Bénard Claude
Claude Eleonor François Bénard naît le 28 janvier 1903 à Feuquières, petit village proche de Grandvilliers (Oise), d'une famille ayant notamment compté parmi ses ancêtres le conventionnel
Vincent, ancien député de Neufchâtel-en-Bray (près de Dieppe, Seine Maritime). Son père est Georges Octave Bénard, sa mère Marthe Gabrielle Pauline Coupigny. A l'issue de ses études secondaires,
François Bénard passe le doctorat de droit (sciences politiques et économiques), et suit les cours de l'Ecole des hautes études commerciales (HEC), dont il sera diplômé. Il embrasse alors la
profession de minotier à Saint-Omer-en-Chaussée (Oise). Engagé en 1940, il fera la campagne comme adjudant.
Conseiller d'arrondissement du 14 octobre 1928 au 18 octobre 1931, François Bénard est élu conseiller municipal, puis devient maire de Saint-Omer-en-Chaussée de 1929 à 1944. En mars 1931, il est
élu conseiller général de Marseille-en-Beauvaisis (Oise), mais il échoue de justesse au deuxième tour des élections législatives de 1932 face à Raoul Aubaud, député sortant radical dans la
deuxième circonscription de Beauvais.
Par arrêté de Marcel Peyrouton, ministre secrétaire d'Etat à l'intérieur, en date du 3 février 1941, François Bénard est nommé membre de la Commission administrative du département de l'Oise, qui
siégera du 27 février 1941 au 4 mars 1943. La loi du 7 août 1942 institue les conseils départementaux en place des conseils généraux supprimés. Par arrêté de Pierre Laval en date du 2 mars 1943,
il est nommé président du conseil départemental de l'Oise, qui tient sa première séance le 10 mai 1943, et la dernière le 6 juin 1944. Réélu conseiller général de Marseille en Beauvaisis à la
Libération, il accède à la présidence du conseil général de l'Oise à la suite des élections cantonales des 20 et 27 mars 1949. Parallèlement à ses responsabilités politiques, il siège, à
l'échelon départemental, dans de nombreux organismes touchant aux questions du logement, de la sécurité sociale et des constructions scolaires.
François Bénard, lors des élections pour la troisième législature, le 2 janvier 1956, se présente en tête de la liste de "Concentration républicaine et d'action sociale, présentée pour la réforme
de l'Etat et la défense des libertés électorales et par le Rassemblement des groupes républicains et indépendants français". Cette liste est notamment apparentée à la liste des Indépendants, des
paysans et du rassemblement des gauches républicaines (RGR). Les engagements électoraux pris par les cinq candidats de la liste conduite par François Bénard prévoient notamment une réforme
profonde des institutions, permettant d'assurer la stabilité gouvernementale par la dissolution automatique de l'Assemblée à la deuxième crise ministérielle. Ils se prononcent également pour la
construction européenne et pour la fidélité au Pacte Atlantique, et consacrent une partie importante de leur profession de foi aux problèmes agricoles, tout particulièrement importants pour un
département comme celui de l'Oise.
Avec 21 929 voix sur 213 654 suffrages exprimés, François Bénard est élu député de la cinquième circonscription de l'Oise. Inscrit à l'Assemblée dans le groupe RGR, il est nommé membre de la
Commission de la reconstruction, des dommages de guerre et du logement (1956), de celle du travail et de la sécurité sociale (1956), de celle de la défense nationale (1957), de celle enfin de la
famille, de la population et de la santé publique (1957). Il dépose sept propositions de loi ou de résolution, concernant pour la plupart des questions agricoles. Sa proposition du 18 avril 1956
tend notamment à réprimer les reprises abusives d'objets mobiliers et de cheptel à l'occasion des changements de locataires ou d'occupants de baux ruraux.
François Bénard, qui avait insisté dans son programme sur la nécessité de réformer le système institutionnel de la Quatrième République, vote les pouvoirs spéciaux en Algérie (12 mars 1956), et
soutient le processus qui aboutira au changement de régime en 1958 : favorable au gouvernement Pflimlin (13 mai 1958), il vote l'état d'urgence (16 mai), s'oppose à la révision de la Constitution
(27 mai), mais soutient le général de Gaulle lors du vote de confiance du 1er juin, accorde les pleins pouvoirs (2 juin) et approuve la révision constitutionnelle (2 juin).