Deliaune Gérard Henri

Publié le par Rodney42

Gérard Deliaune, né le 13 août 1906 à Cauderan en Gironde est issu d'une famille d'origine charentaise. Après ses études secondaires il se consacre à l'exploitation de son domaine viticole. Sa participation, pendant la seconde guerre mondiale, aux campagnes de France et d'Italie, lui vaut la médaille militaire et la Croix de guerre. Grand voyageur et sportif, il pratique l'équitation en compétition, et après son élection à la mairie de Saint-Ciers-de-Canesse (Gironde), en 1947, il fonde dans cette commune une société hippique et une équipe de football qu'il préside. Il œuvre pour l'équipement des campagnes en eau courante. Sil n'est pas élu aux élections cantonales de 1949, il ne renonce pas à la vie politique puisqu'il figure en seconde place sur la liste "anti-collectiviste, patriotique et agricole" du RPF aux élections législatives de 1951. En Gironde, le RPF a réalisé un de ses rares apparentements récusés par son chef, avec le RGR et les indépendants ; celui-ci se révèle très favorable puisque, dépassant la majorité absolue (74 916 voix), il obtient tous les sièges. Ainsi, sont élus deux candidats du RPF (28 586 voix) et deux indépendants (36 166 voix). Le député sortant, socialiste, est battu (40 420 voix).

Le député de la Gironde est nommé membre de la Commission de l'agriculture qu'il représente dans la Commission consultative des assurances sociales agricoles et membre de la Commission des boissons dont il devient secrétaire. I1 se préoccupe de la situation des anciens combattants, prônant divers amendements au projet de budget : situation des Tunisiens, sort des tuberculeux, amélioration des pensions des veuves de guerre, augmentation des crédits affectés aux prêts à la construction, entretien des sépultures.

Gérard Deliaune ne néglige pas les intérêts des régions viticoles en proposant d'accorder un deuxième quart de vin aux soldats et en se prononçant pour une limitation raisonnable du nombre des cafés dans les zones protégées il médite aussi sur des problèmes variés de la société rurale. Constatant que les ouvriers et les agriculteurs chassent surtout le dimanche et dans le département même, il propose de baisser le prix du permis départemental et d'augmenter le montant du permis régional recherché par les chasseurs plus aisés.

Il opte pour une limitation des dépenses du système d'allocations sociales plutôt que pour une augmentation des cotisations. Son rapport sur le développement économique de la Corse préconise une réorganisation de l'enseignement agricole et un reboisement aux frais de l'Etat. En 1955, la montée du poujadisme le pousse à inviter le gouvernement à limiter l'extension des magasins à succursales multiples. S'il vote pour les accords de Londres et de Paris consacrant l'entrée de l'Allemagne dans l'OTAN, il vote contre la CECA et la CED. Le 4 février 1955 il vote la confiance à Pierre Mendès France et il contribue à la chute d'Edgar Faure le 29 novembre 1955 ce qui le renvoie devant ses électeurs après la dissolution de l'Assemblée. La participation aux élections législatives du 2 janvier 1956 de candidats de Fraternité française et l'absence de tout apparentement feront perdre son siège à Gérard Deliaune dont la liste recueille 8 550 voix. Il opérera un retour à la vie politique après 1958 lorsqu'il sera réélu député de la Gironde.

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