Fizaine Georges
Georges Fizaine, fils d'instituteur, devient professeur au lycée Raymond Poincaré de Bar-le-Duc en 1936. Il est alors connu pour être un militant actif du syndicat de l'enseignement et de la
section socialiste du chef-lieu du département de la Meuse. A partir de 1937, Georges Fizaine est délégué à la propagande de la fédération SFIO qu'il représente du reste aux congrès nationaux de
Royan et de Nantes en 1938 et 1939. A la veille de la guerre, il occupe les fonctions de secrétaire de la section socialiste de Bar-le-Duc.
A la Libération, Georges Fizaine appartient à la poignée de militants qui oeuvrent à la reconstitution de la fédération départementale qui se résume pour l'essentiel à la section de Bar-le-Duc.
La situation n'est guère favorable aux socialistes. En 1945, le département de la Meuse, pays de petite culture, sensible à l'influence qu'exerce le clergé par l'intermédiaire de la Croix
meusienne puis par Le Meusien semble être à l'écart des évolutions politiques nationales d'autant que les moyens de communication sont rétablis tardivement. Malgré tout, Georges Fizaine accepte
de siéger au Comité départemental de la Libération, devient l'adjoint du maire de Bar-le-Duc et conseiller général, tout en préparant les prochaines échéances électorales. Il tire une feuille
hebdomadaire à trois mille exemplaires.
Le 21 octobre 1945, aux élections à la première Assemblée nationale constituante, la liste SFIO conduite par Georges Fizaine avec 19053 voix sur 91064 suffrages exprimés, se place loin derrière
les listes d'Union Républicaine et MRP menées respectivement par Louis Jacquinot et Jean Vuillaume. Notons que par un télégramme en date du 3 octobre, Daniel Mayer avait proposé à Georges
Fizaine, finalement élu à la plus forte moyenne, de présenter dans la Meuse la candidature d'Alexandre Parodi, ministre du travail.
Le 2 juin 1946, Georges Fizaine conserve son siège d'extrême justesse malgré une campagne très active affichant plus de cinq réunions publiques par jour. Avec 15262 voix sur 91816 suffrages
exprimés, la liste socialiste devance de peu la liste communiste qui lui a pris des voix ainsi que la liste du RGR
Au Palais-Bourbon, Georges Fizaine est nommé sous les deux Constituantes membre de la Commission de l'équipement national et de la production, sous la première des Commissions du règlement et des
pétitions, et du ravitaillement ; sous la seconde de celle du travail et de la sécurité.
Le 10 novembre 1946, aux élections à la première Assemblée législative de la Quatrième République, Georges Fizaine perd son siège au profit du candidat communiste. Sa liste obtient 12515 voix sur
87534 suffrages exprimés. Il se consacre alors à ses mandats locaux et à l'animation de la fédération socialiste en qualité de secrétaire fédéral adjoint. Mais, pour avoir accordé des crédits aux
enfants nécessiteux de l'enseignement privé, il se trouve marginalisé au sein des instances départementales de son parti à partir de 1949.