Four Claudius
Claudius Four alias : Florent Berrier est né le 21 novembre 1895 à Saint Maurice de Beynost dans l’Ain. Après l’éclatement la Première Guerre mondiale, Claudius Four
s’engage en décembre 1914 comme soldat de 2e classe dans l’infanterie. Il apprend le métier des armes dans un peloton d’élèves officiers et est nommé aspirant en avril 1915. Il rejoint en juin le
244e Régiment d’infanterie (244e RI), qu’il accompagne sur le front oriental en octobre 1915, au sein du Corps expéditionnaire français. En octobre 1916, Claudius Four est affecté au 372e RI et
est promu sous-lieutenant en décembre de la même année. Trois jours plus tard, il est blessé une première fois. A la tête de sa section de Zouaves, il est à nouveau blessé sous le feu ennemi en
mars 1917, par éclat de mortier.
Lors de l’offensive de septembre 1918 contre l’armée bulgare, il fait l’admiration de ses chefs. Sur sa Croix de Guerre 14/18 sont agrafées 4 palmes et 3 étoiles qui témoignent du courage sans
faille de ce brillant officier, plein d’allant, mutilé de guerre. A la fin de la guerre, nommé lieutenant de réserve à titre temporaire, Claudius Four est affecté à Lyon en mars 1919 puis est
démobilisé en septembre 1919. Après une année passée dans l’Ain, il s’installe en décembre 1920 au Maroc. Il reste dans la réserve, au 1er Régiment de Zouaves à Casablanca. Il est promu
lieutenant de réserve à titre définitif en 1921 puis capitaine de réserve en 1935.
En septembre 1939, le capitaine Four est appelé sous les drapeaux et sert au 1er puis au 21e Régiment de Zouaves à Meknès (Maroc) où il commande une compagnie. Après la défaite de juin 1940 en
métropole, il est démobilisé en août et occupe les fonctions de directeur de l’école musulmane d’apprentissage de Mazagan. Refusant l’armistice, Claudius Four profite alors de sa position pour
faire une propagande active en faveur du général de Gaulle. Il fait toujours partie de la réserve de l’armée d’Afrique.
Arrêté par les autorités vichystes à cause de son activité pro-gaulliste, il est interné dans un camp de concentration puis expulsé du Maroc en août 1942. Il rejoint alors la métropole. C’est
dans l’Ain, son département d’origine, que le capitaine Four entreprend ses activités résistantes, sous le nom d’emprunt de "Florent Berrier". Il monte tout d’abord un réseau de diffusion et de
propagande puis prend contact avec Londres. Il est engagé dans les Forces françaises combattantes le 1er novembre 1942 au titre de l’Armée secrète (AS) comme agent P 2, c’est-à-dire vivant dans
la clandestinité et pris en charge financièrement par Londres.
Le capitaine Four se met sous les ordres de Paul Schmidt, connu sous le pseudonyme de "Kim", officier de liaison du BCRA auprès du mouvement de résistance Libération-sud, dont il devient
l’adjoint. Sous les ordres de Kim, qui est également chef du Service des opérations aériennes et maritimes (SOAM) dans les régions R5 (Limoges) et R6 (Clermont-Ferrand), il s’agit d'organiser les
parachutages pour les formations paramilitaires de Libération-sud, d'instruire ces équipes et de contribuer à l'exécution de divers sabotages.
Le groupe du capitaine Four, basé à Bourg-en-Bresse (Ain), s’illustre dans des attaques contre les lignes de chemin de fer servant au transport de forces allemandes. De nombreux sabotages sont à
mettre à son actif. Claudius Four se spécialise également dans la recherche et l’aménagement de terrains d’atterrissage pour les avions à grosse capacité comme les Hudsons. Il fait partie des
premiers à organiser l’atterrissage de plusieurs de ces avions.
Début 1943, il est chargé par Raymond Fassin (alias SIF), officier de liaison de Jean Moulin, de prendre contact avec les maquis alpins, alors en cours de formation. A l’issue de cette mission de
première importance, son rapport sur leur organisation s’avèrera très précieux par la suite.
Mais l’activité incessante de Claudius Four, alias "Florent Berrier", finit par alerter la Gestapo qui se met à sa recherche. Il est alors envoyé sur Paris où il rejoint "Kim", qui dirige
désormais le Bureau des opérations aériennes (BOA). Ses conseils avisés et son sens des responsabilités font de lui l’adjoint idéal, mais la Gestapo se fait trop menaçante. Dans la nuit du 24 au
25 juillet 1943, par une opération aérienne, il part pour Londres où il s’engage au Bureau central de Renseignements et d’Action (BCRA), le service de renseignements de la France combattante.
Volontaire pour une mission de première importance, il se prépare à retourner en métropole après avoir effectué un stage d’entraînement. Mais dans la nuit du 10 au 11 décembre 1943, l’appareil
qui ramène le capitaine Four en France pour sa mission est abattu par la Flak (Défense Contre Avions allemande) au-dessus de Berry-en-Bac (Aisne). Le capitaine Four est tué.
Claudius Four a été promu commandant à titre posthume par arrêté du 21 octobre 1947. Inhumé dans le cimetière anglais de la Musette près de Berry-en-Bac aux côtés de ses deux compagnons de
mission, le lieutenant néo-zélandais Bathgate et le résistant Cossonneau dit "Moreau", son corps a été déplacé sur demande de sa famille en juillet 1948 au cimetière de Bourg-en-Bresse, où il
repose depuis.