Boysson Guy de
Issu d'une vieille famille catholique du Sud-Ouest (son père, Louis de Boysson était directeur à la Compagnie de Paris-Orléans et sa mère est née Marie-Jeanne d'Anglejan-Châtillon), Guy de
Boysson suit tout d'abord un cursus classique dans ce milieu aristocratique : le lycée Janson-de-Sailly, à Paris, les facultés de droit de Paris et de Lyon, l'Ecole libre des sciences politiques.
A l'issue de ses études supérieures, il est diplômé de cette école en 1937 et docteur en droit avec une thèse sur Les écoles primaires privées et les pouvoirs publics. Mais les événements
l'orientent dans une toute autre direction. Pendant la guerre, il participe à la Résistance au sein des maquis FTP. Sa conduite lui vaut la Croix de guerre (1939-1945). Il devient secrétaire
général des Forces unies de la jeunesse patriotique et, à ce titre, il est désigné comme membre de l'Assemblée consultative provisoire (8 novembre 1944). Dans cette assemblée, il fait partie de
la Commission de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports.
Au cours de ce mandat, Guy de Boysson dépose deux propositions novatrices : l'une demandant l'abaissement de 21 à 18 ans de l'âge minimum exigé des Français et des Françaises pour participer aux
élections, l'autre abaissant l'éligibilité à 21 ans. Il les défend notamment lors de la séance du 28 décembre 1944 avec trois arguments : l'absence de trois millions de Français déportés ou
prisonniers en Allemagne va peser dans un sens attentiste et "vichyssois" sur le résultat des prochaines élections. Pour rétablir l'équilibre, le rajeunissement du corps électoral s'impose
d'autant que la jeunesse a été au premier rang de la lutte contre l'occupant. Lui accorder des droits politiques serait la juste récompense de ses sacrifices. Enfin il ne s'agirait que d'une
mesure provisoire n'engageant en rien la future Assemblée nationale constituante. Ses autres interventions en séance concernent les problèmes de la jeunesse ou de l'éducation nationale. Il est
notamment rapporteur du budget de la jeunesse, de l'éducation physique et des sports lors de la séance du 29 mars 1945. il y déplore à la fois les réductions massives de crédits sur ces
chapitres, par rapport aux demandes du ministère de l'éducation nationale, et la lenteur excessive de la liquidation des Chantiers de jeunesse de Vichy.
Aux élections du 21 octobre 1945, pour l'Assemblée nationale constituante, Guy de Boysson dirige la liste d'union républicaine soutenue par les communistes dans le département de l'Aveyron. Elle
recueille 27 031 suffrages et arrive en quatrième position derrière la liste républicaine de défense agricole, la liste SFIO et la liste MRP. Les premiers de ces quatre listes sont élus députés.
Dans la nouvelle assemblée, Guy de Boysson siège au sein du groupe communiste et appartient aux Commissions de l'éducation nationale et des affaires étrangères. Sa seule prise de position
publique concerne la discussion du budget de l'éducation nationale pour 1946 à propos duquel il dépose plusieurs amendements. En dehors de son mandat de député, il assume à cette époque des
responsabilités dans diverses organisations proches du Parti communiste : il est président de la Fédération mondiale de la Jeunesse démocratique (à ce titre il organise le Congrès de la Paix de
Prague) et associé-gérant des Editions du jeune combattant (1945-1948).
Aux élections pour la seconde Assemblée nationale constituante, Guy de Boysson est reconduit à la tête de la liste communiste qui améliore son score avec 30 147 voix et passe devant la liste
socialiste de Paul Ramadier. Il siège dans les mêmes commissions que précédemment et intervient dans les discussions des budgets de l'éducation nationale et du ministère de l'intérieur.
Les élections législatives du 10 novembre 1946 enregistrent des rapports de force quasi inchangés dans l'Aveyron. La liste de Guy de Boysson gagne près de 2 000 voix (32 040) tandis que la liste
MRP l'emporte cette fois sur la liste modérée (avec respectivement 46 096 voix et 37 871 suffrages). Dans la nouvelle assemblée, le député de l'Aveyron reprend ses fonctions au sein des
commissions de l'éducation nationale et des affaires étrangères. Au cours de ce mandat écourté par sa démission le 1er septembre 1948, Guy de Boysson concentre son activité parlementaire sur les
débats publics : discussion budgétaire des crédits de l'éducation nationale, projets de loi portant aménagements fiscaux, projet de loi portant ratification de l'accord financier franco-libanais
(3 juin 1948).
Mais sa principale prise de position concerne le projet de nationalisation des écoles des houillères, projet sensible dans son département, l'Aveyron, et auquel Guy de Boysson s'est déjà
intéressé de longue date puisqu'il lui a consacré sa thèse de droit. Il rectifie tout d'abord quelques allégations tendancieuses de ses adversaires selon lesquelles sa thèse apportait son soutien
à l'école libre. Il demande ensuite qu'on revienne à la légalité républicaine antérieure à Vichy. Il explique enfin que, contrairement à ce que d'aucuns prétendent, les écoles des houillères ne
sont pas les écoles des mineurs mais celles des dirigeants des houillères dans un but de "propagation de la foi catholique". Il conclut par une explication de vote : "il faut en rester à la
législation républicaine. Il faut également réaliser le vœu des mineurs qui est que ces écoles créées par les anciennes houillères privées, souvent même au détriment des mineurs, reviennent
maintenant à l'Etat. C'est pourquoi, avec mon groupe, je voterai contre la prise en considération du projet du gouvernement ".
Elu conseiller de l'Union française au titre de l'Assemblée nationale en novembre 1948, Guy de Boysson donne sa démission de député le 1er décembre et est remplacé par son second de liste, Edmond
Ginestet. Dans cette nouvelle assemblée, il siège au premier bureau, à la Commission des affaires extérieures et à celle de la justice, de la législation, de la fonction publique et des affaires
domaniales. Pendant ses quatre années de mandat, il intervient régulièrement dans les débats, notamment quand ceux-ci sont liés à l'actualité agitée qui marque l'histoire des territoires
d'outre-mer, notamment à Madagascar (fin 1948) et en Indochine (mars-avril 1949). En 1952, il quitte la vie publique et entre comme conseiller à la Banque commerciale pour l'Europe du Nord. Il y
est nommé directeur en 1957.