Pieck Wilhelm

Publié le par Mémoires de Guerre

Reinhold Friedrich Wilhelm Pieck (3 janvier 1876 - 7 septembre 1960) était un communiste allemand qui devint en 1949, jusqu'à sa mort en 1960, le premier chef d'État de la République démocratique allemande. Il fut le seul dirigeant de la RDA à porter le titre de président de la République. 

Pieck Wilhelm
Pieck Wilhelm

Famille

Fils de Friedrich Pieck, qui était cocher, et de Wilhelmine Bahrow, il est né le 3 janvier 1876 à Guben en Allemagne. Il apprend le métier de menuisier qu'il exerce à partir de 1894 et s'installe à Brème jusqu'en 1906, où il épousera, en 1898, Christine Hafker (1876-1936) ; ils ont une fille, Elly Winter, qui travaillera à son service comme secrétaire et assistante. Il a une autre fille, la diplomate Eleonore Staimer.

Carrière politique

Il adhère au SPD en 1895 et devient permanent du parti jusqu'en 1910. D'octobre 1907 à mars 1908 il fut délégué à l'école centrale et fréquenta Franz Mehring et Rosa Luxemburg. Il sera condamné par la cour martiale de guerre pour désertion en Hollande et acte de propagande anti guerre durant l'année 1917. Il quitta son pays et alla s'installer en Italie. Il participera à la création du KPD en 1918 après avoir adhéré à la ligue spartakiste et participé au soulèvement du 9 novembre. Des rumeurs prétendent qu'il aurait trahi les deux leaders spartakistes ayant échappé à la semaine sanglante de janvier. Il est responsable de l'organisation de 1920 à 1924 et se prononce pour une politique d'unité et d'action au lendemain du putsch de Kapp

Il est élu à la diète prussienne de 1921 à 1928 puis au Reichstag en 1928. Il est également secrétaire politique du parti dans la région Berlin-Brandebourg de 1926 à 1929. Il entra au Bureau politique en juin 1929. L’année suivante, le VIe congrès de l’IC l’élut au Comité exécutif de l’Internationale où il représenta le KPD de 1930 à 1932. En 1931, il devint membre du présidium et du secrétariat politique du Comité exécutif. Partisan du rassemblement des forces antifascistes, Pieck participa avec Schehr et Thaelmann à la discussion avec vingt responsables sociaux-démocrates (8 juillet 1932) et semble s’être opposé aux conceptions sectaires de Heinz Neumann. En 1932, il succéda à Leopold FIieg au secrétariat du Bureau politique. 

Exil en France

Quand Ernst Thälmann fut arrêté le 3 mars 1933, Pieck assura l’intérim à la direction du KPD. À la mi-mai 1933, il émigra en France et constitua avec Franz Dahlem et Wilhelm Florin la direction du KPD à l’étranger (Auslandsleitung). Au VIIe congrès, il présenta le rapport du Comité exécutif de l’Internationale. À cette occasion, il critiqua la politique du KPD dans les années 1932-1933 et se prononça pour la tactique du Front populaire qu’il contribua à faire triompher dans les instances dirigeantes du Parti communiste allemand, en particulier à la conférence de Bruxelles du KPD (1935) qui l’élut à la présidence du parti. 

Revenu à Paris en 1939, Pieck présenta le rapport du Bureau politique à la conférence dite « de Berne » (Draveil, 1939) du KPD et exposa le programme de la future République démocratique qui serait instaurée en Allemagne après l’effondrement du nazisme. Il rencontra Heinrich Mann et confirma que le KPD voulait poursuivre sa stratégie d’union avec toutes les forces antifascistes : Dahlem venait de remplacer Ulbricht, dont le comportement sectaire avait altéré les rapports du parti avec Heinrich Mann, à la tête du KPD en France. 

À Moscou

Rentré à Moscou, Pieck adopta et propagea, après la signature du Pacte germano-soviétique et le déclenchement de la Deuxième Guerre mondiale, l’interprétation de l’Internationale communiste qui voyait dans le conflit une guerre inter-impérialiste, sans pour autant cesser de dénoncer le fascisme hitlérien. Cofondateur du Nationalkomitee Freies DeutschlandComité national pour une Allemagne libre » ou NKFD), W. Pieck participa à l’élaboration des programmes successifs (1944-1945) qui fixaient la tactique du KPD pour l’immédiat après-guerre. Pendant la répression stalinienne, ses interventions auprès de la police soviétique firent relâcher quelques-uns des communistes allemands persécutés. 

Retour en Allemagne

Rentré en Allemagne le 1er juillet 1945, Pieck prit part à la constitution du Bloc des partis antifascistes-démocratiques (14 juillet). Le 2 septembre, il exposa à Kyritz les conditions de mise en application de la réforme agraire. Il participa activement à la conférence des Soixante (20-21 décembre 1945) au cours de laquelle des responsables du KPD et du SPD préparèrent la fusion des deux partis ouvriers que scellait symboliquement, au congrès d’unification (1946), sa poignée de main avec Otto Grotewohl. Avec celui-ci, il participa en 1946-1947 à plusieurs meetings dans les zones occidentales d’occupation pour y prôner l’unité du mouvement ouvrier. En même temps, en zone soviétique, il s’efforça de développer « l’amitié avec l’Union soviétique » (il accepta la présidence d’honneur de la Société d’amitié avec l’URSS en 1949). 

Après guerre

En 1946, après la création du SED, il sera élu président du parti, fonction qu'il partagera avec Otto Grotewohl. Il le restera jusqu'à la création officielle de la République démocratique allemande, le 7 octobre 1949, date à laquelle il deviendra président du nouvel État (élection entre le 11 et 12 octobre). Il laissera la place de premier secrétaire le 24 juillet 1950 à Walter Ulbricht. Pieck occupera le poste de Président de la RDA jusqu'à sa mort survenue le 7 septembre 1960, après avoir été réélu en 1953 et 1957. Après le décès de Wilhelm Pieck, le titre de Président de la RDA est aboli, pour être remplacé par celui de Président du Conseil d’État, assumé à partir de 1960 par Walter Ulbricht. Wilhelm Pïeck demeurait dans la résidence officielle de Schönhausen, ancien palais d'été de la reine Élisabeth de Prusse. 

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