Cadic Joseph Marie

Publié le par Rodney42

Pendant l'Occupation, Joseph Cadic, maire de Noyal-Pontivy, rend service à des prisonniers de guerre demeurant dans le ressort de sa commune. En février 1941, se sentant menacé, il tente de franchir la ligne de démarcation. Arrêté par les Allemands à Moulins, il effectue un mois de prison avant de regagner le Morbihan et d'être en mai 1941, révoqué de son mandat de maire sous la pression des autorités d'Occupation. A la Libération, par sa décision du 12 décembre 1945, le Jury d'honneur confirme l'inégibilité qui le frappait en raison de son vote du 10 juillet 1940, favorable au projet de loi portant révision constitutionnelle.

Poursuivant l'exercice de sa profession d'exploitant agricole, il continue de se consacrer à la défense des agriculteurs du Morbihan puis se présente, avec succès, aux élections municipales d'avril 1953. Elu maire de Noyal-Pontivy, son inéligibilité qui sera supprimée par la loi du 6 août 1953, fut alors soulevé. Toutefois le caractère non suspensif du recours et la lenteur de la procédure lui permettent d'exercer son mandat jusqu'en mars 1956. Déclaré inéligible, il se présente avec succès à l'élection municipale organisée afin de pourvoir son siège devenu vacant puis ses collègues du Conseil le réélisent au poste de maire.

Un mois auparavant, aux élections législatives du 2 janvier 1956, Joseph Cadic occupait la deuxième place sur la liste des Indépendants et paysans conduite par Raymond Marcellin. Ses engagements électoraux insistent sur les libertés économiques et la défense de la "propriété privée, bouclier de la liberté individuelle", proposent la dissolution automatique de l'Assemblée après la chute de deux gouvernements et rappellent que les Indépendants. se sont opposés à la Constitution de la IVe République. Ils indiquent l'adhésion de tous les candidats de la liste à l'Association parlementaire pour la liberté de l'enseignement et, faisant référence à la dernière guerre et à l'arme atomique, plaident en faveur du désarmement. Ils concluent sur l'anti-communisme et affirment que "l'Etat est fait pour l'individu et la famille, et non le contraire" .

Avec 13,9 % des suffrages exprimés, les Indépendants arrivent loin derrière le MRP (33 %) mais sont aussi distancés par la SFIO (17,4 %) et le Parti communiste (16,2 %). Toutefois l'apparentement conclu entre le MRP, les Indépendants et les Républicains sociaux (5,4 %) dépasse la majorité absolue, permettant ainsi l'élection de deux députés indépendants, dont Joseph Cadic, sur les sept sièges à pourvoir.

Membre de la Commission de la marine marchande et des pêches et de celle des moyens de communication, Joseph Cadic consacre son activité parlementaire à la défense des agriculteurs et à l'investissement routier et ferroviaire, spécialement dans le monde rural. A plusieurs reprises, il interpelle le gouvernement sur sa politique agricole (28 février et 19 octobre 1956, 5 mars et 19 septembre 1957) et plaide en faveur de la parité entre les agriculteurs et les autres catégories sociales.

Apparenté au groupe des Indépendants et paysans d'action sociale, Joseph Cadic vote les pouvoirs spéciaux en Algérie (12 mars 1956), la confiance à Maurice Bourgès-Maunoury (12 juin 1957) et la ratification des traités instituant la CEE et l'Euratom (9 juillet 1957). Il soutient la politique algérienne de Maurice Bourgès-Maunoury et Félix Gaillard mais refuse la confiance à ce dernier à propos de la mission des "bons offices" entre la France et la Tunisie. Il entre alors dans l'opposition : contre l'investiture de Pierre Pflimlin (13 mai 1958), contre l'état d'urgence en métropole (16 mai 1958), contre le principe de la révision de certains articles de la Constitution (27 mai). Puis il soutient le général de Gaulle, vote la confiance le 1er juin 1958, les pleins pouvoirs et la révision constitutionnelle le 2 juin.

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