Doize Hippolyte Pierre
La vie de Pierre Doize est dominée par un double attachement : Marseille et le parti communiste. Né le 6 novembre 1907 dans le quartier Saint-Lazare de la capitale phocéenne, Pierre Doize gagne
sa vie comme chaudronnier dans la réparation navale tout en militant dès l'âge de 19 ans au sein des jeunesses communistes. En 1930, il est secrétaire de l'organisation communiste du port de
Marseille. Son militantisme lui ayant valu de perdre son emploi, il devient alors maçon et secrétaire régional du bâtiment C.G.T en 1936.
Pierre Doize suit fidèlement la ligne du parti communiste. C'est ainsi qu'il milite en faveur de la République espagnole avant d'entrer dans la Résistance à l'occupant nazi et de participer aux
premiers groupes de francs-tireurs partisans. Arrêté en 1942, il est en février 1944 l'un des principaux artisans de la révolte des résistants incarcérés à la centrale d'Eysses dans le
Lot-et-Garonne. Il est alors déporté à Dachau puis au camp d'Allach.
A la Libération, de retour à Marseille, il entre au conseil municipal dirigé par Jean Cristofol. En 1948, Pierre Doize accepte la charge de secrétaire fédéral du P.C des Bouches-du-Rhône, et en
1954 il entre au comité central. Le 17 juin 1951, lors des élections à la deuxième Assemblée législative de la IVe République, il figure sur la liste communiste présentée dans la première
circonscription (Marseille) de son département natal. Bien que l'apparentement conclu entre les listes de la Troisième force n'ait pas joué, le secrétaire fédéral n'est pas élu pour avoir été en
cinquième position sur une liste qui compte quatre députés. Il en va de même le 2 janvier 1956. Cette même année, Pierre Doize est membre de la délégation du P.C. F conduite par Maurice Thorez au
vingtième congrès du parti communiste de l'Union Soviétique où est présenté le rapport Khrouchtchev sur les crimes de Staline.
Pierre Doize porte les couleurs communistes lors des élections partielles des 2 et 16 février 1958 qui suivent le décès de Jean Cristofol. Au soir du premier tour, il devance nettement le
socialiste Antoine Andrieux. Le 16 février, avec 106 820 voix sur 274 331 suffrages exprimés, il sort vainqueur d'une triangulaire qui l'oppose aux candidats socialiste et indépendant. La chute
de la IVe République ne l'autorise pas à participer activement aux travaux de l'Assemblée. Avec l'ensemble de ses collègues communistes, il s'oppose au retour au pouvoir du général de Gaulle.
Pierre Doize, ainsi que sa femme elle aussi communiste, résistante et déportée furent tués dans un accident de voiture le 19 février 1979.