François Germaine Eugénie
Originaire du Havre, exerçant la profession d'employée, Germaine François participe activement à la Résistance. Elue conseiller municipal de Nevers à la Libération, elle conserve ce mandat lors
des renouvellements de 1947 et de 1953. Aux élections du 21 octobre 1945 pour la première Assemblée nationale Constituante, elle figure en deuxième position sur la liste présentée par le Parti
communiste dans la Nièvre. Avec près de 33 % des suffrages exprimés la liste communiste arrive en tête et obtint deux des quatre sièges à pourvoir. Germaine François sera réélue dans des
conditions analogues aux élections du 2 juin 1946 pour la seconde Assemblée nationale Constituante. Au sein de ces deux Assemblées elle appartient à la Commission de la justice et de la
législation générale.
Elle dépose deux propositions de loi. La première accordant, comme au lendemain du premier conflit mondial, l'assistance judiciaire aux enfants mineurs des victimes de la guerre (22 mars 1946).
La seconde fixant le statut des établissements de la Marine nationale de Guérigny dans la Nièvre (17 septembre 1946). Le 29 août 1946 elle rapporte au nom de sa Commission la proposition de
résolution de Louis Bernard - son collègue communiste de la Nièvre - ayant le même objet. Germaine François vote naturellement les nationalisations et, absente lors du scrutin sur le premier
projet de Constitution (19 avril 1946), elle approuve le second texte qui deviendra la Constitution de la IVè République (28 septembre 1946).
Aux élections législatives du 10 novembre 1946 le Parti républicain de la liberté et le Rassemblement des gauches républicaines ne présentent pas de liste dans la Nièvre et François Mitterrand
conduit une liste "d'action et d'unité républicaine" de sorte que quatre formations sollicitent les suffrages des électeurs, au lieu de cinq lors de la précédente consultation.
Bien que le Parti communiste, dont Germaine François est devenue tête de liste à la suite du décès de Louis Bernard, améliore son résultat (33,6 % contre 32,4 % des voix), il perd l'un de ses
deux sièges au profit du futur Président de la République.
Réélue, Germaine François appartient à la Commission de la famille, de la population et de la santé publique dont elle est vice-président en 1949. Elle dépose à nouveau sa proposition de loi
relative aux établissements de la Marine de Guérigny et divers textes concernant l'enfance, la situation des chômeurs ou encore l'aide à apporter aux victimes de catastrophes naturelles ayant
frappé la Nièvre. Elle intervient dans la discussion de chacun des budgets de la santé publique et de la population. A ce titre, Germaine François signale le manque d'appareils
d'électro-radiologie dans les hopitaux de l'Assistance publique, soutient les revendications du personnel hospitalier spécialement dans le secteur psychiatrique, plaide pour l'amélioration de la
vie quotidienne des aveugles, déplore la modicité des crédits alloués à la protection maternelle et infantile et aux écoles d'infirmières. Ancienne résistante, elle exerce sa vigilance sur le
fonctionnement d'institution créées du temps de Vichy comme l'Entraide française et souhaite limiter les effets de l'amnistie pour faits de collaboration. Enfin en 1949, à l'occasion de l'examen
du budget de la défense et de la discussion du projet de loi sur la réorganisation des sociétés nationales de constructions aéronautiques, puis en 1950 à propos de la vente d'une société de
Fourchambault à l'entreprise Vespa, le député de la Nièvre défend l'emploi industriel dans son département.
Réélue aux élections législatives du 17 juin 1951 - la liste communiste qu'elle conduit recueille près de 30 % des suffrages exprimés - Germaine François retrouve la Commission de la famille, de
la population et de la santé publique. A partir de 1954, elle participe aussi aux travaux de la Commission de la presse. Dans ce dernier domaine, elle s'attache au maintien de la législation sur
la presse adoptée au lendemain de la Libération.
Comme au cours de la précédente législature, l'essentiel de son activité a trait à l'enfance, à la santé et à la population. Elle dépose à nouveau propositions de loi ou de résolution et
intervient fréquemment sur ces sujets en séance publique. Face aux attaques que subit la vaccination B.C.G., elle défend ce moyen de prévention dont elle souhaite voir l'efficacité renforcée par
la création de centres spéciaux de vaccination. Elle prône les méthodes d'accouchement sans douleur. Toujours en matière de santé publique, le député de la Nièvre soutient des amendements
durcissant le projet de loi relatif à la lutte contre l'alcoolisme.
Germaine François ne se représente pas aux élections législatives anticipées du 2 janvier 1956. Dans une déclaration annexée à la profession de foi de la liste communiste elle explique que "son
état de santé et surtout celui de son mari, ancien déporté, l'obligent à rester dans son foyer ou sa petite fille réclame ses soins".