Perkins John
John Perkins (né en 1945 à Hanover dans le New Hampshire aux États Unis) est un économiste, un écrivain et un activiste social et écologiste. Il est surtout connu pour son
récent ouvrage Confessions of an Economic Hitman, traduit en français par Les Confessions d'un assassin financier.
Né en 1945 à Hanover (New Hampshire), aux États-Unis, John Perkins a suivi un cours en administration commerciale à l’Université de Boston. En 1968, à l’aide d’un contact dans la National
Security Agency, il se joint aux Peace Corps, une agence fédérale américaine indépendante qui envoie des volontaires aux quatre coins du monde pour aider des peuples étrangers à trouver une main
d’œuvre formée qui comblera leurs besoins.
En 1970, il est engagé par une firme internationale de consultants nommée MAIN. Il y débutera là un emploi en tant qu’assassin financier, et sera formé pour endetter des pays du tiers monde et
les soumettre aux exigences d’un empire global et de puissants intérêts financiers américains. Il aura l'occasion de rencontrer des chef d'état comme Omar Torrijos du Panama et Jaime Roldós
Aguilera de l'Équateur. Ces deux présidents nationalistes, méfiants à l'égard des États-Unis et non-accessibles à la corruption, mourront tous deux dans des crashs aériens (le 24 mai 1981 pour
l'un, le 31 juillet 1981 pour l'autre), que Perkins estime être des assassinats déguisés.
Une rencontre avec Graham Greene au Panama, qui l'encouragera à écrire un livre, constituera un moment important dans sa vie. En 1980, après une importante prise de conscience et une dépression,
il remettra sa démission. En 1982, il crée l'Independent Power System Inc. (IPS), une compagnie de production d’électricité sans danger pour l’environnement, qu’il revendra en 1990 avant de
prendre sa retraite. Après la vente d’IPS, il consacre beaucoup de son temps à des organismes à but non lucratif et au développement des cultures indigènes d’Amazonie. Il fonde Dream Change
Coalition, un organisme à but non lucratif qui incite les gens à façonner une société d’équilibre social et de sensibilisation à l’environnement. En avril 1999, le magazine TIME a choisi Dream
Change Coalition ainsi que 12 autres organismes dont les sites Internet reflétaient le mieux les principes et idéaux du Jour de la Terre
Après deux décennies d’hésitations, de menaces et de pots de vins, il publie finalement en 2006 son livre Les confessions d’un assassin financier, son livre qui connaîtra le plus de succès. Entre
sa démission de MAIN et la sortie de son livre Les confessions d’un assassin financier, John Perkins a écrit cinq autres livres qui traitent entre autres des cultures indigènes, du chamanisme et
de l'écologie. Le livre Les Confessions d'un assassin financier fut durant 40 semaines dans la liste des meilleures ventes du New York Times. L'ouvrage a déjà été traduit en 12 langues et le sera
bientôt en 16 langues à travers le monde.
Perkins soutient qu'une certaine élite aux États-Unis souhaite construire un empire global, défini par les présidents Lyndon Johnson et Richard Nixon. Pour ce faire, ils ont constitué un groupe
de consultants qui utilisent les organisations financières internationales pour créer les conditions permettant d'assujettir des nations à cet empire par l'endettement économique auprès
d'organismes comme le FMI et la Banque mondiale.
La tâche de ces consultants est de justifier et d'argumenter la conclusion par des États d'énormes prêts internationaux dont l'argent finira, déduction faite des sommes destinées à la corruption
des élites locales, sur les comptes en banques de grandes sociétés d'ingénierie et de construction américaines. Les besoins en liquidités ayant été au préalable surévalués par ces consultants,
l'État se révèle incapable de payer sa dette et en sujétion vis-à-vis du créancier. Cette position de pouvoir permettant ensuite d'exiger à l'état sujet l'établissement de bases militaires, un
vote favorable aux Nations unies ainsi qu'une loyauté politique en général ou l'accès à d'éventuelles richesses pétrolières et autres ressources naturelles. Il qualifie ses méthodes de
mafieuses.
Parfois ces prêts prennent la forme pernicieuse d'une aide au développement, ce que critique Perkins comme étant motivée par la cupidité. Il s'attaque d'ailleurs au bien fondé de cet idéal, se
demandant si le monde entier peut vivre avec le même train de vie que les États-Unis en sachant que les ressources sont limitées et exprime des doutes sur la viabilité et le suprématisme du
système dominant, étant donnée sa piètre qualité de vie et ses hauts taux statistiques de suicides, divorces, abus de drogues, dépressions et crimes.
Il désigne le dollar comme pierre angulaire de l'empire global en expliquant que c'est le fait qu'il soit la principale monnaie internationale qui permet la pérennité de ce système. Car tous ces
prêts à fonds perdus risqueraient, pour un autre créancier, de provoquer une banqueroute. Mais les États-Unis impriment de l'argent qui n'est pas soutenu par l'étalon-or, juste par la confiance
internationale dans l'économie américaine et, précisément, son empire global. Les États-Unis peuvent ainsi accumuler une immense dette nationale (début 2003, 6 trillions de $). Il prévoit un
possible effondrement de ce système si une nouvelle monnaie internationale devait remplacer le dollar comme monnaie de transaction et si les créanciers des États-Unis demandaient le remboursement
de leur dette dans une autre monnaie, par exemple l'euro.
Il explique que lorsque les « assassins financiers » comme lui échouent dans leurs plans, des tueurs à gages font leur apparition, les « chacals » et assassinent les personnes faisant obstacle
aux ambitions américaines. Puis, en dernier recours, si les assassins échouent aussi, des soldats américains sont envoyés au combat, suivant une stratégie d'impérialisme classique. Pour Perkins,
l'invasion de l'Irak en 1990 fut décidé avec la libération du Koweït comme prétexte, non comme but, le but étant de détrôner Saddam Hussein qui n'avait pas accepté de jouer un rôle de marionnette
de cette stratégie de sujétion à l'empire global à cause de son nationalisme. Perkins s'oppose à l'idéologie de la Destinée manifeste visant à justifier l'expansionisme américain.
Il nie tout apport aux Théories du complot, soutenant que nous ne pouvons jeter le blâme sur une conspiration quelconque car bien que l'empire global dépende de l'efficacité des banques, des
compagnies et des gouvernements, c'est nous même qui en permettons l'existence étant donné que nous travaillons aussi pour ces sociétés et consommons les produits qu’elles commercialisent, bien
qu'il soit plus facile de jeter le blâme sur un bouc émissaire. Pour lui l'élite qui travaille pour l'empire global est une simple association d'intérêts et de croyances communes, non de
comploteurs maléfiques.
Il soutient la vision politique du président américain Jimmy Carter, considéré comme le président américain le plus proche des idéaux des insurgés de 1776 et raille celle de Ronald Reagan
qualifié « d'acteur habitué à se faire diriger ». Il dénonce Robert McNamara comme étant l'homme qui a permis de transformer la Banque mondiale en un moyen d'asservissement du tiers monde à
l'empire global.
Le département d'État américain a affirmé que les thèses de Perkins n'avaient aucun fondement et qu'il n'était qu'un théoricien de la conspiration de plus. Il s'agit de justifier l'endettement
d'un pays en prétextant une future augmentation du PNB. Le projet économique ayant pour résultat la plus forte croissance annuelle moyenne du PNB devait l'emporter sur les autres. Pour ce faire,
Perkins décrit la « méthode Markov de modélisation économétrique » comme ayant été développée sous sa supervision par un mathématicien du Massachusetts Institute of Technology, le titulaire d'un
doctorat Nadipuram Prasad, pour soi-disant prévoir l'impact d'un investissement infrastructurel sur le développement économique. L'avantage de convaincre par des calculs complexes est que seul un
économètre doué et ayant du temps devant lui pourrait contester une affirmation issue de cette méthode. Perkins dénonce la nature trompeuse du PNB : celui-ci peut croître même s'il ne profite
qu'à une seule personne dans un pays. Il peut croître, même si les riches s'enrichissent et les pauvres s'appauvrissent. Même si le fardeau de dettes prive ses plus pauvres citoyens de soins de
santé, d'éducation et d'autres services sociaux durant des décennies.