Barbier André

Publié le par L'Histoire à la Loupe - LHL - Rodney42

Pendant l'Occupation, maintenu dans ses fonctions de maire de Darney, André Barbier est nommé membre du Conseil national de Vichy et préside le conseil départemental des Vosges. A la Libération, bien qu'il n'ait pas pris part au vote du 10 juillet 1940, il devient inéligible pour ne pas avoir démissionné, après avril 1942, du conseil national et du conseil départemental. Néanmoins, il présente sa candidature aux élections municipales d'avril 1945 et conserve son mandat de maire de Darney. Le Jury d'honneur se saisit alors d'office et, "considérant que l'intéressé a participé à la lutte contre l'ennemi et l'usurpateur et a été désigné comme membre du Comité départemental de libération", le relève de son inéligibilité le 30 juin 1945. Peu après, en septembre, André Barbier retrouve son siège de conseiller général de Darney puis la présidence du conseil général des Vosges qu'il exercera jusqu'en septembre 1953.

Aux élections du 21 octobre 1945, pour la première Assemblée nationale Constituante, il figure en deuxième position, derrière André Diethelm, sur la liste gaulliste républicaine et d'action démocratique. Avec 37 % des suffrages exprimés celle-ci arrive en tête et obtient deux des cinq sièges à pourvoir. Membre de la Commission de l'agriculture et du ravitaillement, André Barbier dépose une proposition de résolution relative aux adductions d'eau et à l'habitat rural. Siégeant sur les bancs des républicains indépendants, il vote la nationalisation de la Banque de France, des grandes banques et l'organisation du crédit (2 décembre 1945) mais s'oppose à celles de l'électricité et du gaz (28 mars 1946) et des assurances (24 avril 1946). Le 19 avril 1946 il vote contre le projet de Constitution qui sera rejeté par le référendum du 5 mai 1946.

Il ne se représente pas aux élections du 2 juin 1946 pour la seconde Assemblée nationale Constituante mais conduit la liste gaulliste d'union républicaine aux législatives du 10 novembre 1946. Avec 27 % des suffrages exprimés elle n'est distancée que de 240 voix par la liste MRP qui obtient deux sièges, André Barbier étant seul élu de sa liste. Juge suppléant (1947) puis juré à la Haute cour de justice (1949), il appartient à la Commission de la population, de la famille et de la santé publique et à celle des moyens de communication. Se consacrant essentiellement à la mairie de Darney et au conseil général des Vosges, André Barbier prend part cependant aux grands scrutins de la législature. Il vote contre le projet de loi-cadre sur l'Algérie (27 août 1947), contre le gouvernement Ramadier après le départ des ministres communistes, alors qu'Antoine Pinay vote la confiance (30 octobre 1947) mais pour la réforme électorale instituant les apparentements (7 mai 1951).

A nouveau candidat, à la tête d'une liste soutenue par les indépendants et le RGR, aux élections législatives du 17 juin 1951, André Barbier, dans ses engagements électoraux, prône le maintien de la France en Indochine et s'inquiète d'une diminution relative de la force militaire française par rapport à l'armée allemande. En matière économique et sociale, il plaide pour la réduction des dépenses de l'Etat, la réforme des finances publiques, une gestion plus efficace des entreprises nationalisées, sans demander leur retour au secteur privé, et l'intéressement des salariés aux résultats de l'entreprise. Enfin, il réclame le retour au scrutin d'arrondissement uninominal et majoritaire et propose une révision de la Constitution tendant à aménager le droit de dissolution et à augmenter les pouvoirs législatifs du Conseil de la République. Avec 21,7 % des suffrages exprimés la liste d'André Barbier n'arrive qu'en troisième position derrière le RPF (32,6 %) et le Parti communiste (21,8 %).

 

Toutefois, à titre personnel, il recueille 37 907 voix, de sorte qu'il distance les candidats du Parti communiste. Il a d'autre part la satisfaction d'obtenir deux sièges (dont le sien) car il avait apparenté sa liste à celle du RPF. Or, le total des suffrages de l'apparentement dépassant la majorité absolue, les deux listes se partagent les cinq sièges à pourvoir. Durant la législature, André Barbier appartient aux mêmes commissions : famille, population et santé publique d'une part ; moyens de communication et tourisme, jusqu'en 1954, d'autre part. Toujours inscrit au groupe des républicains indépendants, il apporte son concours aux gouvernements modérés et soutient la politique indochi-noise de Joseph Laniel. Il refuse l'investiture à Pierre Mendès France (17 juin 1954), s'abstient sur les accords de Genève (23 juillet 1954) et vote contre la politique nord-africaine du président du Conseil (chute du gouvernement Mendès France le 4 février 1955). Réticent à l'égard de l'Allemagne, il approuve toutefois la CECA (13 décembre 1951), s'oppose à la question préalable sur la CED (30 août 1954), s'abstient sur les accords de Londres qui mettent fin à l'occupation de l'Allemagne (12 octobre 1954) et vote pour les accords de Paris qui autorisent le réarmement de la RFA et son entrée dans l'OTAN (29 décembre 1954). Il soutient le gouvernement Edgar Faure mais en raison de son état de santé, il ne se représente pas aux législatives du 2 janvier 1956 qui suivent la dissolution prononcée après la chute du cabinet.

Il conserve la mairie de Darney - il avait été réélu en 1947 et 1953 - mais ne sollicite pas le renouvellement de son mandat de conseiller général aux élections d'avril 1958. André Barbier laisse une importante œuvre locale et départementale. Elu municipal pendant quarante ans, dont près de trente ans de mairie, conseiller général durant trente neuf ans, dont seize à la Présidence de l'Assemblée départementale compte tenu de la parenthèse de 1940-1944, il a largement contribué au développement puis à la reconstruction de la commune de Darney et du département des Vosges. A ce titre, il dirigea de nombreux organismes à caractère économique et social et institua d'ailleurs certains d'entre eux. Enfin, fidèle à la mémoire des volontaires tchécoslovaques stationnés à Darney durant la première guerre mondiale, il fait reconstruire le monument, détruit par les Allemands en 1940, qui leur était dédié et, en 1948, il crée la Médaille de Darney en leur honneur.

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