Boivin-Champeaux Jean
Jean Boivin-Champeaux est un homme politique né le 12 août 1887 et mort le 3 novembre 1959. Après des études de droit et un
diplôme de l'École libre des sciences politiques, Jean Boivin-Champeaux devient avocat. Qualifié par l'historien Jean Quellien d'archétype du notable de province, élu maire de Pierrefitte-en-Auge
en 1919 puis conseiller général en 1925 en remplacement de son père, décédé, il est lui-même fils de sénateur et devient à son tour sénateur du Calvados en 1928, réélu lors des scrutins de 1930
et 1939. Au Sénat, il siège au sein du groupe de l'Union républicaine, apparenté à l'Alliance démocratique, c'est-à-dire au centre libéral et laïc. En 1936, il devient également président du
Conseil général du Calvados.
Le 10 juillet 1940, il est celui qui présente devant le Parlement réuni à Vichy la loi constitutionnelle du 10 juillet qui confie les pleins pouvoirs au maréchal Pétain et met un terme à la
Troisième République. Sous l'occupation allemande, il adopte une attitude ambigüe, favorable à Pétain mais hostile à Laval. Il accepte néanmoins de sièger au Conseil national de Vichy.
En dépit de cette attitude fort complaisante à l'égard du régime pétainiste, et des attaques très vives dont il est l'objet à la Libération de la part des résistants, il retrouve aisément ses
mandats de président du conseil général et de sénateur. Il ne participe pas à la tentative de reconstruction de l'Alliance démocratique et fonde au Sénat, en 1946, le groupe parlementaire des
Républicains indépendants dont il devient président en 1948. En janvier 1949 enfin, il fait partie des fondateurs du nouveau Centre national des indépendants et paysans qui sera l'une des
principales forces de la droite parlementaire sous la Quatrième République.