein duquel elle forge le concept d'« indépendance économique » pour la RSS de Lituanie. Elle est vice-présidente du Conseil des ministres de la RSS de Lituanie et siège comme parlementaire au Congrès des députés du peuple d'Union soviétique, qui prend en 1989 la suite du Soviet suprême, dans le cadre de la perestroïka voulue par Mikhaïl Gorbatchev. Prunskienė est l'une des signataires de l'Acte de rétablissement de l'État lituanien le 11 mars 1990, qui marque l'indépendance de la Lituanie vis-à-vis de l'URSS. De février 1990 à 1992, Kazimira Prunskienė siège au Conseil suprême – Seimas reconstituant de Lituanie, la nouvelle Assemblée instituée après l'indépendance.
À partir du 17 mars 1990, Kazimira Prunskienė devient la première Première ministre de la Lituanie nouvellement indépendante. En tant que chef d'État, elle représente le pays auprès des autres dirigeants étrangers, rencontrant notamment le président américain George H. W. Bush, la Première ministre britannique Margaret Thatcher, le président de la République française François Mitterrand ou le chancelier allemand Helmut Kohl. Son activité diplomatique renforce la position lituanienne face à l'URSS de Mikhaïl Gorbatchev et force ce dernier à négocier avec la jeune république indépendante. Elle démissionne de ses fonctions le 10 janvier 1991, cédant ses fonctions de Première ministre à Albertas Šimėnas, qui ne reste cependant en poste que trois jours, avant de disparaître pendant les Événements de janvier, cédant sa place à Gediminas Vagnorius. Pour ses activités en faveur de la restauration de l'État lituanien, elle est surnommée la « Dame d'Ambre » en référence au surnom de Margaret Thatcher, la « Dame de Fer », et reçoit le Prix Minerva.
Kazimira Prunskienė fonde ensuite son propre parti, le Parti des femmes lituaniennes, dont elle prend la présidence. Il change par la suite de nom, pour devenir Nouvelle Démocratie, puis fusionner pour former l'Union lituanienne agraire et des verts dont elle est pendant un temps présidente. Lors des élections législatives de 1996 puis celles de 2000, Kazimira Prunskienė est élue au scrutin uninominal députée au Seimas, le Parlement lituanien. Elle est désignée présidente de la Commission pour la résolution des problèmes de la région de la centrale nucléaire d'Ignalina, qui comporte d'importantes failles de sécurité après la catastrophe de Tchernobyl et que la Lituanie doit fermer pour pouvoir entrer dans l'Union européenne. Elle continue à siéger au Parlement jusqu'en 2008 et est ministre de l'Agriculture dans le gouvernement Brazauskas II puis dans le gouvernement Kirkilas. Kazimira Prunskienė est candidate à l'élection présidentielle de 2004. Elle se maintient au second tour, mais est battue par Valdas Adamkus, obtenant 47,6 % des suffrages. Elle réitère l'expérience lors de l'élection présidentielle de 2009, avec un résultat plus faible, seulement 3,91 % des voix et une 5e place.
Parcours professionnel
En parallèle, elle travaille à son compte en tant que consultante, à la tête d'une entreprise fondée en 1993. En 1996, elle retourne enseigner dans le milieu académique, cette fois à l'université technique Gediminas de Vilnius. Kazimira Prunskienė publie au cours de sa carrière, 400 articles scientifiques consacrés à l'économie dans des publications basées en Lituanie ou à l'étranger, ainsi que plusieurs dizaines d'ouvrages scientifiques et politiques. Entre 1992 et 1997, elle est rédactrice en chef de la revue Lithuania Today. Durant les années 1990, Kazimira Prunskienė prend la présidence de plusieurs associations et organismes, tels que l'Institut lituanien et européen en 1991, l'Association des femmes lituaniennes et la Fédération lituanienne de football féminin en 1992, la Ligue baltique féminine de basket-ball en 1994 (elle reste à ce poste pendant plus de 15 ans), le Conseil des femmes et le Club des économistes de Lituanie en 1998. En 2002, elle est nommée à la tête du Comité national lituanien du Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF).
Fin de vie
En 2012, Kazimira Prunskienė est victime d'un AVC qui lui laisse des séquelles, altérant notamment sa capacité à parler. Elle tombe dans le coma et va se faire soigner à Moscou, en Russie, avant de revenir en Lituanie. Malgré plusieurs opérations successives et des traitements prolongés, elle ne parvient pas à se remettre complètement et décide de se retirer de la vie politique en raison de son état de santé. Elle s'installe dans la résidence de son fils, dans le district de Švenčionys. Kazimira Prunskienė meurt le 30 juillet 2026, à l'âge de 83 ans.
Tout au long de sa carrière, Kazimira Prunskienė est accusée d'avoir collaboré avec le KGB durant la période communiste. L'ancienne Première ministre a fait partie de la branche lituanienne du Parti communiste. La Commission de lustration ayant examiné son cas estime à l'unanimité, dans les années 2000, qu'elle s'est rendue coupable de collaboration avec les autorités soviétiques, menant à bien des missions de « renseignement, contre-espionnage et surveillance idéologique ». Cependant, en janvier 2011, la Cour administrative suprême de Lituanie rend sa décision finale et invalide l'évaluation de la Commission, la disculpant de toute responsabilité.
Distinctions
- Grand officier de l'ordre du Mérite du Portugal
- Grand officier de l'ordre du Mérite (Allemagne)
Article Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Kazimira_Prunskien%C4%97
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