Brown Gordon

Publié le par Mémoires de Guerre

James Gordon Brown, dit Gordon Brown, né le 20 février 1951 à Giffnock (East Renfrewshire), est un homme d'État britannique, membre du Parti travailliste et Premier ministre du Royaume-Uni de 2007 à 2010. Entré au Parti travailliste dès 1969, cet élève brillant décroche son doctorat en histoire de l'Université d'Édimbourg trois ans plus tard. Après un échec lors des élections générales de 1979 et une courte carrière comme journaliste et universitaire, il est élu député lors des élections générales de 1983 dans la circonscription nouvellement créée de Dunfermline East. Il siège à la Chambre des communes pendant plus de trente ans et accède aux deux principales fonctions des grands offices d'État, d'abord comme Chancelier de l'Échiquier entre 1997 et 2007, puis comme Premier ministre jusqu'en 2010. Son mandat de Chancelier est marqué par une exceptionnelle période de croissance économique et de stabilité, mais également par l'indépendance de la Banque d'Angleterre et sa rivalité avec Tony Blair, notamment après les élections générales de 2001. Sous son gouvernement, le Royaume-Uni connaît d'importantes difficultés économiques après la quasi faillite de la banque Northern Rock. Quatre banques sont ainsi nationalisées, tandis que le pays entre en récession dès le deuxième trimestre de l'année 2008. Un plan de sauvetage bancaire est lancé pour sauver le système bancaire, mais la crise économique s'intensifia après l'annonce de la faillite de Lehman Brothers. En politique extérieure, le Royaume-Uni retire ses troupes de la guerre d'Irak en 2009. Le Parti travailliste perd les élections générales de 2010, ce qui l'oblige à démissionner. 

Brown Gordon

Numéro deux du gouvernement Blair (1997-2007)

Né en Écosse dans un milieu presbytérien modeste, il est élu en 1983 aux Communes comme Tony Blair, avec qui il entreprend de rénover un parti travailliste miné par les revers. Mais l'amitié et la complémentarité des débuts font peu à peu place à une sourde rivalité. De fait, c'est T. Blair qui s'empare du Labour à la mort brutale de John Smith en 1994, non sans laisser à son affidé la responsabilité de la redéfinition de son programme économique et social. À la suite de la victoire électorale de 1997, G. Brown devient chancelier de l'Échiquier (numéro deux de son gouvernement). Il octroie son autonomie à la Banque d'Angleterre, s'attache à respecter les grands équilibres, consolide la croissance, aboutit au quasi plein-emploi, et obtient pour le compte des nouveaux travaillistes un satisfecit général en matière de gestion.

Par ailleurs, s'il contribue à réformer l'État providence en transformant le welfare en workfare, il investit dans les services publics et fait de l'impôt un outil de redistribution destiné à réduire les inégalités. Grand vainqueur des élections de 2005 (les Britanniques semblent avoir reconduit la majorité davantage pour le maintenir à l'Échiquier que pour soutenir un Premier ministre usé par l'exercice du pouvoir), moins que jamais porté à se satisfaire de sa réputation flatteuse d'artisan de la plus longue période de prospérité du Royaume-Uni, il paraît encourager la fronde du parti de septembre 2006, qui accule T. Blair à annoncer son retrait prochain de la vie publique.

À la tête du Labour et du Royaume-Uni (2007-2010)

Les cent premiers jours

Après le revers travailliste aux élections locales de mai 2007 et la démission consécutive du Premier ministre à la fin de juin, G. Brown prend la direction conjointe du parti et du pays, à charge pour lui de redresser la cote du Labour et de restaurer la confiance des citoyens dans leur gouvernement. À la tête d'un cabinet de changement et de rassemblement qui manifeste un souci de renouveau sans reniement, il gère une série de crises (attentats déjoués de Londres et de Glasgow les 29 et 30 juin, inondations centenaires de l'ouest du pays, nouveau début d'épidémie de fièvre aphteuse et tensions avec la Russie durant l'été), en faisant preuve d'une détermination sans ostentation qui, couplée à l'amorce de désengagement en Iraq, séduit l'opinion et redore le blason du parti.

Premières difficultés

Mais il ne parvient pas à capitaliser sur l'impression généralement partagée de parcours sans faute des cent premiers jours. Au contraire, celui-ci se mue à l'automne en véritable chemin de croix (désarroi de ses troupes et au-delà après son refus, début octobre, de se lancer dans la bataille en convoquant des élections générales anticipées ; interrogations sur son leadership et désamour lié à sa difficulté à communiquer, à son manque de charisme et à un isolement croissant ; crise de confiance liée au retournement de la conjoncture, qui entache, dès la fin d'année, sa réputation de compétence ; contestations internes et sociales de la politique fiscale adoptée au printemps 2008) qui aboutit au désastre des élections locales de mai 2008 (les plus mauvaises depuis 41 ans). Paradoxalement, cette débâcle resserre les rangs du parti, et permet au Premier ministre d'obtenir, en dépit du « non » irlandais, la ratification du traité européen de Lisbonne.

Malgré la reprise de la contestation interne au cours de l'été, G. Brown ressoude l'unité du parti lors de son congrès annuel. Il est vrai que la tempête financière qui s'abat alors sur la City refroidit les ardeurs des prétendants à sa succession, qu'en octobre il fait entrer dans son cabinet d'éminentes figures du blairisme, et que les mesures d'urgence prises dans la foulée (soutien apporté au secteur bancaire, participation de l'État dans de grands groupes financiers, plan de relance) lui valent une embellie dans les sondages d'opinion.

Une fin de mandat difficile

Mais l'union sacrée ne survit guère à l'agravation de la crise que le gouvernement semble impuissant à enrayer et dont il paraît aussi devoir de plus en plus porter tout ou partie de la responsabilité. Aussi l'entente affichée avec le nouveau président des États-Unis Barack Obama et le succès d'estime qui ressort de la réunion du G20 à Londres au début d'avril 2009 ne parviennent-ils pas à enrayer la spirale d'impopularité qui s'installe à nouveau entre le Premier ministre et la population. Le scandale des notes de frais des parlementaires, qui affecte à partir de mai l’ensemble de la classe politique, fait tout particulièrement vaciller le gouvernement.

Les élections locales et européenne de juin 2009 constituent dès lors pour G. Brown un nouveau cinglant revers, qui l’oblige à revenir aux fondamentaux travaillistes. Les mesures qu’il prend et les propositions de budget dès lors cherchent à renouer avec l’électorat populaire du Nord. Non sans quelque succès, à en juger par la réduction de l’écart entre parti conservateur et Labour dans les sondages. Mais piètre candidat, G. Brown conduit sa formation à la défaite en mai 2010. Après l'échec des négociations entre son parti et les libéraux-démocrates, il est amené à présenter sa démission et à abandonner ses fonctions à la tête du Labour.

Politique extérieure

Afghanistan

En août 2007, il déclare que l'Afghanistan constitue le lieu de lutte majeure contre le terrorisme.

Irak

Deux semaines avant son arrivée au pouvoir, il se rend à Bagdad et déclare qu'il y a « des leçons à retenir » de l'engagement britannique en Irak. En octobre 2007, il annonce que le nombre de soldats stationnés en Irak serait prochainement ramené à 4 500 soldats. Au moment de l'annonce, 170 soldats avaient trouvé la mort depuis le début de la guerre le 20 mars 2003. Deux mois plus tôt, il avait évoqué le fait que l'Irak était un théâtre d'opération moins important que l'Afghanistan pour lutter contre le terrorisme. En 2009, il autorise la création d'une commission d'enquête, dite Commission Chilcot chargée d'enquêter sur les circonstances de l'engagement britannique dans la guerre. Il avait évoqué l'éventualité dès 2008, mais n'avait pas donné suite jusqu'à l'annonce. À plusieurs reprises, il fut accusé de ne pas avoir accordé suffisamment de moyens à l'armée britannique lorsqu'il était chancelier de l'Échiquier. 

Après la politique

Il a également rejoint, en tant que conseiller, le fonds obligataire Pimco.

Relations avec Tony Blair

Gordon Brown rencontre Tony Blair peu de temps après leur élection comme députés lors des élections générales de 1983. Le Parti travailliste était alors dans une période très difficile, ayant perdu deux élections générales et subi une scission provoquée par l'aile droite europhile, qui avait créé le Parti social-démocrate. Les deux hommes constatent avec regret que le parti soit dirigé par l'aile gauche, une partie étant encore proche de certaines thèses marxistes. Assez vite, ils effectuent des voyages à l'étranger pour diriger les dirigeants d'autres partis de gauche. Dans un premier temps, Brown fut un mentor pour Tony Blair, auquel il apprit à maîtriser les codes de la télévision, lui-même étant un ancien journaliste et producteur pour la Scottish Television. 

Les deux furent promus quasiment en même temps par Neil Kinnock dans le cabinet fantôme, en grande partie grâce à Gordon. Ils se rapprochèrent ensuite de Peter Mandelson, homme de télévision que Kinnock avait recruté pour redorer l'image du parti. Mandelson voyait davantage d'avenir à Brown, notamment après les problèmes de santé de son mentor John Smith. Il était d'ailleurs très populaire auprès des députés et des membres du cabinet fantôme. Cependant, il avait refusé, malgré l'insistance de Tony Blair, de concourir contre son mentor à la tête du parti lors de l'élection interne de 1992. Les deux hommes contribuent largement à l'établissement du New Labour. Leurs relations se dégradent fortement après les élections générales de 2001. Le 29 septembre 2003, lors de la conférence annuelle du parti, Gordon Brown en appelle devant les militants à revenir aux « valeurs de base » du parti. La plupart des historiens et journalistes y virent un pied de nez à Tony Blair, dont Brown contestait le leadership depuis plusieurs années. 

Vie privée

Dans les années 1970, il fréquente la princesse Margareta de Roumanie, qui effectuait également ses études à l'université d'Édimbourg en sociologie et science politique. Il rencontre Sarah Jane Brown (née Macaulay) en 1995. Après cinq ans de fréquentations, il l'épouse le 3 août 2000 à North Queensferry en Écosse. Le 8 janvier 2002, leur jeune fille Jennifer Lane, née prématurément dix jours plus tôt, meurt des suites d'une hémorragie intracérébrale. Ils ont deux fils, John Macaulay (nommé ainsi en l'honneur de son défunt père) né le 17 octobre 2003, et James Fraser, né le 18 juillet 2006. En novembre 2006, le tabloïd The Sun révèle dans un article que Fraser est atteint de mucoviscidose. En plus de cela, un certain nombre d'informations sensibles ont été révélées par les journaux du groupe News International, propriété de l'homme d'affaires Rupert Murdoch. Ces révélations ont été faites sans l'accord du couple Brown. Cinq ans plus tard, lorsque le scandale du News of the World éclate, Gordon Brown témoigna des méthodes du groupe News International. 

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