Bonte Florimond Paul

Publié le par Roger Cousin

Bonte Florimond PaulFlorimond Bonte est un homme politique français, né le 22 janvier 1890 à Tourcoing (Nord) et décédé le 19 novembre 1977 à Fleury-Mérogis, (Essonne). Successivement militant démocrate-chrétien, puis socialiste, il s'engage au Parti communiste français dès 1920. Dirigeant de la Fédération du Nord, il est membre du Comité central et du Bureau politique. Déchu de son mandat de député en février 1940, il est emprisonné en France puis en Algérie. Libéré en mai 1943, il est nommé en novembre de la même année, par le général de Gaulle chef de la France libre, au titre du Parlement, délégué à l'Assemblée consultative provisoire où il est l'un des représentants du groupe communiste de la Chambre des députés.

Il assure également des fonctions importantes au sein de la presse communiste : rédacteur en chef de L'Humanité (1929-1934), directeur de France-Nouvelle (1945-1956) et de Liberté. Il est député PCF de la Seine (1936-1940, 1945-1958) et président du groupe communiste lors de son premier mandat. Arrêté et transféré à la prison d'Angers pendant la débâcle, Florimond Bonte connaîtra ensuite treize prisons en métropole (Ile de Ré, Bordeaux, Tarbes...) avant d'embarquer pour l'Algérie où il est interné à la prison militaire d'Alger, puis à Maison-Carrée. Il relatera cet épisode de sa vie dans son livre Le Chemin de l'Honneur. Trois mois après le débarquement allié, le 5 février 1943, sur intervention du général de Gaulle, Florimond Bonte recouvre la liberté. En novembre, le chef de la France libre le nomme, au titre du Parlement, délégué à l'Assemblée consultative provisoire où il représente, avec d'autres, le groupe communiste de la Chambre des députés. Fondateur et rédacteur en chef de l'hebdomadaire Liberté, il contribue à l'entrée des communistes au GPRF.

De retour à Paris, en septembre 1944, Florimond Bonte y retrouve sa femme, qui, condamnée à mort par contumace pour faits de résistance, avait pu échapper à la Gestapo ainsi que ses enfants, dont deux avaient été incarcérés par l'occupant. Un mois plus tard, par décision du Conseil des ministres du 28 octobre 1944, prise en application de l'ordonnance du 9 août de la même année portant rétablissement de la légalité républicaine, il a la satisfaction de se voir relever de la déchéance de son mandat de député qui l'avait frappé le 20 février 1940.

Elu conseiller municipal de Paris en avril 1945, mandat qui lui sera renouvelé en 1947 et 1953, Florimond Bonte conduit la liste du Parti communiste dans le 3e secteur de la Seine (3e, 4e, 10e, 11e, 12e, 19e et 20e arrondissements de Paris) aux élections d'octobre 1945 à l'Assemblée nationale Constituante. Recueillant 34,5 % des suffrages exprimés, sa liste arrive en première position et obtient quatre élus. Il en ira de même aux élections pour la seconde Assemblée nationale Constituante (33,8 % et quatre élus) ainsi qu'aux trois élections législatives de la IVe République où, toujours tête de liste, Florimond Bonte sera réélu avec 36 % des suffrages pour cinq députés (novembre 1946), 32,8 % et quatre députés (juin 1951), 33,7 % et à nouveau quatre députés (janvier 1956).

Membre de la Commission des affaires étrangères, très présent à l'Assemblée, Florimond Bonte y défend avec vigueur la politique de son parti : contre le plan Marshall et le réarmement de l'Allemagne occidentale, pour l'admission de la Chine populaire à l'ONU, contre la ratification du traité instituant la CECA à laquelle il oppose la question préalable. Il se fait souvent remarquer par ses formules à l'emporte-pièce : ainsi le 1er décembre 1947, après l'exclusion de Raoul Calas, il qualifie le Président Herriot de "républicain en peau de lapin". Avec ses collègues du groupe communiste, le député de Paris vote la confiance à Guy Mollet et les pouvoirs spéciaux en Algérie (31 janvier et 12 mars 1956), s'abstient volontairement lors de l'investiture de Pierre Pflimlin (13 mai 1958) mais approuve l'état d'urgence en métropole (16 mai) et le principe de la révision de certains articles de la Constitution (27 mai) puis refuse la confiance au général de Gaulle (1er juin) ainsi que les pleins pouvoirs et la révision constitutionnelle (2 juin).

Parallèlement à l'exercice de ses mandats électifs, Florimond Bonte poursuit sa carrière au sein du Parti communiste et continue de s'intéresser à la presse. Réélu au Comité central à la Libération, il y siégera tout au long de la IVe République ; membre du Bureau politique de 1944 à 1947, il y sera responsable de la presse. Fondateur de la revue France Nouvelle en 1945, il en assumera les fonctions de directeur et de rédacteur en chef jusqu'en 1956.

Pendant la guerre froide, ses prises de position lui valent, en juin 1949, la levée de son immunité parlementaire pour délit de presse. Longtemps admirateur de Staline qu'il qualifie dans France Nouvelle du 11 octobre 1952 de "grand maître incontesté de la science" et de "génial architecte de la société nouvelle" le député de Paris, demande, lors d'une réunion du Comité central tenue en mars 1956, le réexamen de l'attitude des communistes français face au stalinisme.

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