Martin Frédéric

Publié le par Roger Cousin

Rudy de Mérode, de son vrai nom Frédéric Martin, est né en 1905 à Silly-sur-Nied (Moselle) et mort, probablement en Espagne, à une date inconnue à ce jour. Originaires du Luxembourg, les membres de sa famille immigrèrent en France et furent naturalisés dans les années 1920. Il fera des études d'ingénieur à Strasbourg puis en Allemagne. En 1928, il est recruté par l'Abwehr. En 1934, participe aux travaux de la Ligne Maginot où ayant accès à des plans, il les communiquera aux services allemands. Il est démasqué en 1935 et condamné un an plus tard à 10 ans de détention pour espionnage qu'il purgera à la prison de Clairvaux et à 20 ans d'interdiction de séjour. Pendant la débâcle de juin 1940, des centaines de milliers de personnes fuient sur les routes de France.

Le 14 juin à Bar-sur-Aube, un cortège de prisonniers est évacué de la centrale de Claivaux. Parmi eux, des espions condamnés - dont Rudy de Mérode - qui profiteront de l'anarchie pour s'évader et demander l'aide des Allemands. Juillet 1940, c'est le retour à Paris et l'installation à l'Hôtel Lutetia au siège du renseignement militaire allemand. Il fut affecté à un bureau d'achat servant de couverture à l'espionnage de l'Abwehr avec lesquels il s'associa avec un autre agent du SD, un hollandais, Gédéon van Houten dit le baron d'Humières dans un bureau d'achat au 18 rue Pétrarque à Paris. Au commencement, il fit du renseignement avec une équipe composée de trente personnes sous ses ordres pour lesquels il donnait des cours d'espionnage.

La plupart d'entre eux étaient des repris de justice, il les utilisait pour repérer la marchandise ou des immeubles. Son équipe réquisitionna beaucoup d'appartements et d'hôtels particuliers en se présentant comme policier français ou le plus souvent comme policier allemand. Sa spécialité était le transport de fonds, des sommes accumulées provenant des différents trafics, mais aussi de la recherche d'or sous toutes ses formes, bijoux, pièces ou lingots. En 1941, ils s'installèrent au 70 boulevard Maurice Barrès à Neuilly-sur-Seine, mais van Houten et de Mérode se séparèrent pour désaccord en février 1942. Avec l'aide du DSK (Devisen Schütz Kommando ; Détachement pour la mise en sureté des devises), ils ouvraient les coffres des banques, l'argent et l'or étaient rachetés à vil prix aux propriétaires, en cas de refus, le sort était réglé par la déportation.

Si le propriétaire était Juif, tout était confisqué et la Gestapo s'occupait de la personne, et celle-ci finissait en prison et souvent la déportation. L'équipe de « la gestapo de Neuilly » confisqua plus de quatre tonnes d'or . Son réseau avait accumulé d'énorme sommes d'argent et fait arrêter et déporter plus de 500 personnes. Au début 1944, l'Abwehr le charge de créer un bureau en Espagne par sûreté. Il s'installe d'abord à Saint-Jean-de-Luz. Au milieu de 1945, il se trouve à Saint-Sébastien ensuite il gagna Madrid où il se fit appeler « Le prince de Mérode ». En 1953, il habitait toujours en Espagne, mais à une soixantaine de kilomètres au nord de Madrid, dans une briquetterie. Il ne fut jamais inquiété par la justice.

Publié dans Espions

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