Beugras Albert

Publié le par Mémoires de Guerre

Albert Beugras, né le 21 février 1903 au Creusot (département de Saône-et-Loire), mort le 30 janvier 1963 à Paris, est un homme politique français, collaborationniste durant l'occupation de la France par l'Allemagne du Troisième Reich

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Beugras Albert

Fils d'industriel, il devient ingénieur chimiste chez Rhône-Poulenc et adhère au Parti populaire français (PPF) dès 1936. Il est également capitaine de réserve dans l'armée française. Délégué du PPF pour la région lyonnaise, secrétaire national aux questions syndicales et corporatives, il accède ensuite au bureau politique du parti. Avant son départ pour la Russie, fin 1941, Doriot le charge d'organiser un service de renseignement axé sur la détection des agents alliés en France, en collaboration avec l'Abwehr de Paris. En février 1942, il remplacera Gérard Raynal arrêté par la police française, à la tête du premier service de renseignement du PPF travaillant avec l'Abwehr.

À la fin de l'année 1941, le colonel Reile, de l'Abwehr, avait demandé au PPF d'établir un contact en vue de la lutte contre les communistes. Officiellement, Beugras était en charge du « Secrétariat national pour les questions corporatives ». Il est recruté par la section III de l'Abwehr le 25 février 1942 et dépend du Referat III F de l'Abwehr de Paris à partir du 18 décembre 1942 sous le pseudo de Berger. L'« organisation Beger » va s'étendre jusqu'à employer 130 agents, sans compter des centaines d'indicateurs. Beugras sera également sollicité pour créer une organisation destinée à dépister les sabotages au sein de la SNCF, mais ce projet connaitra un échec, tout comme un autre projet visant une implantation dans les usines.

Il met sur pied un réseau actif de renseignements début 1943 en Afrique du Nord. Peu avant la chute de Tunis, il laisse sur place plusieurs agents équipés de matériel (le réseau Atlas) qui fourniront des informations à la métropole. Revêtu d'un uniforme de sous-lieutenant de la Wehrmacht pour l'occasion, Beugras accompagne Doriot une petite semaine en juillet 1944 dans sa tournée des villes sinistrées de Normandie. Réfugié en Allemagne en août 1944, il dirige, au château de Hohenbuchau, la formation de saboteurs qui doivent être parachutés en France, au sein de l'école élémentaire « Pâquerette » puis des écoles S1 (Renseignement), S2 (Sabotages) et S3 (Contre-espionnage).

A la mi-mars 1945, il prend la tête de la Direction du travail en France (DTF) qui n'a sans doute jamais fonctionné. Dès la mort de Doriot, le 22 février 1945, « déçu des Allemands », il se met en rapport avec les services spéciaux américains et français en avril 1945, ce qui lui permet de sauver sa tête lors de son arrestation en 1947 et de son procès en 1948. Libéré en 1951, il meurt le 30 janvier 1963 à Paris. Albert Beugras est le père de quatre enfants dont la chanteuse Anne Sylvestre née Anne-Marie Beugras, née en 1934, et l'écrivain Marie Chaix, née en 1942, qui traitera de l'histoire de son père dans son roman Les lauriers du lac de Constance (1974). 

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