Cartier Gilbert Charles
Gilbert Cartier est né le 25 novembre 1912 à Thiais (Seine) ; son père, Henri Albert Cartier était, de 1912 à 1944, sous-directeur du secteur électrique d'Ivry-sur-Seine, et sa mère, Odette
Albertine Piard, journalière. Après l'école primaire et le passage du brevet élémentaire, il doit rapidement entrer dans la vie professionnelle comme tourneur outilleur. Le 16 juillet 1935, il
épouse à Ivry-sur-Seine, Suzanne Duval, secrétaire, qui lui donnera deux filles. Gilbert Cartier s'oriente très tôt vers l'action publique, comme militant de la JOC dès ses débuts, puis vers
l'action proprement politique. Ayant accompli son service militaire en 1933, il reçoit, en 1940, une affectation spéciale à la société SKF d'Ivry-sur-Seine. Après la Libération, Gilbert Cartier
s'inscrit au MRP dès sa création, et, en 1945, rencontre notamment Alain Poher. Il devient chef d'atelier en 1946.
Aux élections législatives du 10 novembre 1946, Gilbert Cartier figure en seconde position sur la liste MRP conduite par Jean-Paul Palewski, maire de Louveciennes, dans la seconde circonscription
de la Seine-et-Oise (Versailles, Rambouillet, Corbeil). Avec 83 715 voix sur 358 267 suffrages exprimés, la liste emporte deux des neuf sièges à pourvoir et Gilbert Cartier devient député de
Seine-et-Oise.
Le nouveau député est membre de nombreuses Commissions parlementaires : production industrielle (1946, 1948), travail et sécurité sociale (1946), affaires étrangères (1947), affaires économiques
(1947, 1948, 1949, 1950), intérieur (1948, 1949, 1950, 1951), enfin, suffrage universel, règlement et pétitions (1949). Il est en outre membre suppléant de la Commission de la réforme
administrative (1947). Très intéressé par toutes les questions relatives à la condition ouvrière, il dépose, au cours de la législature, dix textes relatifs notamment à des problèmes sociaux
(réaliser, par exemple, l'aménagement des lotissements défectueux) et à la gestion locale (taxe locale additionnelle, etc.). Il intervient fréquemment dans les débats lorsqu'ils viennent sur des
questions d'administration départementale ou locale, ou sur l'aménagement de la région parisienne. Le 4 mai 1947 Gilbert Cartier vote pour la question de confiance à la suite de laquelle Paul
Ramadier se séparera de ses ministres communistes, puis, le 27 août suivant, pour le projet de loi sur le statut de l'Algérie. Rapporteur, le 18 février 1949, du projet de loi portant
réglementation de la propagande électorale pour les élections cantonales, il est en outre, le 2 mai 1951, rapporteur de la proposition de loi déposée par Jean Capdeville, et relative au
branchement à l'égout dans l'agglomération de Rouen (Seine-inférieure). Il vote, le 7 mai 1951, pour la réforme électorale instituant le scrutin de liste majoritaire départemental à un tour avec
apparentements. Gilbert Cartier est élu maire de Villeneuve-le-Roi (Seine-et-Oise) en 1947 et sera réélu en 1953.
Aux élections du 17 juin 1951 pour la seconde législature, Gilbert Cartier conduit la liste du MRP dans la seconde circonscription de Seine-et-Oise, Jean-Paul Palewski menant de son côté la liste
du RPF. Ses engagements électoraux insistent sur le fait que "c'est le MRP, en votant contre Thorez, qui a empêché la formation d'un gouvernement à présidence communiste. Il a évité à Paris le
"Coup de Prague" et à la France de passer derrière le "Rideau de Fer". Cela compte ! Nous avons redonné au pays la force économique que les gouvernements de la IIIe République avaient laissé se
dégrader, et que la guerre avait ruinée (...). Notre production est supérieure de 30 % à celle de 1938..." Avec 29 835 voix sur 363 970 suffrages exprimés, Gilbert Cartier est réélu député, seul
de sa liste. A l'Assemblée, il est membre de la Commission de l'intérieur (1951, 1953, 1954, 1955) et est également, le 5 juillet 1951, rapporteur sur les élections de la Lozère. Il vote, le 13
décembre 1951, pour l'adoption du projet relatif au pool charbon-acier, puis, le 27 octobre 1953, pour l'approbation de la politique gouvernementale en Indochine. Rapporteur pour avis du budget
du ministère de l'intérieur pour 1954, il souligne, le 11 décembre 1953, l'insuffisance des subventions accordées aux collectivités locales. Le 30 août suivant, il se prononce contre la question
préalable opposée par le général Aumeran et Edouard Herriot à la ratification du traité de Paris sur la CED. Gilbert Cartier dépose à nouveau un grand nombre de textes dont, le 30 novembre 1954,
une proposition de loi tendant à prendre en considération le chiffre total de la population des communes pour l'application des lois relatives à l'administration municipale. Le 10 décembre
suivant, il se prononce contre la politique du gouvernement de Pierre Mendès France en Afrique du Nord, puis, le 4 février 1955, contre la confiance à Pierre Mendès France. Enfin le 31 mars 1955,
il vote pour l'état d'urgence en Algérie, et, le 29 novembre, pour la confiance à Edgar Faure. Gilbert Cartier intervient en outre très largement dans le cours des débats, notamment lorsque
ceux-ci viennent sur des questions d'administration communale.
Le 2 janvier 1956, Gilbert Cartier conduit, toujours dans la même circonscription, la liste présentée par le MRP. Ses engagements électoraux insistent notamment sur la nécessité d'une plus grande
stabilité gouvernementale. "Les pays les plus grands sont aussi les pays les plus stables. Chez nous, la crise de l'Etat est le premier problème politique. C'est pour lutter contre l'instabilité
ministérielle que nous avons demandé la dis-solution de l'Assemblée, conformément à la Constitution (...). Aux communistes toujours unis, une seule force réelle s'oppose : la démocratie
chrétienne..." Avec 26 414 voix sur 448 365 suffrages exprimés, il est à nouveau réélu député de Seine-et-Oise.
A l'Assemblée, le député de Seine-et-Oise est nommé membre de la Commission de l'intérieur (1956, 1957) et de celle de la presse (1956, 1957), et est élu vice-président de la Commission de
l'intérieur (1957). Rapporteur des opérations électorales de Saône-et-Loire (19 janvier 1956), Gilbert Cartier dépose à nouveau, au cours de cette brève législature, un très grand nombre de
textes relatifs notamment à l'organisation de la fonction publique locale et départementale. Il intervient en outre largement dans les discussions sur ces mêmes problèmes. Le 26 octobre 1956, il
vote pour la confiance au gouvernement Guy Mollet sur sa politique générale, mais s'abstient volontairement lors du vote de confiance à Maurice Bourgès-Maunoury, le 12 juin 1957. Le 2 juillet
suivant, il se prononce pour le plan de développement de l'énergie atomique, puis, le 9, pour la ratification des traités instituant la CEE et l'Euratom. Le 30 septembre 1957, Gilbert Cartier
vote pour le projet de loi-cadre sur l'Algérie, scrutin entraînant la chute du Gouvernement Bourgès-Maunoury. Il vote pour la confiance à Pierre Pflimlin (13 mai 1958), et pour l'état d'urgence
(16 mai 1958). Le Cabinet Pflimlin offre sa démission dès le 25 mai : le 27 mai 1958, Gilbert Cartier vote pour la proposition de résolution tendant à la révision constitutionnelle, et, la
démission du gouvernement ayant été acceptée le 31 mai, il se prononce pour la confiance au général de Gaulle (le 1er juin), puis pour les pleins pouvoirs et la nouvelle rédaction de l'article 90
de la Constitution (2 juin 1958).