Bianchini Jacques Antoine
Jacques Bianchini est né dans une famille de petits exploitants agricoles. A l'issue de ses études primaires, il entre à l'Ecole normale d'instituteurs d'Ajaccio, où il obtient le Brevet
supérieur et son Certificat d'aptitude pédagogique. Après quelques années d'enseignement, il devient, en 1933, professeur délégué à l'Ecole primaire supérieure de Sartène. Il se marie et aura
trois enfants. A partir de 1936, il est professeur, puis directeur du Collège d'enseignement général, notamment à Porto-Vecchio et à Ajaccio. Parallèlement, il mène une action syndicale au sein
du monde ouvrier et agricole de Sartène et milite au sein de la Fédération socialiste SFIO de la Corse.
En avril 1945, il est élu conseiller municipal de Sartène. A l'automne, il devient conseiller général. Le 21 octobre 1945, pour les élections à la première Assemblée nationale Constituante, la
SFIO présente Jacques Bianchini en tête de sa liste. Pour quatre sièges à pourvoir, il y a quatre listes en présence. Sur 158 685 électeurs inscrits et 96 257 suffrages exprimés, la liste
radicale et socialiste obtient 35 969 suffrages et a deux élus, la liste communiste, avec 30 975 suffrages a un élu, le quatrième siège allant à une liste de défense républicaine et sociale qui
obtient 16 300 suffrages. La SFIO n'obtient que 13 015 suffrages et arrive en dernière position.
Les élections du 2 juin 1946 pour la seconde Assemblée nationale Constituante ne modifient pas la situation antérieure. Sur 159 702 électeurs inscrits et 97 305 suffrages exprimés, la SFIO ne
rassemble que 12 182 suffrages et n'a pas d'élu. Sur quatre sièges, les radicaux, avec 33 974 suffrages, gardent deux sièges, les communistes, avec 32 154 suffrages, ont un siège et la droite,
avec 19 095 suffrages obtient le quatrième siège.
En revanche, les élections législatives du 10 novembre 1946 se traduisent en Corse par une situation particulière. Contre l'avis de la direction nationale de la SFIO, les socialistes et les
communistes constituent une liste commune. Jacques Bianchini est en deuxième position, derrière Arthur Giovoni, maire d'Ajaccio, député communiste sortant. Sur 160 286 électeurs inscrits et 88
152 suffrages exprimés, la liste d'Union républicaine et résistante socialiste et communiste arrive en tête, avec 38 904 voix, et a deux élus, la liste du Rassemblement des gauches, emmenée par
Paul Giacobbi, président du Conseil général, a 31 119 voix et un élu, la liste de défense républicaine et sociale, avec 18 129 voix, conserve le quatrième siège.
Une fois son élection validée le 29 novembre 1946, Jacques Bianchini est nommé membre des commissions des moyens de communication et du tourisme, de la marine marchande et des pêches. Il fait
également partie de la sous-commission chargée de suivre et d'apprécier la mise en œuvre de la convention économique européenne et du programme de relèvement européen. En outre, il est désigné
comme juré à la Haute cour de justice. L'essentiel de son activité parlementaire concerne l'équipement de la Corse. Il dépose six rapports au nom de la Commission des moyens de communication. Ses
interventions dans les débats parlementaires vont dans le même sens. Ainsi, le 7 juin 1950, il met en évidence "l'impérieuse nécessité de consacrer des crédits importants à l'entretien du réseau
des routes nationales en Corse". L'activité économique de l'île constitue son souci essentiel, particulièrement le réseau routier et les liaisons maritimes et aériennes.
Aux élections législatives du 17 juin 1951, qui se font selon le principe de la représentation proportionnelle avec apparentements, la SFIO s'apparente avec la seule UDSR, ce qui se révèlera
insuffisant, les radicaux, pour leur part, s'apparentant avec les Indépendants et paysans. Sur 149 234 suffrages exprimés et 92 601 votants, les radicaux, avec 25 551 voix, soit 27,7 % du total,
ont un élu ; les Indépendants et paysans, avec 15 347 voix, soit 16,7 %, ont un autre siège ; les communistes ont 21 668 suffrages, soit 23,5 % et emportent également un siège ; le quatrième
siège échoit à une liste du Rassemblement du peuple français avec 22 294 voix. La SFIO et l'UDSR, qui obtiennent respectivement 4 133 voix et 2 776 voix, n'ont aucun élu. Jacques Bianchini n'est
donc pas réélu. La même année, il perd son siège au Conseil général mais demeure conseiller municipal de Sartène.