Cuttoli Paul Raymond Maxime

Publié le par Rodney42

Opposé au gouvernement de Vichy, Paul Cuttoli est désigné, le 22 octobre 1943, par le Conseil général de Constantine pour siéger à l'Assemblée consultative provisoire. Il participe aux travaux des Commissions de la réforme de l'Etat et de la législation, de l'information, de la justice et de l'épuration. Doyen d'âge, il prononce deux importantes allocutions inaugurant la session ordinaire de 1944 (2 mai) et celle que l'Assemblée tient lors de son installation à Paris (8 novembre). Dans ces deux discours il rend hommage aux "preux de la Résistance" qui sont "notre noblesse" et au général de Gaulle qui "symbolise l'âme de la France".

 

Pour l'avenir, après la victoire des armes, il souhaite que la France "remporte une victoire sur elle-même : qu'il n'y ait pas "d'excès au nom de la liberté et de la justice" et "l'avènement d'une démocratie nouvelle". Il évoque les réformes de structure : "détruisons les privilèges des trusts, brisons les barrières entre les classes sociales, brisons la caste des diplomates comme la caste des finances". Défenseur du parlement et attaché à la morale en politique, il stigmatise "les ambitions impatientes". Paul Cuttoli se fait l'interprète de l'Assemblée consultative provisoire auprès du gouvernement. Le 12 mai 1944, intervenant dans un débat sur la politique extérieure, il demande au Comité français de la libération nationale d'écarter une partie du personnel diplomatique "animé par un esprit hostile à la Résistance française". Il prône le "redressement des grands corps de l'Etat" et "une administration démocratique puisant sa force et son recrutement dans les masses populaires".

Sa volonté de réforme ne va pas aussi loin sur la question algérienne : le 10 juillet 1945, il justifie la répression des émeutes intervenues du 6 au 11 mai. Il explique les raisons de la perte de prestige de la France auprès des masses musulmanes, condamne l'utilisation de l'Islam à des fins politiques et la tolérance dont a bénéficié le mouvement de Ferhat Abbas de la part du gouvernement. Rendant hommage aux colons, il estime par ailleurs que la politique algérienne de la France doit traiter en priorité la question de l'alimentation, celle de la santé et enfin développer l'éducation des musulmans, spécialement des filles.

Avec le rétablissement de la légalité républicaine, Paul Cuttoli est réélu maire de Philippeville, mandat qui lui sera renouvelé en 1947 et retrouve son siège au Conseil général. Aux élections du 21 octobre 1945 pour la première Assemblée nationale Constituante, Paul Cuttoli conduit la liste de concentration républicaine dans le département de Constantine. Avec près de 37 % des suffrages exprimés elle arrive en première position, devant la S.F.I.O. (34,5 %) et le Parti communiste (12,5 %). Inscrit au groupe radical socialiste, Paul Cuttoli siège à la Commission des pensions et des victimes de guerre et de la répression.

Le 6 novembre 1945, en qualité de président d'âge, il prononce l'allocution d'ouverture de la session. Considérant le général de Gaulle comme "l'homme le plus qualifié pour présider à la construction définitive des institutions de la patrie", il met en garde contre un "conservatisme timoré et hésitant" et souhaite la mise en œuvre du programme du Conseil national de la Résistance : "la France a manifesté qu'elle est à gauche et veut une démocratie politique mais aussi une démocratie économique". Avec son groupe, il vote les nationalisations mais s'oppose au projet de Constitution de la IVe République qui sera rejeté par le référendum du 5 mai 1946. Paul Cuttoli ne se représente pas aux élections du 2 juin 1946 pour la seconde Assemblée nationale Constituante mais recommande aux électeurs la liste du Rassemblement des gauches républicaines conduite par le radical René Mayer. Il meurt le 27 avril 1949 à Alger.

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