Le Procès de Nuremberg

Publié le par Annette Wieviorka

Allemagne, octobre 1945. Les puissances victorieuses de la Seconde Guerre mondiale s'apprêtent à juger les crimes commis par les nazis. Durant un an défileront devant une cour internationale des responsables de l'Allemagne hitlérienne, sous les yeux attentifs de la presse du monde entier. S'appuyant sur de nombreux documents et témoignages consignés au moment du procès, Annette Wieviorka présente une vision d'ensemble de cet événement majeur du XXe siècle, depuis sa genèse - problématique - jusqu'aux répercussions considérables qu'il eut sur la conception d'une justice internationale.  À la différence de la Première Guerre mondiale, la fin du second conflit est marquée par une explosion de procès pour crimes de guerre ou collaboration avec l'ennemi.

C'est que, dans tous les pays d'Europe occupés par les nazis, les violences ont été extrêmes et, dès l'invasion de la Pologne, en septembre 1939, elles ont eu massivement pour cible des populations civiles. Très vite, les informations sur ces actes criminels arrivent, fragmentaires, souvent invérifiables, appor­tées par des agents clandestins ou des voyageurs des pays neutres. Elles convergent vers Londres d'abord, où elles sont collectées par les Polonais regroupés autour de Wladyslaw Sikorski. Sikorski a été désigné le 30 septembre 1939, par le président de la République polonaise, Raczkiewicz, comme Premier ministre du gouvernement en exil alors à Paris, après que son pays a été envahi et annexé, à la fois par l'Allemagne et l'Union soviétique.

Après la débâcle française, Sikorski rejoint Londres et préside aux destinées d'une Pologne rayée de la carte, jusqu'à sa mort, le 4 juillet 1943, lors d'un accident d'avion resté inexpliqué au-dessus de Gibraltar. Fin 1941, le gouvernement polonais est loin d'être le seul en exil à Londres. Ce sont désormais huit gouvernements de pays occupés par les nazis qui, dans la capitale britannique, sont attentifs aux crimes commis sur leurs nationaux. Les informations n'arrivent pas seulement à Londres. Les États-Unis gardent, jusqu'à leur entrée en guerre, en décembre 1941, des ambassades dans un certain nombre de pays de l'Ancien Continent. Ainsi, l'ambassade américaine à Berlin prévient de la déportation de Juifs allemands vers la Pologne et, en 1940-1941, des rapports parviennent aux États-Unis sur les rafles, sur le travail forcé dans les fermes et usines allemandes. 

Certains noms deviennent familiers à l'opinion publique des pays non occupés, ceux de Hermann Göring, de Rudolf Hess, de Heinrich Himmler, de Joseph Goebbels, de Julius Streicher ou d'Albert Speer. Le 13 janvier 1942, les représentants de huit gou­vernements en exil et du Comité de la France libre réunissent au Saint-James Palace, à Londres, une «conférence interalliée pour la punition des crimes de guerre». Ils demandent «que la guerre ait pour but principal, entre autres, de châtier les coupables de ces crimes contre l'humanité, quel que soit le degré de responsabilité des auteurs». Ils affirment «leur volonté de poursuivre, de rechercher, déjuger et de condamner les criminels, sans distinction d'origine, et de veiller à l'exécution des sentences dans le cadre d'une juridiction internationale».

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Le procès de nuremberg d'Annette Wievorka
Le procès de nuremberg d'Annette Wievorka

Le procès de nuremberg d'Annette Wievorka

Fiche Technique

  • Titre : Le Procès de Nuremberg
  • Auteur : Annette Wievorka
  • Editeur : Liana Levi
  • Publication : 07/09/2006
  • ISBN : 286746420x

Publié dans Bibliothèque

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