Le colonel S.S. Brandner recrute pour Nasser
Extrait du livre de Philippe Aziz - Les trésors et les fillières
nazis
Un des premiers savants à répondre à ces annonces est un certain Ferdinand Brandner. Ancien colonel S.S., Brandner fut arrêté par les Soviétiques et transféré en Russie. Pendant neuf ans, soumis à une discipline militaire,
vivant dans une semi-liberté, il fut contraint de coopérer aux projets de l'aviation militaire soviétique. Il réussit, nous l'avons signalé, à mettre au point le « moteur le plus puissant du
monde », selon l'avis de certains spécialistes, celui du long-courrier Tupolev 114. Cet exploit réalisé, les Russes le renvoyèrent en Allemagne de l'Ouest en 1954.
Brandner essaya, à plusieurs reprises, de trouver du travail dans l'industrie aéronautique en Allemagne, en
France et même en Italie. Chaque fois il échoua. Lorsqu'il lit l'annonce de Khalil, il s'empresse naturellement de répondre. Convoqué quelques jours plus tard à Zurich, le savant allemand s'y
rend en toute hâte pour rencontrer Ali Nasri, un des hommes de Khalil. Se faisant passer pour un industriel suisse d'origine égyptienne, Nasri n'a aucune peine à convaincre Brandner. Vous pouvez même, Herr Brandner, lui dit l'Egyptien, nous aider à obtenir le concours d'autres savants. Vous devez certainement en
connaître! Tâchez de voir autour de vous si certains de vos collègues souhaitent venir en Egypte ! Nous leur offrons les meilleures conditions dont ils puissent rêver.
Brandner signe le jour même son contrat et part sillonner l'Allemagne et l'Autriche. Il visite tour à tour
les usines Mercedes-Benz, Heinkel, Messerschmrtt, et les instituts techniquesd'Aix-la-Chapelle. Eloquent, volubile, lyrique dans ses descriptions, le vieux Brandner évoque devant ses éventuelles recrues le merveilleux soleil qui baigne les bords du Nil, les salaires
mirifiques, les villas blanches autour d'Héliopolis et qui sait... peut-être la possibilité de prendre une belle revanche sur la «juiverie internationale et militaire installée injustement sur
des terres arabes qui ne lui appartiennent pas ».
Vous verrez, leur dit Brandner ! Ce n'est pas un travail comme les autres ! C'est un paradis que je vous
propose, Messieurs ! Le vieux technicien nazi, dans sa hâte de recruter ses confrères, se métamorphose en conteur arabe des Mille et Une Nuits ! Nombre de savants allemands se laissent séduire
par ces offres alléchantes. Un mois plus tard, quand Brandner retrouve à Zurich son «industriel suisse», il
a en poche une trentaine de contrats signés !