Affaire des 27 Martyrs
L'affaire des 27 Martyrs désigne le massacre, le 25 août 1944, de 27 civils, perpétré à Chatou par les troupes du IIIe Reich. Pour commémorer ce moment tragique de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale, une rue de Chatou a été nommée « rue des Vingt-Sept-Martyrs ».
Lors de la Libération, ce bain de sang a marqué l'histoire de la ville de Chatou. Les Allemands du IIIe Reich connaissent une farouche résistance dans la ville de Chatou où un groupe de résistants mené par le commandant Torset pousse les nazis à évacuer la commune. Grâce à cette victoire, les FFI (Forces françaises de l'Intérieur) reprend le château de la Pièce d'Eau le 17 août 1944, pour finir par la reconquête de la mairie le 21 août. Au moment de l'attaque, les résistants font une quarantaine de prisonniers dans le camp adverse : 23 Allemands dont 2 grièvement blessés ainsi qu'une vingtaine de miliciens et de femmes. Le nom d'une des premières victimes de l'affaire des 27 Martyrs apparaît alors : Raymond Acquart.
Le commandant Torset a été abattu par une colonne allemande remontant la rue Camille-Périer, alors qu'il était en embuscade à quelques mètres de la rue Esther-Lacroix. Le 24 août 1944, avec la reprise de Paris par le Général Leclerc accompagné de la 2e D.B, les Allemands décident de miner le pont de Chatou, ce qui amène les civils logeant à côté du pont à se réfugier dans le château, la base centrale des résistants. Tout ne se passe pas comme prévu puisque, le 25 août, le commandant de la résistance locale est pris de court par l'arrière-garde SS qui entreprend d'attaquer le siège du château de la Pièce d'Eau, équipée de grenades et de mitraillettes.
C'est une défaite cuisante pour le commandant Torset qui doit se résigner à déposer les armes, il prend l'initiative de désarmer la soixantaine d'hommes qui l'accompagnent. À la fin du siège, les Allemands insistent pour que la poche de résistance les accompagne jusqu'à l'emplacement des prisonniers nazis, qui étaient restés pendant l'attaque parqués avec les réfugiés civils dans la villa Lambert. Le commandant Torset y est exécuté, et ses camarades arrêtés sous la demande des nazis qui les qualifient de terroristes.
"La grande porte du garage du château de Chatou porte encore les traces de la tuerie du 25 août. Le sang a giclé jusqu'en haut de la porte et les trous faits par les balles de mitrailleuses se voient encore. Autour de cet emplacement, nous avons retrouvé des doigts. La fosse est à trois mètres de là. Vingt-sept corps sont entassés dans un trou d'un mètre de profondeur. Le plus jeune, un gosse de 16 ans, employé de la gare, est chargé de transporter ses camarades dans leur sépulture. Arrivé au vingt-sixième, c'est son tour. "J'ai retrouvé mon fils dans cette fosse, il avait 23 ans. Le pauvre enfant était nu, un bras cassé, les yeux arrachés, des doigts en moins. Ils ont été enterrés vivants. On les a retrouvés la bouche pleine de terre, les mains crispées dans le sol. Des drapeaux français, lacérés, déchirés, étaient enterrés avec eux."(...) Mais le cynisme des assassins ne s'était pas arrêté là. Après le massacre du parc du château, ils sabrèrent le champagne. Sur la fosse, ils avaient déposé des mines, afin que personne ne puisse approcher."
Le nom des 27 martyrs de Chatou : lieutenant Torset, lieutenant Lecaron, Martial Fleury, Robert Alexis, Roger Lemoine, Raymond Acquart, Georges Blaizot, André Couespel, Henri Fisseux, Louis Gaudillet, Joseph Grand, Pierre Jallu, Eugène Jeffrault, Lucien Jeffrault, Victor Kurtz, Adrien Laurent, Pierre Le Bihan, Eugène Le Tyrant, Yves Louis, Jean Mauchaussat, Gabriel Morel, Jacques Mouchard, Robert Noë, Henri Painchaud, Robert Rateau, Henri Richaume, Jean Ramain. Le 22 octobre 1944, l’avenue de la Pièce-d’Eau reçoit le nom d’avenue des Vingt-Sept-Martyrs.
