Calmel Cyprien Marius
Commerçant à Toulouse, Cyprien Calmel vient tardivement à la politique. Membre du Conseil d'administration de la caisse d'allocations familiales de Haute-Garonne, il adhère au mouvement de Pierre
Poujade et devient secrétaire des sections UDCA (Union de défense des commerçants et artisans) de Toulouse-ville et secrétaire départemental de l'UDCA.
C'est à ce titre qu'aux élections législatives du 2 janvier 1956, il conduit, en Haute-Garonne, la liste d'Union et de fraternité française présentée par Pierre Poujade. Il recueille 20 889
suffrages à titre personnel pour une moyenne de liste de 20 275 voix, soit 7,8 % des suffrages exprimés. Un apparentement ayant été conclu avec la liste de Défense des intérêts agricoles et
viticoles qui avait réuni 5,4 % des suffrages exprimés, la répartition des sièges s'effectua sur la base de 13,2 % des suffrages représentant le total des voix de l'apparentement. Compte tenu des
résultats des autres listes, notamment de la liste d'Union nationale d'Alfred Coste-Floret, député sortant MRP (10,6 %), Cyprien Calmel est proclamé élu.
Cependant, dans son rapport relatif aux opérations électorales du département de la Haute-Garonne, le 3e bureau de l'Assemblée nationale conclut à la non validation de l'élection de Cyprien
Calmel et à la proclamation d'Alfred Coste-Floret comme député. En effet, selon le rapport, l'apparentement entre les listes d'Union et de fraternité française et de Défense des intérêts
agricoles et viticoles ne respecterait pas les prescriptions de la loi car il ne réunirait pas deux mouvements distincts mais deux listes relevant de la même organisation, celle de Pierre
Poujade.
Le 14 février 1956, le rapport vient en discussion. Cyprien Calmel soutient une motion préjudicielle tendant à renvoyer l'affaire devant le 3e bureau au motif que la déclaration de candidature de
la liste d' Alfred Coste-Floret, en lice pour l'attribution du siège contesté, serait elle même illégale. L'Assemblée ne l'entendra pas et ce sera sa seule intervention à la tribune. Le 16
février, après trois jours de débats émaillés de rappels au règlement, de manœuvres procédurières, d'interventions de MM. Jacques Isorni, Jean-Marie Le Pen, Jean-Louis Tixier-Vignancourt, Robert
Ballanger, et d'incidents, parfois à caractère physique, l'Assemblée invalide Cyprien Calmel et proclame élu Alfred Coste-Floret.