Qabus ibn Saïd

Publié le par Roger Cousin

Qabus ibn SaïdQabus ibn Said, né le 18 novembre 1940 à Salalah, est le sultan d'Oman depuis le 23 juillet 1970. Descendant de la dynastie Al-Said au pouvoir depuis 1744, fils du Sultan Saïd ibn Taimour, né à Salalah, la grande ville du sud du pays alors dénommé « Mascate et Oman », Qabus a connu une enfance solitaire et austère, interdit d’aller à la plage, de participer à des jeux, ou de parler avec ses précepteurs de questions étrangères à ses études. À l’âge de 16 ans, il est envoyé en Angleterre pendant cinq ans, d'abord à l’académie privée de Bury St Edmunds, dans le Suffolk, où il devient un cavalier émérite et un grand amateur de musique classique. Il étudie ensuite à l'Académie royale militaire de Sandhurst jusqu'en 1962, puis sert pendant un an dans l’armée britannique en Allemagne en tant qu’officier du régiment des Scottish Rifles.

Après un grand tour du monde, il est rappelé en 1965 par son père qui le maintient en quasi détention. Le 23 juillet 1970, Qabus ibn Said renverse son père Saïd ibn Taimour lors d'une révolution de palais. Oman, alors le pays le plus pauvre de la péninsule arabique, est en pleine guerre civile. Grâce à l'aide de l'Iran et de la Grande-Bretagne, Qabus réussit à écraser la rébellion marxiste du Dhofar. Tout en s'associant avec des pays de la région (notamment l'Égypte), il mène une politique d'indépendance du sultanat. Sous son règne, Oman adhère à la Ligue arabe (29 septembre 1971), à l'ONU (7 octobre 1971) et à l'OMC (9 novembre 2000).

Ses efforts se concentrent également sur la modernisation du pays. Même si la loi a pour base le Coran, il a concédé le droit de vote et d'éligibilité aux femmes, plusieurs d'entre elles accédant notamment au poste de ministre à partir de 2004. En 2005, un complot orchestré par des islamistes visant à renverser son gouvernement est déjoué. Une trentaine de personnes seront condamnées à des peines de prison allant de 7 à 20 ans. Préparant la constitution d'un état de droit en Oman, il a progressivement abandonné l'absolutisme hérité de son père, œuvrant à une transition démocratique et égalitaire.

En 1996, le sultan a promulgué un décret clarifiant les règles de succession, instituant un Premier ministre et un Conseil bicaméral doté de certains pouvoirs législatifs, et garantissant des libertés civiles de base pour les citoyens omanais. En 2003, la chambre basse du Conseil a été librement élue au suffrage universel direct pour la première fois, mais la chambre ne possède pas de réel pouvoir et ses membres ont interdiction de se réunir en partis politiques.

C'est le fils aîné du Sultan qui lui succède à sa mort. Faute d'héritier masculin, le Sultan régnant peut nommer un frère ou tout autre parent mâle parmi les descendants du Sultan Saïd. Le Sultan Qabus n'a pas d'enfant et a indiqué qu'à son décès, il incombera à la Famille Royale de se réunir et de convenir du nom d'un candidat. Cependant, si la Famille Royale ne parvient pas à s'accorder sur un candidat, c'est le Conseil de Défense qui décidera, en se basant, sur les deux noms, que le Sultan Qabus a placés dans des enveloppes scellées, avant sa mort.

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