Blondeau André Louis
Né dans une famille d'artisans, André Blondeau a fait ses études primaires à Coulonges. En 1927, il entre en apprentissage pour devenir ouvrier sur métaux. En 1931, il est employé dans une
entreprise de mécanique automobile à Chauvigny où il demeure cinq ans. En avril 1934, il se marie avec Janne Bimbault, dont il aura quatre enfants, deux filles et deux garçons. Militant de la
CGT, il est, en 1935, secrétaire du syndicat des métaux de Chauvigny. En octobre 1936, ses activités syndicales provoquent son licenciement à Chauvigny. Embauché dans une entreprise de Poitiers,
il est, à nouveau, licencié en décembre. Il entre alors à l'usine Bloch de Châteauroux-Déols où il est ajusteur d'aviation, puis chef d'équipe de fabrication aéronautique. Poursuivant son action
syndicale, en 1937, il est à la fois secrétaire du syndicat CGT de son entreprise, secrétaire du syndicat CGT des métaux de l'Indre et membre du bureau de l'Union départementale CGT. La grève du
30 novembre 1938 provoque son licenciement.
A la déclaration de guerre, André Blondeau est placé en affectation spéciale comme technicien de l'industrie aéronautique à l'usine de la Société nationale de construction aéronautique de
Rochefort-sur-Mer, la direction de l'usine de Déols n'acceptant pas de le réintégrer. En avril 1940, il est mobilisé au 109e bataillon de l'air à Tours. Il est démobilisé à la fin juillet.
Reprenant son activité professionnelle à Rochefort, il y est contremaître de fabrication, affecté à la construction d'avions Fock Wulf 190. Il mène des actions pour contribuer au freinage de la
production. A la suite de soupçons, son domicile est perquisitionné en septembre 1942. En décembre, il entre dans la clandestinité et en avril 1943, devient agent de liaison du Front national. Il
effectue diverses missions d'aide aux réfractaires. Le 6 juin 1944, sous le pseudonyme de Tilly, il entre au maquis. Nommé sous-lieutenant, puis lieutenant des Forces françaises de l'intérieur,
il aura, à la Libération, le grade de capitaine et il sera affecté à l'état-major des FFI de Poitiers. Il recevra la croix du combattant 1939-1945 et la croix du combattant volontaire de la
Résistance.
André Blondeau retrouve son emploi de contremaître à l'usine de Châteauroux-Déols. Il a adhéré au parti communiste français à l'été 1944. Il exerce, cependant, essentiellement des activités
syndicales et sociales. Responsable du syndicat CGT et du comité d'entreprise de son entreprise, il contribue à la mise en place des œuvres sociales. Il est membre de l'Union départementale CGT
En juillet 1946, il est administrateur désigné dans les premiers conseils d'administration de la Caisse primaire et de la Caisse d'allocations familiales de l'Indre. En avril 1947, il est élu
administrateur à la Caisse primaire de la sécurité sociale du département et à la Caisse régionale du Centre à Orléans. A la suite d'une grève, en août 1949, il est licencié de la SNAC-Déols. Le
parti communiste lui confie la direction de l'imprimerie commerciale du journal La Marseillaise-l'Echo du Centre. En novembre 1955, administrateur élu de la Caisse d'allocations familiales de
l'Indre, il devient son président. A ce titre, en 1956, il est élu administrateur de l'Office public HLM de l'Indre et du Crédit immobilier de l'Indre.
En 1955, André Blondeau est entré au comité fédéral départemental du PCF Son parti le présente en deuxième de liste dans l'Indre lors des élections législatives du 2 janvier 1956. Pour quatre
sièges à pourvoir, douze listes sont en présence. Trois apparentements sont conclus, entre la SFIO, les radicaux-socialistes et les républicains sociaux d'une part, entre le MRP et une liste
d'action paysanne et socialiste d'autre part, entre les poujadistes et une liste de défense des consommateurs enfin. Le parti communiste français dénonce avec vigueur les "apparentés" . Aucun des
apparentements n'obtenant la majorité absolue, les sièges sont répartis à la proportionnelle. Sur 164 567 électeurs inscrits et 127 787 suffrages exprimés, la liste communiste, avec 41 531 voix,
soit 32,3 %, obtient deux sièges. Les deux autres vont au parti radical, qui, avec 30 888 voix, représente 24,2 % des suffrages exprimés.
L'élection d'André Blondeau est validée le 20 janvier 1956. Le 31, il est nommé membre de la Commission de la presse. Il dépose peu de propositions de loi. Dans ses questions écrites ou orales,
il défend le développement de la fabrication aéronautique de l'avion "Caravelle". Il propose notamment la réaffectation de l'usine aéronautique de Châteauroux-Déols, son ancienne entreprise,
alors cédée à l'armée de l'air américaine, pour la fabrication d'éléments des "Caravelles" . "J'appartiens", dit-il dans un débat le 27 juin, "à un département où l'occupation américaine pèse
lourdement sur les populations locales". Le 14 décembre 1956, il est élu conseiller municipal de Châteauroux et le restera jusqu'en mars 1959. Il ne vote pas la confiance au général de Gaulle le
1er juin 1958.