L'Ange bleu

Publié le par Josef von Sternberg

L'Ange bleu (Der blaue Engel) est un film allemand réalisé par Josef von Sternberg et sorti en 1930. Il marque la première collaboration artistique entre le réalisateur et l'actrice allemande Marlene Dietrich, qui tourneront six autres films entre 1930 et 1935. Dans une petite ville allemande des années 20. Emmanuel Rath, vieux célibataire rigide, est professeur de lycée. D'un moralisme intransigeant, il ne cesse de terroriser ses élèves. Lorsqu'il découvre que trois d'entre eux fréquentent «L'Ange bleu», une boîte de nuit louche où se produit la chanteuse Lola Lola, il décide de les prendre en flagrant délit de débauche. Mais au moment de tancer la troublante demoiselle, il ne peut se défendre d'une irrésistible attirance à son égard. Bientôt, fou amoureux de la belle, il se jure de l'épouser. Ayant atteint son but, il est mis à la porte du lycée. Qu'à cela ne tienne, il suivra son épouse dans ses déplacements...

L'Ange bleu de Josef von Sternberg
L'Ange bleu de Josef von Sternberg

L'Ange bleu de Josef von Sternberg

Fiche technique

  • Titre original : Der blaue Engel
  • Titre français : L'Ange bleu
  • Réalisation : Josef von Sternberg
  • Scénario : Josef von Sternberg, Carl Zuckmayer, Karl Vollmöller, Robert Liebmann et Heinrich Mann, d'après son roman Professor Unrat
  • Direction artistique : Otto Hunte
  • Photographie : Günther Rittau et Hans Schneeberger
  • Montage : Sam Winston
  • Musique : Friedrich Hollaender
  • Production : Erich Pommer
  • Pays d'origine : Allemagne
  • Langue : allemand
  • Format : noir et blanc - 35 mm - 1,37:1 - son mono
  • Durée : 100 minutes
  • Dates de sortie : Allemagne : 1er avril 1930, France : 22 juillet 1930, États-Unis : 3 janvier 1931

Distribution

  • Emil Jannings : professeur Immanuel Rath
  • Marlene Dietrich : Lola-Lola
  • Kurt Gerron : Kiepert, le magicien
  • Rosa Valetti : Guste, sa femme
  • Hans Albers : Mazeppa
  • Charles Puffy : le propriétaire de l'Ange bleu
  • Roland Varno : l'élève Lohmann
  • Eduard von Winterstein : le directeur du lycée

La critique par Marine Landrot

Etrangement persuadé qu’il suffirait qu’elle jette « un seul regard sexy pour que le film devienne burlesque », Pabst venait de refuser à Marlene Dietrich le rôle de Loulou, préférant le confier à Louise Brooks. Assis au fond de la salle du cabaret berlinois où Marlene, encore inconnue, tricotait des gambettes, Josef von Sternberg y regarda de plus près. Le Pygmalion qui sommeillait en lui jeta son dévolu sur la danseuse, qu’il engagea en doublant le prénom du rôle, Lola Lola, pour ­qu’elle paraisse doublement érotique. Coup dur pour l’acteur Emil Jannings, qui avait fait appel au cinéaste pour qu’il relance sa carrière grâce à cette histoire de professeur poussiéreux transfiguré par l’amour. L’Ange bleu est, au contraire, la chronique féroce d’une chute annoncée.

Dès les premières images, tout se jette, tout se lance, tout s’effondre : les poules dans les caisses, les seaux d’eau sale sur les affiches suggestives, les culottes en dentelle sur les épaules des hommes soumis. Jusqu’à ce que le vieil enseignant devienne lui-même projectile, précipité vers la mort par sa femme, Lola Lola, experte en humiliations.

Publié dans Films

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