Schell Anna
Anne Entzmann est née le 19 octobre 1912 à Moyeuvre-Grande (Moselle). En 1933, elle a épousé Jacques Schell, dont elle divorce en juin 1947, avant d’épouser Ernest Clerc en novembre 1951.
Ouvrière, elle adhère au Parti communiste français (PCF) en 1940, en Lorraine annexée qu’elle quitte bientôt, alors qu’elle est recherchée par la Gestapo. Elle continue de militer pour le parti
communiste. A la Libération, elle devient une des principales responsables communistes de la Moselle : maire, puis conseillère municipale de Moyeuvre-Grande de la Libération à 1947, elle
appartient au bureau fédéral du PCF. Le parti la présente systématiquement aux élections générales, toujours à la deuxième place, derrière Pierre Muller, le principal dirigeant communiste
mosellan. C’est du reste la démission de ce dernier, élu au Conseil de la République, qui permet à Anna Schell de devenir députée, le 30 janvier 1947. En 1951, elle se présente à nouveau aux
élections législatives, toujours en deuxième position derrière Pierre Muller, mais le mauvais score enregistré par le PCF (16,3% des suffrages exprimés) ne permet pas sa réélection. Elle ne sera
plus candidate aux élections législatives et tentera, sans succès, d’être élue au Sénat en 1959.
Pendant son mandat à l’Assemblée nationale, Anna Schell appartient à la commission de la production industrielle (1947-1951), à la commission de la justice et de la législation (1948-1951) et à
celle des pensions (1947-1948). Son activité parlementaire est particulièrement intense. Elle dépose dix-neuf textes de loi, soit dix propositions de loi, six propositions de résolution et trois
rapports. Les centres d’intérêt de ses initiatives sont essentiellement sociaux : aide aux assurés sociaux (19 juin 1947) ; mise en place de « coupons d’achat » pour améliorer le pouvoir d’achat
de la population (31 juillet 1947, deux rapports) ; distribution gratuite de charbon (15 janvier 1948) ; aides diverses apportées aux chômeurs (6 février 1948) ; indemnisation et aide à certains
fonctionnaires (8 avril et 4 novembre 1949) ; extension du bénéfice de l’allocation maternité (16 juin 1949) ; remboursement des pertes de salaires subies des travailleurs de la mine de
Sainte-Fontaine (10 juillet 1949). Elle s’intéresse aussi aux rapports entre bailleurs et locataires, dans une proposition de loi déposée le 29 juillet 1949.
Anne Schell intervient fréquemment en séance publique, à quarante-et-une reprises précisément. Il est souvent question, dans ses propos, des problèmes frontaliers de son département d’élection –
la Moselle – et de la législation qui y est appliquée. Elle prend la parole pour souligner les difficultés administratives rencontrées dans les départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la
Moselle, le 10 juin 1947, comme pour souhaiter l’indemnisation des fonctionnaires de ces départements, le 11 juillet suivant. Elle renouvelle ses propos, le 26 décembre de la même année. L’élue
mosellane souhaite, à plusieurs reprises, que le gouvernement vienne en aide aux victimes des inondations de l’Est (30 décembre 1947 ; 16 et 18 mars 1948). Sa détermination est entière sur les
questions de logement. Elle dépose deux amendements au projet de loi relatif aux loyers, le 25 août 1948. Elle souhaite notamment accorder un sursis aux travailleurs quittant leur logement, à la
suite de la rupture de leur contrat de travail.
Elle démontre à nouveau sa détermination, à l’occasion de la discussion du projet de loi relatif à la construction de logements à Strasbourg, le 20 janvier 1950. A cette occasion, elle souhaite
réserver en priorité les nouveaux logements aux rapatriés de Kehl. Elle est présente également lors de la discussion du projet de loi portant amnistie relative aux faits de collaboration, le 16
novembre 1950. Elle reste vigilante en face du plan Schuman appliqué à l’industrie mosellane, en interpellant le gouvernement, le 12 mai 1951. La carrière parlementaire d’Anna Schell prend fin en
1951. Elle disparaît le 1er octobre 1975.