Dutilleul Emile
Entré dans la clandestinité à la suite de la signature du pacte germano-soviétique, Emile Dutilleul exerce les fonctions de trésorier du parti communiste clandestin jusqu'à son arrestation en
octobre 1941. Interné à la prison de la Santé, il bénéficie de l'intervention, auprès des autorités allemandes, de son neveu, Pierre Dutilleul, ancien membre du parti communiste à Saint-Denis
proche de Jacques Doriot.
Libéré le 17 août 1944 par la Résistance, il n'est pas réélu au comité central en juin 1945. Cependant, son parti le présente en quatrième position sur la liste communiste dans la cinquième
circonscription de la Seine aux élections du 21 octobre 1945 pour la première Assemblée nationale constituante. Recueillant plus de 39 % des suffrages exprimés, la liste communiste, conduite par
Etienne Fajon, obtient quatre des huit sièges à pourvoir.
Membre de la Commission des affaires économiques, Emile Dutilleul prend part à la discussion du budget de 1946 et du projet de loi sur la propriété commerciale. Il vote avec ses collègues du
groupe communiste et, à ce titre, approuve le texte proposé comme Constitution de la IVe République (19 avril 1946) qui sera rejeté par le référendum du 5 mai 1946.
Aux élections du 2 juin 1946 pour la seconde Assemblée nationale constituante, Emile Dutilleul occupe toujours la quatrième place sur la liste communiste conduite par Etienne Fajon qui, avec 36,6
% des suffrages exprimés, subit un léger tassement et n'obtient que trois élus. Il ne se représente pas aux élections du 10 novembre 1946. Victime d'un accident de voiture puis opéré d'une tumeur
au cerveau, il meurt à Cannes le 18 février 1948, à l'âge de 64 ans.