Delbez Louis Alexandre
Louis Delbez, fils d'un avocat de Montpellier, se passionne pour le droit et la philosophie sociale dès ses études de lettres et de droit à Montpellier. Après son mariage en 1924 avec Paule
Hérail dont il aura quatre enfants il réussit l'agrégation de droit et enseigne dans les universités de Toulouse et d'Aix-en-Provence, avant de se fixer à Montpellier en 1935 où il forme ses
étudiants au droit constitutionnel et au droit international. Cet homme qui s'intéresse autant au théâtre qu'à la viticulture prend, aux élections législatives du 17 janvier 1951, la tête d'une
liste des Indépendants et paysans.
L'Hérault est alors dominé par la personnalité politique du socialiste Jules Moch qui a conclu un apparentement entre les listes de la SFIO, des radicaux, du MRP et des Indépendants et paysans.
Ces derniers se présentent comme de nouveaux venus en politique, très hostiles au communisme et mécontents de la politique économique et sociale des gouvernements de la IVème République. Ils
s'engagent à aider l'enseignement libre et s'adressent tout particulièrement aux nombreux viticulteurs du Midi qu'ils promettent de défendre en spécialistes de la viticulture. L'appel et
l'apparentement sont efficaces puisque les listes apparentées dépassent avec 109 217 voix la majorité absolue. Elles obtiennent les six sièges du département de l'Hérault. Louis Delbez avec 25
827 voix est donc élu député de l'Hérault et devient membre de la Commission des boissons dont il est nommé secrétaire. Il entre aussi dans la Commission du suffrage universel, du règlement et
des pétitions puis, en 1954, dans la Commission des affaires étrangères. Fidèle à ses engagements électoraux, il vote la loi Barangé en faveur de l'enseignement privé et il défend les
viticulteurs. Il demande au gouvernement de ne plus autoriser sans compensation l'introduction des vins marocains en France. Dans des interventions, souvent émaillées de références à l'histoire
antique, il analyse les origines de la crise viticole irrégularité d'une production arbustive et inélasticité de la demande - et préconise une détaxation pour augmenter la consommation ainsi
qu'une modification du statut viticole. La ruineuse distillation serait heureusement remplacée par un contingent commercial individuel, le droit d'ajouter de l'alcool de l'année précédente au vin
en fermentation, un contingent départemental, véritable facteur d'égalisation des sacrifices.
En 1953 le procès d'Oradour inspire au juriste un contre-projet de loi d'amnistie qui divise la Commission de législation. Estimant qu'il est inpossible d'établir deux régimes, l'un pour les
incorporés de force dans l'armée allemande, l'autre pour les autres Français, il demande le maintien de l'article 3 de la loi de 1948 afin de poursuivre les criminels de guerre n'ayant pas la
nationalité française devant les tribunaux militaires. Louis Delbez soutient la politique du gouvernement en Indochine et dans les territoires d'outre-mer et rend un particulier hommage à la
politique de Louis Jacquinot. Il est moins favorable aux initiatives de Pierre Mendès France contre lequel il vote le 4 février 1955. Partisan de la construction européenne, il propose de
rétablir la subvention au Mouvement européen que le ministre des affaires étrangères voulait supprimer. II vote pour les accords de Londres et de Paris ainsi que pour la CED le 30 août 1954.
La situation politique locale est si peu favorable que Louis Delbez ne se présente pas aux élections législatives de 1956. Les indépendants perdent 10 000 voix par rapport à 1951 et n'ont aucun
élu. Louis Delbez qui a retrouvé sa chaire de Montpellier renouera avec la vie politique en tant que suppléant du député élu à Lunel en 1958.