Muller Hermann Joseph
Hermann Joseph Muller (21 décembre 1890 – 5 avril 1967) est un généticien américain qui a posé les bases de l'étude des effets
des rayonnements ionisants sur le génome. Il est lauréat du prix Nobel de physiologie ou médecine de 1946. Il débuta sa carrière comme élève de Thomas Hunt Morgan (1866 – 1945) en étudiant les
mutations chez la mouche du vinaigre (Drosophile). Comme il trouvait que les mutations chez cette mouche ne se produisaient pas assez vite, Muller fut le premier à augmenter le taux de mutation
par la chaleur. Toujours pas satisfait, il irradia les mouches au moyen de rayons X de 50 kilovolt et obtint un taux de mutation plus élevé. Il fut ainsi le premier à démontrer que les radiations
ionisante induisent des altérations génétiques. En outre, ses expériences furent menées de manière quantitative, de sorte qu'il put déterminer la fréquence de mutations. En 1946, il est lauréat
du prix Nobel de physiologie ou médecine « pour la découverte de la génération de mutations par l'irradiation aux rayons X ».
S'il lui a fallu attendre près de deux décennies avant qu'un prix Nobel vienne récompenser ses travaux, c'est probablement dû en partie à ses idées politiques de gauche, à ses opinions
controversées sur l'eugénisme et à ses discours souvent impopulaires concernant les risques liés aux irradiations. En 1931, les critiques sévères et les pressions auxquelles Muller fut exposé
pour ses opinions le poussèrent à quitter les États-Unis, pour se retrouver un an plus tard en train de diriger le laboratoire de génétique à l'Institut de botanique appliquée de Léningrad.
Toutefois, la domination de Joseph Staline et son désaccord avec les thèses de Trofim Denissovitch Lyssenko décidèrent Muller à quitter l'Union soviétique pour l'Écosse, où il eut comme premier
élève S. P. Ray-Chaudhuri (1907–1994). Ensemble ils étudièrent la fréquence de mutation et la dépendance entre les doses d'irradiation et les mutations. Vers cette époque, Muller commença à
avertir le public des risques de cancer et d'effets génétiques héréditaires encourus par des expositions, pour la plupart inutiles, à des radiations.
Vers la fin des années 1940, le programme des tests d'armes nucléaires avait débuté et Muller retourna aux États-Unis pour critiquer ouvertement les rapports de la Commission de l'énergie
atomique des États-Unis concernant les risques associés à la chute des poussières radioactives à l'échelle mondiale. En conséquence, Muller ne se trouvait pas parmi les délégués américains
officiels choisis par l'AEC pour de la conférence internationale de 1955 des Nations Unis sur les utilisations pacifiques de l'énergie atomique. Néanmoins, Muller participa à la réunion et, après
que pratiquement chaque orateur eut fait référence à son œuvre, il fut ovationné. Muller est devenu membre étranger de la Royal Society le 23 avril 1953.