Bartette Marie

Publié le par Roger Cousin

Bartette MarieCette Arcachonnaise qui, bien avant guerre, avait fait de sa boutique, face à la mairie, un lieu de rencontre des esprits progressistes, en fit, dès 1940, une étape pour les résistants. Elle fut à l'origine du premier groupe O.C.M. et eut des responsabilités au réseau Jove. Née le 10 septembre 1893 à Albi, dans le Tarn où son père, officier, se trouvait en garnison; il disparut bientôt, et la jeune orpheline, vint, au début du siècle, avec sa mère et son jeune frère, s'installer à Saint-André-de-Cubzac.

En possession du Brevet supérieur, elle est embauchée à la Lloyds and National Provincial Bank d'abord à Paris, puis à Bordeaux La précarité de la santé de sa mère l'oblige à démissionner pour revenir à Arcachon et se lancer dans la mercerie après avoir fait l'acquisition d'un petit commerce, place de la Mairie, à l'enseigne "au Bonheur des Dames".

En août 1940, Marie Bartette a quitté son emploi dans une banque anglaise de Bordeaux pour venir rejoindre sa mère, veuve et malade, à Arcachon, où elle a acheté une petite mercerie, s'appelant "Au bonheur des dames", située 12, place de la Mairie. Fille d'officier, elle refuse d'admettre la défaite, soutenue par quelques amis sûrs, parmi lesquels l'instituteur Robert Duchez, un séminariste Jean Brunet, André Réaux et André Lesclaux, tous deux employés des postes, et le jeune André Perdrillat, âgé de dix-neuf ans. Il est à noter que l'instituteur Duchez et l'abbé Brunet se retrouvaient côte à côte après s'être affrontés durant de longues années.

Au début, l'activité clandestine du petit groupe se borne à l'élaboration et à la diffusion de tracts de fortune. Fin 1940, il est décidé de fabriquer dix mille croix de Lorraine, découpées dans du papier, et de les répandre dans les principales artères de la ville, dans la nuit de la Saint-sylvestre. Au petit matin, les Allemands ne peuvent que contempler le spectacle, avec d'autant plus de colère que le vent a accumulé un grand nombre de ces croix jusque devant la Kommandantur, où règne le capitaine Schumacker. Si beaucoup d'Arcachonnais s'imaginent que ces croix ont été lancées par avion pendant la nuit, les Allemands, eux, ne s'y trompent pas.

Peu à peu, de nouveaux membres sont recrutés, l'abbé Brunet touchant les milieux de droite, tandis que Robert Duchez se tourne, lui, vers les milieux de gauche, aidé en cela par Réaux et Lesclaux, tous deux militants de la S.F.I.O. Un jour de l'été 1941, par l'intermédiaire du jeune André Perdrillat le groupe entre en contact avec un certain Robert Blanc, parisien réfugié à Arcachon, et qui n'est autre que le commandant parachutiste "Richard", chef de mission en France. En juillet le commandant "Richard" doit quitter précipitamment Arcachon, laissant le groupe sans la moindre liaison.

Isolé, le groupe essaie de prendre avec une autre équipe arcachonnaise, dirigée par Raymond Marty. Celui-ci, sous couvert d'une antenne locale des "Amis du Maréchal", dirige, en fait, un service de renseignements travaillant pour l'Intelligence Service. Le rapprochement ne se fera pas. Le groupe Duchez-Bartette veut impérativement rester sous la bannière gaulliste. En février 1942, le groupe passera sous le commandement d'Edouard de Luze, propriétaire au Moulleau. . Sous son impulsion, le groupe se projettera au-delà d'Arcachon, sur le pourtour du bassin. Marie Bartette fut arrêtée le 30 juin 1944 et interrogée par le lieutenant Dhose. Elle passa des cachots du Fort du Hâ à ceux du Bouscat, siège de la Gestapo; ensuite, ce fut Dachau puis Ravensbrück. Libérée par mes troupes américaines, elle revint à Arcachon fin mai 1945. Marie Bartette s'éteignit le 27 novembre 1961, à Saint Sèverin en Charente.


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Publié dans Résistants

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