Kuhn Fritz Julius

Publié le par Roger Cousin

Kuhn Fritz JuliusFritz Julius Kuhn, né le 15 mai 1896 et décédé le 14 décembre 1951 est un nazi américain et dirigeant du Bund germano-américain, une organisation pro-nazie de l'entre-deux-guerres. Il est naturalisé citoyen des États-Unis ; c'est un fidèle partisan du Troisième Reich. Fritz Julius Kuhn est le fils de Georg Kuhn et Beuth Justyna Julia ; il naît en Allemagne. Au cours de la Première Guerre mondiale, il obtient la Croix de fer en servant comme lieutenant d'infanterie. Après la guerre, il étudie et sort diplômé de l'université Louis-et-Maximilien de Munich avec maîtrise en génie chimique. Dans les années 1920, il déménage au Mexique. En 1928, il s'installe aux États-Unis et, en 1934, il est naturalisé citoyen des États-Unis.

Après que l'enquête conduite par le représentant de New York Samuel Dickstein conclut que l'organisation fondée par Fritz Julius Kuhn, les Amis de la Nouvelle-Allemagne est une branche américaine du NSDAP, le chancelier allemand Adolf Hitler, qui ne veut au contraire pas y être associé, invite tous les ressortissants allemands à se retirer de l'organisation. Le 19 mars 1936, Adolf Hitler place Fritz Kuhn à la tête d'une nouvelle organisation, plus efficace, rebaptisée Bund germano-américain. Fritz Kuhn enrôle alors des milliers d'Américains dans cette organisation de propagande antisémite, anticommuniste et pro-allemande. Une de ses premières actions est de planifier un voyage en Allemagne avec cinquante de ses partisans américains. Le but est alors d'obtenir une audience de la part d'Hitler.

À cette époque, en 1936, l'Allemagne se prépare à accueillir les Jeux olympiques. Fritz Kuhn prévoit un accueil chaleureux à l'égard du chancelier, mais la rencontre est déçue. Cela ne l'empêche pas de développer son prosélytisme et de revenir aux États-Unis conforté, selon-lui, par Hitler, du statut de « Führer américain ». Le 20 février 1939, Fritz Kuhn tient le rassemblement le plus important et médiatisé de l'histoire du Bund au Madison Square Garden. Vingt-mille personnes y participent et assistent à une cérémonie comportant un défilé nazi et un discours prononcé par Fritz Kuhn. Il déclare : « Le gouvernement fédéral se bat au coude à coude avec les Américains patriotes pour protéger l'Amérique d'une race qui n'est pas la race américaine, qui n'est même pas une race blanche… Les Juifs sont les ennemis des États-Unis ». Lors de ce discours, un manifestant se jette sur scène et doit être évacué par les services de sécurité.

Sa popularité augmente au même titre qu'une irritation de la part des Juifs américains ainsi que des Germano-Américains, ces derniers ne voulant pas être associés avec les nazis. Ces protestations ont été parfois violentes. En réponse à l'indignation des anciens combattants juifs, le Congrès adopte en 1938 une loi exigeant l'enregistrement des agents étrangers de s'enregistrer auprès du Département d'État. Cette image négative des nazis américains ne plaisait pas à Hitler, qui souhaitait une organisation forte, mais discrète. En effet, dans ses plans d'invasion européenne, Hitler savait qu'il avait besoin de la neutralité des États-Unis pour entrer sereinement en guerre. D'autre part, Fritz Kuhn cherchait plus à remuer plus l'attention des médias. et provoquer qu'à vraiment constituer un soutien politique pour le NSDAP.

Fritz Kuhn lors de son procèsEn 1939, cherchant à paralyser le Bund, le maire de New York, Fiorello La Guardia diligente une enquête financière sur l'organisation. Il constate que Fritz Kuhn avait détourné plus de 14 000 dollars destinés au gouvernement fédéral, au profit de sa maîtresse. Le procureur du discrit, Thomas Edmund Dewey émet une mise en accusation contre Fritz Kuhn, qui est déclaré coupable. En dépit de sa condamnation pénale pour détournement de fonds, les militants ont continué de le tenir en haute estime, en accord avec les préceptes hiérarchiques indiscutables hérités du NSDAP, principes communs à tous les nazis.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, Fritz Kuhn est arrêté comme agent de l'ennemi, et détenu par le gouvernement fédéral dans camp d'internement à Crystal City (Texas). En 1945, il est libéré, envoyé à Ellis Island, et déporté en Allemagne. Son envie de revenir aux États-Unis reste aux yeux des autorités, vaine. Il décède le 14 décembre 1951, à Munich (Allemagne). Le New York Times indique dans sa rubrique nécrologique le décès d'un « pauvre et obscur chimiste ». Le 11 mars 2010, le journaliste Glenn Beck fait un commentaire télévisuel, où, mettant cependant en garde son public contre des gens comme Fritz Kuhn, cite un de ses discours de 1939, appelant à une « justice sociale américaine pour les Blancs ». Beck appelle les chrétiens à quitter leurs églises, s'ils y entendent des prêches concernant la justice sociale ou économique, disant qu'il s'agissait de mots de code pour le communisme et le nazisme.

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