Zolli Eugenio

Publié le par Mémoires de Guerre

Eugenio Pio Zolli, né Israel Anton Zoller le 27 septembre 1881 à Brody, en Galicie, et décédé le 2 mars 1956 à Rome, est un ancien grand-rabbin de Rome, qui s'est converti au catholicisme en 1945.

Zolli Eugenio
Zolli Eugenio
Zolli Eugenio

Israel Zoller est né en 1881 à Brody, dans l'oblast de Lviv, en Galicie, dans une famille de rabbins. En 1920, il fut nommé rabbin dans la ville de Trieste, qui venait de se libérer de l'occupation austro-hongroise. Ce fut là que la famille Zoller italianisa son patronyme en « Zolli ». En 1940, Israel Zolli devint grand rabbin de la ville de Rome. Son attitude à partir de 1943, et celle de Pie XII, donnent encore lieu à des polémiques partisanes. "Début septembre 1943, quand les Allemands occupèrent Rome, il abandonna sa communauté pour se réfugier au Vatican. Il réapparut à la fin des hostilités avec l'intention de reprendre ses fonctions de rabbin, mais fut rejeté par les fidèles en raison du comportement honteux qu'il avait eut au moment même où sa communauté encourait les plus grands périls." Encyclopaedia Judaica tome 16 "Israel Zoller" éd. Keter Publishing House. Jerusalem 1973 ".. [En septembre 1943] les Juifs de Rome remplirent à leur tour les convois de wagons plombés, tandis que partout la population tentait de leur venir en aide […] Pie XII, décidément privé de toute inspiration divine, garda un mutisme total.

C'est le Grand rabbin de Rome, caché pendant les évènements, qui eut, lui, une vision du Christ, et se fit prêtre." Claude Wainstain "Rome, ville occupée" in L'Arche n° 439, 04/1994. Selon sa biographe Judith Cabaud, en 1944, alors qu'il conduisait le service de Yom Kippour, il eut une vision mystique de Jésus-Christ. Peu après la Libération, le rabbin Zolli se convertit, avec son épouse, au catholicisme. Pour prénom de baptême, il choisit de s'appeler « Eugenio Pio », en hommage au pape Pie XII, né Eugenio Pacelli, en raison de son action pour les Juifs de Rome pendant la Seconde Guerre mondiale. Myriam, la fille du rabbin Zolli, écrit : « Pacelli et mon père étaient des figures tragiques dans un monde où toute référence morale avait disparu. Le gouffre du mal s’était ouvert, mais personne ne le croyait, et les grands de ce monde - Roosevelt, Staline, de Gaulle - étaient silencieux.

Pie XII avait compris que Hitler n’honorerait de pactes avec personne, que sa folie pouvait se diriger dans la direction des catholiques allemands ou du bombardement de Rome, et il agit en connaissance de cause. Le pape était comme quelqu’un contraint à agir seul parmi les fous d’un hôpital psychiatrique. Il a fait ce qu’il pouvait. Il faut comprendre son silence dans le cadre d’un tel contexte, non comme une lâcheté, mais comme un acte de prudence. » Devenu professeur à l'Institut biblique pontifical, Eugenio Zolli mourut à Rome en 1956, à l'âge de 74 ans. Son autobiographie publiée en 1954, Prima dell'alba, décrit les circonstances de sa conversion et explique les raisons de son admiration envers Pie XII. On y lit notamment : « La rayonnante charité du Pape, penché sur toutes les misères engendrées par la guerre, sa bonté pour mes coreligionnaires traqués, furent pour moi l'ouragan qui balaya mes scrupules à me faire catholique. »

Publié dans Eclésiastiques

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