Freundeskreis Reichsführer-SS

Publié le par L'Embrasement du Monde

L'Embrasement du Mondepublié le 19/02/2011 à 05h59

Heinrich HImmlerEn sa qualité de mouvement nationaliste et antisocialiste, le NSDAP fut, depuis ses débuts, toujours soutenu par le monde des affaires… Le « Cercle des Amis du Reichsführer-SS », initialement nommé « Cercle des Amis de L’Économie » ou Freundeskreis der Wirtschaft, était composé d’un groupe d’industriels dont le but était de rechercher et procurer des fonds pour la recherche nazie. Voici quelques éclaircissements sur ce club très privé.

Au début des années 30, la SS commence à accueillir au sein de sa caste d’officiers de plus en plus d’individus issus de la grande bourgeoisie. Les grands groupes industriels réagissent et commencent à investir dans les activités de l’Ordre Noir. La plupart de ces industriels, dont IG Farben, s’opposent au coût d’entretien et de protection des grands propriétaires terriens, les Junkers, et préconisent une agriculture intensive – devenant ainsi des alliés naturels de l’ex agronome, Heinrich Himmler. Ces capitaines d’industrie partagent avec le Reichsführer-SS la même ambition de consolider l’hégémonie Allemande en Europe au sein d’un bloc économique fermé, et indépendant du capital Américain et du marché mondial.

Au printemps 1934, Himmler sympathise avec Wilhelm Keppler, un des directeurs d’IG Farben, et lui confère le grade honoraire de Gruppenführer-SS. En retour, Keppler s’avère d’une importance capitale dans la création du Freundeskreis RfSS ou « Cercle des Amis du Reichsführer-SS », club regroupant la fine fleur des industriels Allemands ainsi que des conseillers financiers de haut niveau. Il est convenu que, régulièrement, le Cercle contribuera financièrement aux activités, culturelles, sociales, et caritatives de la SS, en échange du parrainage et de la protection d’Himmler.

Mais qui est Wilhelm Keppler ? Fondateur du Cercle original, connu sous le nom de « Cercle des Amis de L’Économie », Keppler est l’exemple type de l’homme d’affaire politisé – c’est à dire cultivant l’arène politique à des fins personnelles plutôt que le marché impartial. Comme ses pairs, il est enclin à soutenir les concepts nazis car il a très bien compris qu’une société planifiée et contrôlée propose d’excellentes opportunités d’obtentions de marchés par le biais de l’influence politique.

Keppler s’inscrit au NSDAP, et rencontre Adolf Hitler en 1931. Lors d’une de leurs conversations, le futur Führer lui fait savoir qu’il est à la recherche d’hommes d’affaires Allemands prêts à tenir le rôle de conseillers économiques lorsque le NSDAP aura pris le pouvoir. Keppler se met immédiatement au travail. Avec l’aide de Fritz Kranefuss son protégé, il réunit un groupe d’industriels en un Cercle originel (Freundeskreis der Wirtschaft) dont les membres rencontrent Hitler en mai 1932. Hitler leur expose les buts du National-Socialisme de façon circonstanciée. Suite à une série de réunions successives – auxquelles assistent Heinrich Himmler, plusieurs officiers SS, et d’autres banquiers – un pacte est scellé : le Cercle soutiendra non seulement Hitler au cours de sa campagne électorale, mais également pendant la première année du régime.

Wilhelm KepplerEn 1933, Keppler est élu au Reichstag et devient l’expert d’Hitler en matière financières, mais pas pour longtemps ; il est rapidement remplacé par Hjalmar Schacht, nettement plus qualifié. Muté en Autriche en 1938, en qualité de Reichskommissar, Keppler réussit néanmoins à user de sa position et de son influence pour accumuler un pouvoir considérable à l’intérieur de l’état Nazi. En quelques années, il siège au directoire de plusieurs firmes allemandes dont deux filiales d’IG Farben, Braunkohle-Benzin AG et Kontinental Oil AG, au sein desquelles il occupe le fauteuil de Président du conseil d’administration. La Braunkohle-Benzin AG étant l’exploitant allemand de la Standard Oil of New Jersey Technology pour la transformation de charbon en essence synthétique, Keppler se retrouve donc à la tête d’une firme utilisant une technologie Américaine pour approvisionner la Wehrmacht en essence synthétique en 1939. Ce détail a son importance car il suggère que le contrôle et les profits tirés de ces technologies vitales pour l’Armée Allemande étaient dans les mains d’un petit groupe de firmes internationales et de financiers opérant au travers des frontières nationales.

Comme nous l’avons vu plus haut, à partir de 1934, le Freundeskreis der Wirtschaft et la SS collaborent, sous la protection exclusive d’Himmler et le contrôle organisationnel du Baron Kurt Von Schröder, banquier de Cologne, représentant d’ITT (International Telephone & Telegraph Corporation), et grand homme d’affaire nazi. Notons au passage que Von Schröder dirige la banque J.H. Stein en Allemagne, affiliée à la Henry Schroder Banking Corporation of New York. Nous trouvons donc Wall Street, la Standard Oil of New Jersey, et ITT fortement représentés de 1933 à 1944 au centre du noyau central des plus hautes instances du Nazisme, et ce plus que n’importe quel autre groupe institutionnel.

Fritz Kranefuss gagne alors une certaine importance. Grâce à la protection de Keppler, il devient non seulement l’un des multiples adjudants personnels d’Himmler, mais également homme d’affaire et « opérateur » politique. Ce sera le lien entre Himmler et Kranefuss qui amènera le Freundeskreis der Wirtschaft à se détacher progressivement d’Hitler pour intégrer l’univers SS où, en échange de dons annuels destinés aux projets favoris du Reichsführer-SS, les membres bénéficieraient de faveurs politiques et d’une protection non négligeable. Dorénavant nommé Freundeskreis RfSS, le cercle – c’est à dire IG Farben, Siemens, Bosch, Braunkohle-Benzin AG, Standard Oil of New Jersey, Commerzbank, Winterschall, Reichsbank – procède, de 1935 à 1944, à des versements annuels d’1 million de Reichsmark directement dans le compte spécial "R" (Sonderkonto R) de la SS.

Le Brigadeführer-SS Kranefuss tient le bureau d’administration des dons ; le Baron Von Schröder devient Directeur des Comptes. De son côté, la SS procure au Cercle des contrats juteux dans les territoires conquis ainsi qu’une main d’œuvre esclave issue des camps de concentration. Rien qu’en septembre 1943, 1.100.000 Reichmark sont versés dans le compte « R » – dont 200.000 par Von Schröder lui-même, « ravi de pouvoir aider le Reichsführer-SS dans ses tâches spéciales »…

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