Deyron Léon
Léon Deyron, né à Constantine le 20 février 1874, est propriétaire terrien en Algérie. Conseiller municipal et conseiller général de Souk-Ahras, cet ancien radical indépendant se présente aux
élections du 21 octobre 1945 au sein du collège des électeurs français, citoyens musulmans et non-mulsumans sur la liste de concentration républicaine conduite par Paul Cuttoli. Avec 24 688 voix
sur 66 821 suffrages supprimés, la liste de concentration devance les listes socialiste, MRP et communiste. Léon Deyron est ainsi élu à la plus forte moyenne représentant du département de
Constantine à la première Assemblée nationale constituante. Il est nommé membre des commissions des moyens de communication et des PTT, des pensions civiles et militaires et des victimes de la
guerre, et du ravitaillement.
Comme membre du groupe radical-socialiste, Léon Deyron est représentatif du conservatisme de la place de Valois en matière coloniale. C'est ainsi qu'il soutient le sous-préfet de son
arrondissement menacé d'être remplacé pour avoir réprimé trop durement les événements tragiques du 8 mai 1945 ; de la même manière, le 28 février 1946, il s'abstient lors du vote du projet de loi
portant amnistie applicable en Algérie. Enfin, le 5 avril 1946, lors de la discussion des dispositions spéciales à l'Algérie d'une proposition de loi relative à l'élection des députés, il défend
au nom du groupe radical le principe du double collège et partant appelle à voter contre le collège unique. Le 2 juin 1946, Léon Deyron ne sollicite pas le renouvellement de son mandat. Il est
décédé le 3 mars 1947 à Souk-Ahras.