Hull Cordell

Publié le par Roger Cousin

Cordell Hull (2 octobre 1871 – 23 juillet 1955) servit comme secrétaire d'État américain (l'équivalent de ministre des Affaires étrangères) de mars 1933 à novembre 1944, sous la présidence de Franklin Delano Roosevelt, record de longévité à ce jour à ce poste (11 ans et 9 mois). 

Hull Cordell

Il reçut le prix Nobel de la paix en 1945 pour son rôle dans la fondation des Nations unies. Il est né dans une cabane de bois dans le comté d'Overton dans le Tennessee. Après des études de droit à l'Université de Cumberland, il est élu à l'assemblée de l'État du Tennessee. Il sert à Cuba pendant la guerre hispano-américaine de 1898. En 1903 il rejoint le Tennesse et est nommé juge itinérant. En 1906, il est élu à la Chambre des représentants des États-Unis. En 1920 il perd son siège lors du raz de marée républicain et de 1921 à 1924 il préside le comité national du Parti démocrate.

Il est réélu en 1922. En 1933, il vient d'être élu sénateur quand Franklin Delano Roosevelt, accédant à la présidence, en fait son secrétaire d'État, il le restera pendant presque toute sa présidence de celui-ci, ne quittant son poste que quelques semaines après la réélection de Roosevelt pour son 4e mandat. L'homme «  avait tout de l'aimable gentleman du Sud de la vieille école ». Un léger zézaiement renforçait l'« impression d'inoffensive bienveillance qui se dégagait de sa personne ». Mais ceux qui le connaissaient bien disait qu'il pouvait être d'une détermination implacable envers ses adversaires Si l'homme était rempli de piété son rigorisme n'excluait pas un certain pharisaïsme.

Pour Arthur Schlesinger Jr, Cordell Hull avait deux grands mentors :

  • Thomas Jefferson. Il connaissait par coeur des passages entiers de la déclaration d'indépendance.
  • Benton McMillin une personnalité du Tennessee qui avait combattu très longtemps au Congrés pour la diminution des droits tarifaires et pour l'impôt sur le revenu.

Libéral dans la tradition de William Ewart Gladstone, il était animé par l'« idéal jeffersonien de justice pour tous ». Au niveau économique il était proche de Woodrow Wilson et de son programme de Nouvelle Liberté et se méfiait de la théorie du gouvernement de Théodore Roosevelt trop dirigiste à son gré. Deux grands combats furent au centre de son engagement politique :

  • La création de l'impôt sur le revenu qui finalement vit le jour en 1913 après l'adoption du 16e amendement.
  • La lutte contre les tarifs protectionnistes

Franklin Delano Roosevelt le nomma secrétaire d'État malgré les mises en garde de cinq sénateurs qui le trouvait «  trop idéaliste sur le problème de l'abaissement des tarifs douaniers ». Pour Arthur Schlesinger, : « Hull était en quelque sorte la conscience internationaliste de Roosevelt dans les questions économiques, une conscience à laquelle le président ne prêtait pas toujours l'oreille dans l'immédiat mais qui en général avait le mot de la fin » Il joue un rôle dans l’abandon du plan Morgenthau de désindustrialisation et de démantèlement de l’État allemand à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

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