Gorbatchev Mikhaïl Sergueïevitch

Publié le par Mémoires de Guerre

Mikhaïl Sergueïevitch Gorbatchev ou Gorbatchov, né le 2 mars 1931 à Privolnoïe dans l'actuel kraï de Stavropol, est un homme d'État soviétique et russe qui dirigea l'URSS entre 1985 et 1991. Résolument réformateur, il s'engagea à l'extérieur vers la fin de la guerre froide et lança à l'intérieur la libéralisation économique, culturelle et politique connue sous les noms de perestroïka et de glasnost. Impuissant à maîtriser les évolutions qu'il avait lui-même enclenchées, sa démission marqua le point final de la dislocation de l'URSS, précédée de deux ans par l'effondrement des régimes communistes en Europe de l'Est. Il a reçu le prix Nobel de la Paix en 1990. 

Gorbatchev Mikhaïl Sergueïevitch

Jeunesse

Mikhaïl Gorbatchev est originaire du Caucase du Nord dans le kraï de Stavropol. De parents kolkhoziens ralliés au communisme, il est né avec un angiome sur le haut du front. Il est le fils de Sergueï Andreïevitch Gorbatchev (1909-1976), ancien combattant de la Seconde Guerre mondiale et conducteur d'engins agricoles au village de Privolnoïe, et de Maria Panteleïevna née Gopkalo (1911-1993). Son grand-père maternel, président du kolkhoze Krasnyï Oktiabr, est arrêté en été 1937, lors des Grandes Purges, car il aurait créé une organisation secrète. Il est ensuite torturé pendant 14 mois, avant d'être condamné à mort, mais après réexamen de son dossier, le procureur n'ayant relevé aucune « activité criminelle », il échappe à la peine capitale. Il est libéré fin 1938, et redevient président du kolkhoze en 1939. Mikhaïl est profondément marqué par cet épisode : « Ce fut dans mon enfance que je connus mon premier véritable choc : mon grand-père fut arrêté. On l'emmena en pleine nuit… ». Son grand-père paternel, qui refusait la collectivisation, avait également été condamné en janvier 1934, au moment de la grande famine, pour « sabotage » et envoyé aux travaux forcés dans la région d'Irkoutsk. Il acheva sa peine de prison par anticipation ; il travailla ensuite au kolkhoze de Privolnoïe.

Après ses études de lycée, il travaille aux côtés de son père comme conducteur de moissonneuse-batteuse. En récompense, il est décoré de l'ordre du Drapeau rouge du Travail et envoyé à Moscou pour y faire des études supérieures. Il y étudie le droit à l’université Lomonossov, où il rencontre Raïssa Titarenko, sa future femme. Il adhère d'abord aux jeunesses communistes, le Komsomol, puis au parti communiste en 1950. Gravissant les échelons comme apparatchik, il en devient le dirigeant pour la ville de Stavropol en 1962. Entre 1964 et 1967, il étudie à l’Institut d'agronomie de Stavropol et se spécialise dans les problèmes agricoles. Il est remarqué par Iouri Andropov, chef du KGB, qui passe ses vacances dans la région réputée pour ses stations thermales ; dès lors, sa carrière s'accélère grâce à Andropov et son mentor, l'idéologue Mikhaïl Souslov. Il est élu au Comité central en 1971 à 40 ans, secrétaire du Comité central, le 23 novembre 1978 et au Politburo en 1980, à l'âge de 49 ans. 

Arrivée au pouvoir

À la fin des années 1970, le KGB dirigé par Iouri Andropov, diligenta une enquête confidentielle pour évaluer le PNB soviétique selon les critères qualitatifs occidentaux et non plus seulement en volume comme le voulait la tradition soviétique. Le résultat fut très défavorable et apportait la preuve du déclin de l’Union soviétique dont l'économie était alors dépassée par celle du Japon et, dans les années suivantes, par la RFA — anciens ennemis de l’URSS. D’autre part, à partir de 1978, la Chine dirigée par Deng Xiaoping, entreprit une véritable révolution économique rétablissant de fait les règles capitalistes de l'économie de marché dans l'économie chinoise, lui donnant un dynamisme considérable. L’Union soviétique était ainsi confrontée à une situation géopolitique nouvelle et relativement inquiétante. N'étant plus capable de soutenir financièrement le rythme effréné de la course aux armements (si les États-Unis y consacraient 8 % du PIB, le budget militaire de l'URSS absorbait 15 à 20 % du PIB), dans un contexte marqué par la stagnation économique et la baisse des cours du pétrole, l'URSS n'a pas d'autre choix que de songer à une détente et au désarmement. 

Débuts de la perestroïka

Consciente du danger, la direction vieillissante du PCUS porte au pouvoir le représentant d’une nouvelle génération — Gorbatchev a 54 ans — mais formé et testé à l'école du parti. Dès décembre 1984, Gorbatchev avait pu faire son entrée sur la scène diplomatique internationale, en se rendant en Grande-Bretagne, en visite à Margaret Thatcher : le numéro deux soviétique s'y était démarqué des autres dirigeants de Moscou, par son image d'ouverture et en annonçant que l'URSS était prête à une réduction bilatérale des armements nucléaires. Accédant au poste de Secrétaire général du Parti communiste de l’Union soviétique le 11 mars 1985, Gorbatchev tente d’insuffler une nouvelle jeunesse à l’économie de l’URSS. Il s’efforce de sauver le système par des réformes structurelles très profondes par rapport aux principes léninistes classiques. Symboliquement, sa première mesure concerne une vaste campagne contre l'alcoolisme : la prohibition instaurée en mai 1985 consiste à fermer la moitié des points de vente d'alcool et à majorer de 30 % le prix de la vodka ainsi que celui du vin et de la bière, ces mesures, très impopulaires, lui valent le surnom de « secrétaire minéral ». Elles se traduisent également par une énorme production clandestine d'alcool de mauvaise qualité, la disparition du sucre des étalages et de moindres recettes (issues des taxes sur l'alcool) pour le budget de l'État.

Gorbatchev tire son inspiration d'Alexandre Nikolaïevitch Iakovlev, ancien ambassadeur au Canada, qui lui fit prendre conscience de la faillite du système soviétique dans le domaine agricole puis, de façon plus générale, dans sa stratégie de confrontation avec l'Occident. Devenu son éminence grise, celui-ci lui inspire successivement la glasnost, la perestroïka puis l'acceptation de la réunification allemande. Il est aussi encouragé par des partis communistes occidentaux qui tenaient sous l'ère Brejnev à afficher leurs divergences sur la question de la démocratie : en plus du Parti communiste italien, le Parti communiste français : Georges Marchais rencontre Gorbatchev à Moscou dès septembre 1985. La seconde NEP qu'il tente de promouvoir échoue devant une opposition au sein du parti. Gorbatchev met alors en place une politique de glasnost (transparence) pour supprimer les reliquats de stalinisme, et la perestroïka (restructuration) pour combattre la stagnation économique dès 1985. Le premier symbole de la glasnost est manifeste en novembre 1985 : l'ouvrage de Boris Pasternak, Le Docteur Jivago, toujours interdit, est autorisé à paraître en URSS. C'est fin avril 1986, à l'occasion de la catastrophe de Tchernobyl, que le mot glasnost s'impose. En décembre 1986, il autorise Andreï Sakharov, assigné à résidence à Gorki depuis janvier 1980, à revenir à Moscou. Durant ses deux premières années au pouvoir, il renouvelle profondément la hiérarchie communiste : les deux tiers de la composition du bureau politique, soit 40 % des membres du comité central, sont ainsi écartés pour permettre à des réformateurs d'entrer en nombre au sein du comité central du PCUS. 

Tournant dans la politique extérieure : la « seconde Détente » et fin de la guerre froide

Gorbatchev propose d'ouvrir le dialogue avec Reagan et d'accélérer la normalisation des relations avec la Chine. Fin juin-début juillet 1985, Andreï Gromyko est remplacé aux Affaires extérieures par Edouard Chevardnadze qui participe à la conférence marquant le dixième anniversaire des accords d'Helsinki. Cette année, Gorbatchev propose « l'option zéro » au président américain Ronald Reagan au sujet des armes nucléaires, l'Union soviétique acceptant de suspendre ses essais nucléaires souterrains. Il décide aussi de reconduire le moratoire unilatéral concernant l'arrêt des essais nucléaires, le 6 août 1985, date anniversaire du bombardement d'Hiroshima. L'auteur du slogan « America is back » refuse de tenir compte de ces propositions. Gorbatchev prend l'initiative des traités de désarmement qui seront à l'origine de la rupture de l'équilibre de la terreur, installé depuis 1945. En 1986, il propose un plan d'élimination des armes nucléaires à l'horizon 2000. En octobre de la même année, il rencontre le président Reagan à Reykjavik, mais toujours sans résultat. C'est seulement en décembre 1987, à Washington, que les « deux Grands » s'accordent pour réduire de 50 % leurs arsenaux nucléaires, bien que les Américains refusent de renoncer à l'IDS.

Le 1er janvier 1986, un mois et demi après une première rencontre entre les deux chefs d'État à Genève, dans un message de Nouvel An, le président américain adressa un court message télévisé à toute l'URSS, tandis que le président de l'URSS fit de même sur une chaîne de télévision américaine. Le projet séduit : chacun des deux présidents se montra très modéré dans son message ; la gorbymania commençait à toucher les États-Unis. Le magazine Time lui décerna le titre d'Homme de l’année en 1987, puis d'Homme de la Décennie en 1989 après la chute du Mur de Berlin. Mais le 1er janvier 1987 Gorbatchev refusa de renouveler cette initiative en raison du très net refroidissement entre les deux capitales qui suivit les expulsions de diplomates soviétiques des Nations unies (25 diplomates) et des États-Unis (55 diplomates) décidées par Reagan et des mesures de rétorsion par Gorbatchev (10 diplomates, suppression du personnel de service soviétique affecté à l'ambassade et aux consuls américains en URSS ainsi que l'imposition de la parité stricte du nombre de touristes dans les deux pays). Ce fut un aspect oublié de la nouvelle politique soviétique adoptée envers l'Occident depuis 1985 : en échange d'importantes concessions sur le désarmement, répondre du tac au tac à ce type de rebuffades. Si le dialogue était maintenu avec Washington après novembre 1986, il resta infructueux jusqu'en juin 1987. L'affaire Mathias Rust permit à Gorbatchev d'évincer les durs du régime, les plus hostiles à l'option zéro (le ministre de la défense notamment). Le 15 mai 1988, il décide de retirer les troupes soviétiques d'Afghanistan. La décision devient effective un an plus tard.

En 1989, en visite officielle en Chine pendant les manifestations de la place Tian'anmen (mais avant leur répression), on sollicite son opinion à propos de la muraille de Chine : « Très bel ouvrage », dit-il, « mais il y a déjà trop de murs entre les hommes ». Un journaliste lui demande : « Voudriez-vous qu'on élimine celui de Berlin ? » Gorbatchev répond très sérieusement : « Pourquoi pas ? ». À propos des manifestants démocrates qui troublent son séjour, il déclare : « L'URSS a également ses têtes brûlées qui veulent changer le socialisme du jour au lendemain. » Dans le monde communiste, il garde un allié en la personne de Fidel Castro, qu'il rencontre trois fois de 1986 à 1989, malgré les réserves du second à l'égard de la Perestroïka : pratiquement jusqu'à sa chute en septembre 1991, Gorbatchev résiste aux pressions extérieures et intérieures voulant l'obliger à lâcher Cuba économiquement et militairement. Ainsi, fin février 1990, deux mois après l'attaque américaine à Panama et quelques jours après la défaite des sandinistes au Nicaragua, des avions supersoniques soviétiques arrivent à Cuba en soutien au régime castriste. Entre-temps, en décembre 1989, à Malte, Gorbatchev et Bush proclament officiellement la fin de la guerre froide. Cas unique dans le monde, Edouard Chevardnadze se rend à Qom en mars 1989 pour rencontrer l'ayatollah Khomeyni. En 1990, il reçoit le prix Nobel de la paix pour sa contribution à la fin de la guerre froide. En 1991, il signe avec le président Bush l'accord START I : les deux grandes puissances s'engagent à réduire leur arsenal nucléaire stratégique de 30 %. 

Échec des réformes et chute de l'URSS

Entre-temps, la situation économique s'est aggravée, situation due pour partie à la chute des cours des produits pétroliers que le pays exporte, ainsi qu'à la gabegie régnante. La reconnaissance d'un marché souterrain a eu pour conséquence une augmentation considérable des prix. Ses réformes donnent des résultats plutôt mitigés. La perestroïka (restructuration économique) n’a pas atteint les objectifs escomptés, aggravant les pénuries de biens de consommation et les inégalités sociales, entraînant un mécontentement populaire, tandis qu’une démocratisation du régime, amorcée avec la glasnost (transparence), déclenche des conflits inter-ethniques et la montée des nationalismes, mal perçus par les Russes. Le 26 mars 1989, Gorbatchev créa une nouvelle Assemblée législative : le Congrès des Députés du Peuple d'Union Soviétique dont les deux tiers étaient des membres élus au suffrage universel, à bulletin secret, sur candidatures multiples. Les premières élections législatives révélèrent l’échec des candidats de Gorbatchev et l’émergence des réformateurs et des nationalistes. Son gouvernement apparut trop modéré pour des réformateurs, partisans d’une économie libérale, et trop réformateur pour ceux qui souhaitaient un retour au communisme.

En mars 1990, Gorbatchev fait une réforme constitutionnelle : il crée un poste de Président de l'URSS et diminue le rôle dirigeant du chef du Parti communiste de l'Union soviétique. Le 14 mars 1990, le Congrès des Députés du Peuple élit Gorbatchev pour un mandat de cinq ans. L'élection suivante (1995) était prévue au suffrage universel. Pourtant, le 1er mai de la même année, il est hué par certains de ses concitoyens. En effet, il est très impopulaire aux yeux des conservateurs du Parti qui le considèrent comme le fossoyeur du régime soviétique. Les événements qui ont suivi, tels que la proclamation de souveraineté de la Russie au cours du 1er Congrès des députés du peuple de la RSFSR le 12 juin 1990 et l'élection à la présidence de la République socialiste fédérative soviétique de Russie de Boris Eltsine (élu dès le 1er tour au suffrage universel direct), un an plus tard, diminuent le pouvoir de Gorbatchev et la souveraineté de l'URSS. Le 17 mars 1991, un référendum portant sur la question du maintien de l'Union soviétique donne 76 % de réponses favorables au maintien. Il n'en sera pas tenu compte. Lors du putsch de Moscou en août 1991, parti en vacances dans sa villa de Foros en Crimée, il est un temps écarté du pouvoir par un quarteron d'officiels conservateurs du Parti communiste soviétique qui l'enferment dans sa résidence d'été. 

La date du putsch ne fut pas choisie au hasard, car c'est le 20 août que Gorbatchev devait signer un traité instaurant une nouvelle Union, appelée Union des républiques souveraines soviétiques (puis Union des républiques souveraines), réduisant notamment le rôle du KGB et de l’État centralisé, qui avaient tout à y perdre, au profit des républiques. Le soutien d'Helmut Kohl s'avère insuffisant alors que le président François Mitterrand déclare vouloir attendre les intentions des « nouveaux dirigeants » soviétiques, reconnaissant de facto le gouvernement issu du putsch, et n'hésitant pas alors à lire en direct à la télévision une lettre envoyée par Guennadi Ianaïev, l'auteur du coup d'État. Finalement, le putsch avorte, et Boris Eltsine, alors président de la République socialiste fédérative soviétique de Russie, devient le grand bénéficiaire de cet échec après avoir reçu dès les premières heures le soutien du président américain George H. W. Bush et du Premier ministre britannique John Major. Gorbatchev quitte la direction du Parti communiste de l'Union soviétique le 24 août 1991 et les activités du Parti communiste de Russie — le plus important d'URSS — sont suspendues par décret du président russe Eltsine le 29 août lors d'une séance du Soviet suprême. Le parti est purement dissous le 6 novembre. Dans ses Mémoires, Gorbatchev écrit amèrement : « De Foros [en Crimée, où il est retenu], j’ai eu une conversation avec le président Bush. François Mitterrand devait m’appeler, il ne l’a pas fait. » Les accords de Minsk signés le 8 décembre et les accords d'Alma-Ata signés le 21 novembre, créant la Communauté des États indépendants (CEI), sonnent le glas de l'Union soviétique. Gorbatchev démissionne de son poste de président de l'URSS le 25 décembre 1991 et le lendemain, le Soviet suprême dissout l'URSS et s'autodissout : la République socialiste fédérative soviétique de Russie devient la Fédération de Russie. 

Gorbatchev Mikhaïl Sergueïevitch

Après la dislocation de l'URSS

Le 20 avril 1993, il fonde Green Cross International. Il fait en 1993 une apparition dans son propre rôle, dans le film Si loin, si proche ! de Wim Wenders. Le 14 avril 1996, il annonce qu'il se présente à l'élection présidentielle de la Fédération de Russie, mais son score, le 16 juin, est très faible (386 069 voix, soit 0,5 % des suffrages). Il reste d'ailleurs un des dirigeants du XXe siècle les plus mal-aimés des Russes. Il publie ses mémoires en 1996, dénonçant la politique de Boris Eltsine et sa « trahison » envers le référendum d'avril 1991 qui avait donné une majorité favorable au maintien de l'Union. Depuis le début de ce siècle, il est engagé avec des ONG écologistes et avec Daisaku Ikeda pour soutenir la cause pacifiste. Le 26 novembre 2001, il fonde le Parti social-démocrate de Russie. Il démissionne en mai 2004 après un désaccord avec le président du parti Konstantin Titov, car ce dernier n'a guère apprécié l'hostilité manifestée par Gorbatchev à l'encontre de Russie unie, le parti de Vladimir Poutine, lors des élections législatives de l'année précédente.

Il reçoit, le 27 octobre 2005, le titre honorifique d’archonte du Patriarcat de Constantinople. Le 21 novembre 2006, il est opéré de l'artère carotide dans une clinique de Munich, en Allemagne. C'est dans ce pays qu'avait été traitée son épouse Raïssa, qui avait succombé à une leucémie le 20 septembre 1999 à l'âge de 67 ans. Le 20 novembre 2007, Gorbatchev fonde un nouveau mouvement : l'Union des sociaux-démocrates dont il est le chef. Le 30 novembre 2008, Gorbatchev et le milliardaire Alexandre Lebedev annoncent qu'ils fondent un nouveau parti : le Parti démocratique indépendant de Russie. En 2009, il intervient dans le documentaire environnemental Nous resterons sur Terre. Le 16 février 2011, il critique vivement le Kremlin, car ce dernier lui a interdit de créer un nouveau parti social-démocrate en Russie. Propos qu'il rapportera également dans le film qui lui est consacré : Mikhaïl Gorbatchev, Simples Confidences.

Le 7 décembre 2011, il demande l'annulation des élections législatives russes de 2011, remportées par Russie unie, le parti de Vladimir Poutine, et contestées en raison de fraudes présumées. Le 24 décembre 2011, après une manifestation qui a réuni plus de 100 000 personnes à Moscou, Gorbatchev demande à Vladimir Poutine de quitter la tête du gouvernement. Avec la Green Cross International — qui dispose de 18 millions d'euros, financé par des donations privées et des subventions allouées par 34 États —, il continue à défendre l'environnement. Le 12 mars 2012, il est intervenu lors de l'ouverture du sixième Forum mondial de l'eau, à l'âge de 81 ans, devant les délégués de 140 pays. Dans une interview du journal Le Monde, il se dit sceptique quant à la création d'une organisation mondiale de l'environnement, mais très favorable à la création d'un tribunal international « chargé de juger ceux qui sont coupables de crimes écologiques, aussi bien des chefs d'entreprise que des chefs d'État ou de gouvernement ».

En mai 2016, après avoir appuyé l'annexion de la Crimée, il est interdit d'entrée en Ukraine. En 2017, il s'inquiète de la course aux armements dans le monde et déclare que « le monde se prépare pour la guerre ». Dans une tribune publiée par le Time, il demande à Donald Trump et Vladimir Poutine de faire voter au Conseil de sécurité des Nations unies une résolution visant à interdire une éventuelle guerre nucléaire. Selon lui, « aussi longtemps qu’il existera des armes de destruction massive, principalement des armes nucléaires, le danger sera colossal ». Il identifie deux menaces planétaires : une guerre dévastatrice et la destruction des conditions de vie par le réchauffement climatique. Le 2 mars 2021, s'adressant au dernier dirigeant soviétique qui fêtait ses 90 ans, Vladimir Poutine lui a rendu hommage par ces mots : « Vous appartenez de plein droit à une pléiade de personnes extraordinaires, des hommes d'État remarquables de l'ère moderne qui ont influencé de manière significative le cours de l'histoire nationale et mondiale. » 

Distinctions

  • Membre honoraire du Club de Rome.
  • Membre d'honneur du Club de Budapest, dont il a reçu, en 1997 le Prix Conscience planétaire.
  • 1990 : Prix Nobel de la paix.
  • 1993 : Docteur honoris causa de HEC Paris.
  • 2003 : Grammy Award du meilleur livre audio pour enfants.
  • 2008 : Médaille américaine de la liberté décernée pour son rôle dans l′achèvement de la guerre froide.
  • 2009 : Docteur honoris causa de École genevoise de diplomatie.
  • 2010 : prix Dresde.
  • 2011 : Docteur honoris causa de l'université de Liège, Belgique.

Décorations

Décorations soviétiques

  • Médaille de l'ordre de Lénine
  • Médaille de l'ordre de la Révolution d'Octobre
  • Médaille de l'ordre du Drapeau rouge du Travail
  • Médaille de l'ordre de l'Insigne d'honneur
  • Médaille d'honneur du travail
  • Médaille "Pour le Renforcement de la Fraternité dans les Bras"
  • Médaille "En commémoration du 1500e anniversaire de Kiev"
  • Médaille du jubilé "Quarante ans de la victoire dans la grande guerre patriotique (1941-1945)"

Décorations russes

  • Grand-croix de l'ordre de Saint-André
  • Médaille de l'ordre de l'Honneur

Décorations étrangères

  • Grand-croix de l’ordre du Mérite de la République fédérale d'Allemagne
  • Première classe de l'ordre de l’Étoile Planina, Bulgarie
  • Grand-croix de l'ordre de Christophe Colomb, République dominicaine
  • Médaille présidentielle de la Liberté, États-Unis
  • Commandeur de l'ordre des Arts et des Lettres, France, le 29 septembre 1997
  • Grand-croix de l'ordre de la Liberté, Portugal
  • Grand-croix de l'ordre de Saint Agatha, Saint-Marin
  • Collier de l'ordre du Lion blanc, République tchèque

Mikhaïl Sergueïevitch Gorbatchev : dates clés

11 mars 1985 : Gorbatchev numéro 1 de l'URSS

A 55 ans, Mikhaïl Gorbatchev succède à Konstantin Tchernenko, décédé le 10 mars. Le nouveau secrétaire général du Parti Communiste d'Union Soviétique engage l'URSS dans une série de réformes radicales au nom de la "perestroïka" (restructuration) et de la "glasnost" (transparence). Gorbatchev est le dernier chef communiste de l'URSS. Il démissionne en décembre 1991 après l'effondrement du bloc communiste.

15 mai 1988 : Les soviétiques quittent l'Afghanistan

Mikhaïl Gorbatchev ordonne le retrait de ses troupes d'Afghanistan, tenues en échec par les moudjahidine soutenus par les Etats-Unis. C'est la fin de huit ans d'occupation soviétique. Mais une guerre civile entre moudjahidine d'ethnies différentes éclate. En 1996, les taliban prennent Kaboul et instaurent un régime islamiste, dirigé par le mollah Omar. Ceux-ci sont renversés après l'intervention militaire américaine suite aux attentats du 11 septembre 2001.

19 août 1991 : Coup d'Etat manqué contre Gorbatchev

Alors que le président de l'URSS Mikhaïl Gorbatchev est en vacances en Crimée, l'état d'urgence est proclamé et un Comité d'Etat prend tous les pouvoirs. Le président de la république de Russie, Boris Eltsine, sort alors du Parlement russe et demande à la foule de s'opposer au coup d'Etat, en empêchant l'arrivée des chars. En décembre, Mikhaïl Gorbatchev démissionne, c'est la fin de l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS).

25 décembre 1991 : Démission de Mikhaïl Gorbatchev

Le président de l'URSS et secrétaire général du Parti communiste démissionne en début de soirée après que des soldats ont hissé le drapeau russe aux couleurs bleu, blanc et rouge de l'avant révolution communiste de 1917. L'Union Soviétique n'est plus. Boris Eltsine élu président de la fédération de Russie au mois de juin reprend les rênes du pays. Depuis la signature des accords d'Alma-Ata et la création de la Communauté des États indépendants (CEI) le 8, l'empire soviétique est moribond. C'est sans heurt qu'à 60 ans le dernier président de l'URSS remet sa démission au Congrès. Le territoire de l'ex-URSS se compose désormais de quinze Etats indépendants.

26 juin 2005 : Iter à Cadarache

Après de longues négociations, c’est finalement le site français qui est retenu pour la construction du réacteur expérimental ITER. Créé en 1985 sous une impulsion de Gorbatchev, le projet regroupe l’Union Européenne, la Russie, le Japon, la Chine, les États-Unis et la Corée du sud. L’objectif est de créer de l’énergie non plus à partir de la fission nucléaire, mais à partir de la fusion. Très productive et peu polluante, cette technologie est souvent comparée au fonctionnement du soleil. Mais le projet est sans garantie de réussite et ne peut aboutir à une exploitation industrielle que dans plusieurs dizaines d’années. Il suscite pour cela de nombreuses critiques, chez les politiques comme chez les scientifiques. 

Publications

  • Le Futur du monde global. Le testament politique de Gorbatchev, Flammarion, 2019
  • Mon manifeste pour la Terre, Éditions du Relié, 2002 (trad. du russe par Galia Ackerman et Paul Lequesne)
  • Dialogue pour la paix, avec Daisaku Ikeda, Éditions du Rocher, 2001 (traduit du russe par Galia Ackerman et Pierre Lorrain)
  • Mémoires, Éditions du Rocher, 1997
  • Avant-mémoires, Odile Jacob, 1993 (trad. sous la dir. de Georges Philippenko)
  • Le Putsch, Olivier Orban, 1991 (trad. du russe par Michèle Beniser, avec la collab. de Pierre Lorrain)
  • Perestroïka, Flammarion, 1987 (trad. de la version américaine par Jean Bonnefoy et William Desmond)
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