Clinton Hillary

Publié le par Mémoires de Guerre

Hillary Clinton (prononcé le 26 octobre 1947 à Chicago (Illinois), est une femme politique américaine, ayant été Première dame des États-Unis et secrétaire d'État fédérale. Elle est Première dame de 1993 à 2001, en tant qu'épouse du 42e président des États-Unis, Bill Clinton. Elle occupe ensuite un siège de sénatrice démocrate pour l'État de New York au Congrès des États-Unis, de 2001 à 2009 ; elle vote notamment en faveur des interventions militaires américaines en Afghanistan et en Irak. Candidate aux primaires présidentielles du Parti démocrate de 2008, elle est battue par Barack Obama. L'année suivante, après l'élection de celui-ci à la Maison-Blanche, elle est nommée secrétaire d'État des États-Unis, fonction qu'elle occupe jusqu'en 2013, quelques mois après avoir fait part de son souhait de ne pas être reconduite en cas de reconduction du président Obama pour un second mandat. À nouveau candidate à la présidence en 2016, elle remporte les primaires du Parti démocrate en battant le sénateur du Vermont Bernie Sanders et devenant par là même la première femme candidate de l'un des deux grands partis américains pour le poste de président des États-Unis. Elle est battue le 8 novembre 2016, par le républicain Donald Trump lors de l'élection présidentielle.

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Venue d'un milieu conservateur de la banlieue de Chicago, méthodiste fervente et appliquée, Hillary Rodham entreprend des études à la prestigieuse université pour femmes Wellesley. Militante républicaine impliquée dans les campagnes de son parti, elle se préoccupe également des droits civiques et s'engage contre la guerre du Viêt Nam avant de rompre définitivement avec sa famille politique à l'issue de la nomination comme candidat à l'élection présidentielle de 1968 de Richard Nixon. Entrée à la très cotée École de droit de Yale, elle rencontre Bill Clinton, avec lequel elle emménage. Avocate brillante et prometteuse, elle fait partie en 1974 du staff de la Chambre des représentants chargé de la préparation de la procédure d'impeachment du président. L'année suivante, révisant à la baisse ses ambitions de carrière personnelle, elle épouse B. Clinton qu'elle suit en Arkansas pour l'épauler dans son ascension politique. Leur unique enfant, Chelsea, naît en 1980. Tandis que son mari devient gouverneur en 1978, elle enseigne le droit à l'université tout en plaidant comme avocate dans une grande firme de Little Rock. Première dame de l'Arkansas de 1979 à 1981 puis de 1983 à 1992, elle ne se contente pas de son rôle d'épouse du chef de l'exécutif local mais poursuit ses activités privées et s'investit aussi dans les questions politiques relatives à la famille, à l'enfance, et à l'éducation, œuvrant notamment à une réforme des conditions d'enseignement à l'échelle de l'État.

Très active dans la campagne pour l'élection présidentielle de 1992, elle sauve la candidature de son mari aux débuts des primaires lorsqu'éclate à propos de ce dernier un premier scandale (Gennifer Flowers) d'affaire extra-conjugale. Finalement investi par son parti, celui-ci promet aux Américains qu'avec Hillary et lui, ils auront « deux (présidents) pour le prix d'un ». Confirmation une fois la victoire acquise : la nouvelle Première dame des États-Unis se voit confier des missions politiques, en particulier la conception d'un ambitieux plan de réforme de l'assurance-santé, que, faute de compromis, le Congrès enterre en 1994. Passé cet échec majeur, son influence se fait plus discrète, mais non moins certaine, notamment sur les sujets concernant les femmes, les enfants, ou la famille, à l'échelon national comme sur le plan international, puisque par ailleurs H. Clinton multiplie les déplacements à l'étranger. Objet d'enquête pour son rôle dans les affaires (Whitewater et Travelgate de 1993) qui suivent le couple, celle que certains parmi ses détracteurs surnomment « Lady Macbeth » se montre officiellement solidaire de son époux dans les scandales sexuels (Paula Jones puis Monica Lewinsky) qui l'affectent, dénonçant au passage l'acharnement de milieux de droite qui détestent ce que tous deux représentent, à savoir les baby-boomers progressistes.

Remportant confortablement (55 %) à l'automne 2000 – il est vrai après la défection de son adversaire désigné, Rudolph Giuliani, mais malgré des accusations lancinantes de parachutage –, l'un des deux sièges de l'État de New York au Sénat en remplacement de celui occupé par Patrick Moynihan (paradoxalement l'un des artisans de la mort de son projet d'assurance sociale), H. Clinton devient la première Première dame des États-Unis à être élue à un poste officiel. Elle est facilement confirmée dans ces nouvelles fonctions en 2006 (avec plus de 67 % des voix). Connue pour son engagement féministe et ses idées libérales, elle opère un recentrage politique, conforme au profil de sa circonscription, mais aussi dans la perspective d'une candidature à l'élection présidentielle de 2008, à laquelle elle songe régulièrement depuis au moins 2003. À ce titre, elle vote en faveur de l'intervention américaine en Afghanistan puis, un an plus tard, à l'automne 2002, apporte sa voix au blanc-seing donné par le Congrès au président George W. Bush pour l'utilisation de la force en Iraq – non sans regretter ce geste ensuite et laisser entendre que les données fournies destinées à ce sujet avaient été sciemment manipulées. Il n'empêche : dans la haute assemblée et au sein du microcosme washingtonien, elle se fait rapidement remarquer par la solidité de sa connaissance des dossiers.

C'est sur ces bases qu'Hillary Clinton fait connaître à la fin janvier 2007 son intention de participer aux primaires démocrates pour l'élection présidentielle de 2008. Très vite, son « expérience » la fait se détacher des autres prétendants, au point de devenir la candidate « naturelle » du parti et, significativement, la première femme à pouvoir prendre la tête de la République. Mais à mesure que la campagne avance, ces atouts pâlissent au regard du « changement » promis et incarné par celui qui apparaît de plus en plus comme son concurrent principal, Barack Obama. Arrivée troisième dans le caucus de l'Iowa qui lance la saison des primaires au début de janvier 2008, elle est remise en selle par sa victoire consécutive dans le New Hampshire, point de départ d'une lutte acharnée et haletante entre les deux challengers qui ne prend fin qu'en juin, quand, forte des quelque 18 millions de voix rassemblées derrière son nom, elle décide de jeter le gant la tête haute et de soutenir la candidature de B. Obama.

Une fois élu à la présidence en novembre, celui-ci la nomme à la tête du prestigieux Département d'État, faisant d'elle la première ancienne Première dame à faire partie du cabinet présidentiel. Une fois installée dans ses nouvelles fonctions, H. Clinton nomme respectivement George Mitchell et Richard Holbrooke, deux vétérans des missions internationales, émissaires spéciaux pour le Proche-Orient et la région Af-Pak, signifiant par là les priorités diplomatiques de la nouvelle administration. À ce titre, et malgré les réticences du vice-président Biden, elle convainc B. Obama d’accentuer l’effort militaire en Afghanistan. Son premier déplacement à l’étranger la conduit par ailleurs en Asie, confirmant l’importance de cette région pour les États-Unis et notamment celle des relations qu’ils entretiennent avec la Chine (au point d’entériner l’idée d’un G 2) – même si, plus tard (janvier 2010), elle condamne la censure qui règne dans certains pays à propos d’Internet.

Multipliant les rencontres à l’étranger, et s’employant, de concert avec le président, à restaurer l’image des États-Unis dans le monde (médiation dans la crise politique du Honduras, aide à la conclusion d’un accord historique entre la Turquie et l’Arménie en octobre 2009, etc.), elle n’en transforme pas moins le Département d’État de l’intérieur pour le rendre plus réactif et fait entendre davantage sa voix, notamment lors de l’affaire des fuites Wikileaks qu’elle réprouve (fin 2010) et du printemps arabe (début 2011) où elle n’hésite pas à changer de position, passant du soutien au fidèle allié, le président égyptien Moubarak, à l’acceptation de sa chute, et finalement se prononçant pour une intervention militaire en Libye sous couvert de l’ONU puis de l’OTAN (mais restant fort prudente s’agissant des événements en Syrie, au Yémen ou encore à Bahreïn). Impuissante (comme l’ensemble de l’équipe Obama) à rouvrir les négociations israélo-palestiniennes, devant se résigner à voir les relations avec la Russie se tendre à nouveau à partir de la seconde moitié de 2011, appelée, en vain, à rétablir lien et confiance entre Washington et Islamabad après l’opération de liquidation d’O. Ben Laden par la CIA en mai 2011, elle œuvre activement et avec succès à l’assouplissement et à l’ouverture d’une des plus vieilles dictatures du globe, la Birmanie.

Ostensiblement en retrait, mais très active, elle sait se faire écouter de B. Obama et accrédite plus que jamais sa réputation de femme d’influence – en même temps qu’elle ne cesse de gagner en popularité, malgré son intention clairement affichée et répétée (mars 2011) de ne plus chercher à briguer un mandat de président ni de se voir reconduire à son poste en cas de réélection du chef de l’exécutif. Bien qu’un temps donnée comme prétendante putative voire probable à la succession de l’hôte de la Maison-Blanche, elle confirme à la fin de 2012 sa décision de ne pas chercher à lui succèder ni de participer à la nouvelle équipe qu’il constitue après sa victoire de novembre. Désireuse de prendre du champ et de se remettre de récents problèmes de santé, elle laisse dès lors à John Kerry les clés du secrétariat d’État où elle s’est illustrée.

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