Bousquet Pierre

Publié le par Mémoires de Guerre

Pierre Bousquet (1919-1991) est un homme politique et journaliste français. Membre de la  Waffen-SS au sein de la Division Charlemagne devenu une personnalité de l’extrême droite française, il est le premier trésorier du Front national dont il dépose les statuts avec Jean-Marie Le Pen en 1972, avant de quitter le parti à la fin de l’année 1980. Il participe enfin à la fondation du Parti nationaliste français en 1983. 

Le 7 novembre 1972, le FN tient son premier meeting à La Mutualité. À la tribune : Pierre Durand, Pierre Bousquet, François Brigneau, Jean-Marie Le Pen, Roger Holeindre et Alain Robert.

Le 7 novembre 1972, le FN tient son premier meeting à La Mutualité. À la tribune : Pierre Durand, Pierre Bousquet, François Brigneau, Jean-Marie Le Pen, Roger Holeindre et Alain Robert.

Durant l'entre-deux-guerres

Né en novembre 1919 à Tours, Pierre Bousquet est le fils d'un militaire. Membre du Parti franciste depuis 1935, il était devenu délégué général du bureau de commandement de la Jeunesse franciste en 1941.

SS

Caporal (rottenführer) de la 33e division de grenadiers SS Charlemagne, membre de la Kampfschule de Wilhelm Weber, il fait partie des 300 Français qui combattront les Russes en avril 1945 dans la capitale allemande. Pierre Bousquet est décrit dans l'ouvrage de Jean Mabire La division Frankreich sous le pseudonyme de Pierre Mousquet. Il se fait passer à la chute de l'Allemagne nazie pour un travailleur du STO auprès des troupes américaines, et réussit à se faire affecter à l’arrestation et au renvoi vers la France des collaborateurs. À la Libération, il est condamné à mort, mais n'effectue que deux ans et demi de prison. Après-guerre : militantisme à l'extrême droite. En 1946, il tente, avec d'autres anciens Waffen-SS français, d'intégrer des organisations anti-communistes.

Cadre de Jeune Nation de 1956 à 1958, il est écroué en 1960 pour « atteinte à la sûreté intérieure de l'État » et « reconstitution de ligue dissoute », aux côtés notamment de François Duprat. Il rejoint l'équipe d'Europe-Action en 1963, et devient à ce titre un des principaux animateurs du Mouvement nationaliste du progrès — créé en 1966 à cause de désaccords avec Jean-Louis Tixier-Vignancour —, puis de son émanation le Rassemblement européen de la liberté (REL), dont il est exclu en mars 1978. Après la dispersion de ce dernier il participe l'année suivante à la création du journal Militant , puis en 1970 à celle du Parti national populaire de Roger Holeindre (qui devient peu après le Parti de l'unité française).

Front national (1972-1983)

Proche de Georges Bidault, Pierre Bousquet dépose les statuts du Front national avec son premier président, Jean-Marie Le Pen, à sa fondation en 1972. Il a été membre du premier bureau politique du parti, et son premier trésorier pendant neuf ans. Il est candidat aux élections législatives de 1978 dans la 9e circonscription de Paris. À son sujet, Jean-Marie Le Pen déclare en 1984 : « M. Bousquet a peut-être eu les responsabilités que vous dites, il a peut-être été un ancien SS mais moi je suis de ceux qui sont pour la réconciliation des Français... ».

De 1983 à sa mort

Dissident du FN lepéniste, Pierre Bousquet est en 1983 l'un des fondateurs du Parti nationaliste français (PNF). En 1986, il déclare « ne pas » considérer son passé SS « comme une erreur de jeunesse » ; il condamne toutefois les « chambres à gaz » et les « tortures » du régime nazi. Il affirme continuer à militer « pour l'Europe blanche, de Brest à Vladivostok ». Serge Ayoub a été proche de lui à partir de 1987. Il meurt le 27 août 1991. Sont présents à ses obsèques Roland Gaucher et Roger Holeindre.

Vie privée

Il a exercé les professions d'encaisseur, puis de directeur commercial aux halles de Rungis. Il est païen. 

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