Benkeddache Mohamed Chérif
Mohamed Chérif Benkeddache, originaire de Michelet, est directeur commercial, marié et père de trois enfants, lorsqu'il se présente aux élections du 2 juin 1946 pour la seconde Assemblée
nationale Constituante, dans le collège des musulmans non citoyens du département d'Alger. Il figure en seconde position derrière le docteur Saadane sur la liste d'Union démocratique du manifeste
algérien (UDMA), mouvement fondé par Ferhat Abbas peu de temps auparavant pour défendre des options réformistes sur le devenir de l'Algérie, après les émeutes de mai 1945. Cette liste remporte
dans le département d'Alger, comme dans toute l'Algérie, un grand succès puiqu'elle recueille 102 007 suffrages sur 196 527 suffrages exprimés (51,9 % des voix) et deux sièges sur quatre, contre
68 439 à la liste d'union musulmane et de progrès social et 23 456 à la liste communiste.
Dans la nouvelle Assemblée, Mohamed Benkeddache fait partie de la Commission des affaires économiques, des douanes et des conventions commerciales. La brièveté du mandat de cette assemblée ne lui
donne pas l'occasion de prendre la parole, ni de déposer des propositions de loi. Lors des principaux votes, il choisit l'abstention, notamment lors du scrutin sur le second projet de
Constitution. S'il ne se représente pas aux élections législatives de novembre 1946, il est de nouveau candidat, toujours dans le deuxième collège, en deuxième position sur la liste UDMA, lors du
scrutin du 17 juin 1951. Mais les conditions particulières du vote entraînent un effondrement spectaculaire du nombre de voix recueillies par toutes les liste "non officielles". Les cinq
candidats de la liste de "Concorde et d'entente républicaines" rassemblent 78,5 % des suffrages et sont tous élus, alors que l'UDMA n'obtient que 13 204 voix (4,5 %). Dès lors Mohamed Chérif
Benkeddache rentre dans la vie privée.