Apor Vilmos

Publié le par Roger Cousin

Vilmos Apor, (Guillaume) était un évêque hongrois qui mourut en 1945 tué par un soldat russe, alors qu'il défendait un groupe de femmes réfugiées à l'évêché de Györ. 

Apor VilmosApor Vilmos

Vilmos naquit à Sighişoara en Transylvanie dans la partie hongroise de l'Empire austro-hongrois (actuelle Roumanie) d'une famille noble hongroise, dont il était le huitième enfant sur neuf, le 29 février 1892. Son père mourut en 1898 et il reçut l'éducation de sa mère, et de précepteurs particuliers. Ensuite, il intégra le lycée jésuite de Kalksburg en Autriche, puis de Kalsca en Hongrie. C'est en 1909 qu'il entra au séminaire de Györ. Vilmos poursuivit ses études de théologie à l'Université jésuite d'Innsbruck et fut ordonné prêtre en 1915. Pendant la Guerre, il fut vicaire à Gyula et ensuite chapelain militaire de la Croix-Rouge austro-hongroise.

Il fut ensuite préfet au séminaire de Nagyvarad avant de devenir curé de Gyula. L'après-guerre fut une période très difficile, aggravée par l'invasion militaire de Gyula, Vilmos Apor montra alors à la fois son esprit de charité et son caractère ferme, défendant les otages, soutenant les droits de l'Église sous le régime de Miklós Horthy, s'opposant aux idées du National Socialisme, tout en ne négligeant pas le soin des plus démunis. Il était surnommé le Curé des pauvres.

Le cardinal Pacelli, futur pape Pie XII, fit un voyage en Hongrie lors du Congrès Eucharistique de Budapest, en mai 1938, et c'est en 1941 qu'ayant été élu pape, il nomma Vilmos Apor évêque de Györ alors que la Hongrie basculait dans le camp du Troisième Reich. En 1944, la Hongrie fut occupée par le Reich, et les lois raciales promulguées. Monseigneur Apor s'éleva alors vivement contre celles-ci, protestant contre la création d'un ghetto à Györ, faisant parvenir des secours aux déportés, tout en multipliant les sermons et la prédication de l'Évangile. En novembre 1944, les Soviétiques étaient aux portes de la ville qu'ils prirent définitivement, en mars 1945 pendant la Semaine sainte. C'est le 28 mars 1945, (mercredi saint) que des soldats soviétiques se présentèrent à l'entrée de l'évêché, où s'était réfugié un grand nombre de femmes des environs. Monseigneur Apor refusa de les livrer aux soldats, craignant pour leur vie et pour leur dignité.

Il célébra sa dernière messe le Jeudi Saint, et le lendemain, les soldats revinrent, exigeant qu'on leur livre les femmes, il refusa à nouveau, les soldats lui tirèrent dessus à bout portant avant de s'enfuir. Vilmos Apor fut transporté à l'hôpital où il fut opéré. Il put encore communier le jour de Pâques et mourut le lendemain de suites de ses blessures. Après la guerre, le souvenir de Monseigneur Apor fut étouffé par les autorités communistes. Il fut béatifié le 9 novembre 1997 par le Pape Jean Paul II. Sa fête a été fixée au 2 avril.

Publié dans Eclésiastiques

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