Chabrun César
César (Hippolyte Joseph) Chabrun (14 décembre 1880, Mayenne - 30 octobre 1934, Paris), homme politique français. Il est le fils
du docteur César (Léon) Chabrun conseiller général de la Mayenne et de Marie-Madeleine Chaudet. Il épouse à Paris Marthe Audibert, fille du professeur Adrien Audibert (faculté de droit Paris), le
31 mai 1911. Il a trois fils : Jacques (1912-1930); Jean-François Chabrun; Daniel Chabrun. Il mène une carrière à la fois de juriste et d'homme politique. Docteur en droit, sciences juridiques,
sciences économiques et politiques, licencié ès lettres, premier secrétaire à la Conférence des avocats au Conseil d'État et à la Cour de cassation, il est professeur aux facultés libres de Lille
et de Paris.
Il est membre de la commission générale des Semaines sociales de France. Grièvement blessé lors de la Première Guerre mondiale à Virton, il est ensuite rapporteur de guerre à Chaumont. Il est élu
député de la Mayenne de 1919 à 1932. Il est d'abord inscrit au groupe de l'Entente républicaine, puis à celui de l'Action républicaine et sociale, et ensuite au groupe républicain-socialiste
renommé en 1929 le Parti Socialiste Français. Conservateur à l'origine, il milite ensuite au Parti républicain-socialiste, ce qui lui attire des rancunes tenaces et l'hostilité de l'Église
catholique romaine. Ami de Léon Blum et d'Édouard Herriot, il est trésorier de la Ligue des droits de l'homme et initie le jeune Maurice Schumann à la
politique.
Avec Daniel Vincent et Justin Godart César Chabrun, est à l'origine de la loi sur la capacité civile des syndicats. (voir la thèse de M. Naquet : Ligue des droits de l'Homme, syndicalisme et
syndicats). Il est sous-secrétaire d’État à l’Instruction publique et aux beaux-arts, chargé de l’Enseignement technique du 23 février 1930 au 1er mars 1930. Remarquable peintre du dimanche, il
participe de l'école de Morestel (Ravier). Battu aux élections de 1932, il se retire de la scène politique mais milite à la ligue des droits de l'homme dont il est élu trésorier. La maladie
l'emporte prématurément quelques mois plus tard. Il est inhumé à Crémieu dans l'Isère.
Marthe Chabrun, sa femme et collaboratrice, grande germaniste, se lance dès la mort de son mari dans l'action : dès 1934, pionnières de l'antifascisme, elle crée et préside le comité de défense
des prisonniers politiques, se rend courageusement seule en Allemagne voir Ernst Thälmann dans sa prison de Berlin et en Roumanie pour encourager et soutenir Ana Pauker et les premiers
communistes emprisonnés par les nazis. Elle accueille à Paris les réfugiés politiques qui fuient le fascisme qui s'étend à l'est : Allemands, Tchèques, Autrichiens, Juifs, Roumains puis les
réfugiés du sud, Italiens et Espagnols. Elle organise le voyage du petit-fils de Trotsky qui va rejoindre son grand-père au Mexique. Elle reçoit régulièrement Francesco Fausto Nitti, et les
frères Carlo Rosselli et Nello Rosselli qui lui rendent visite quinze jours avant leur assassinat par la cagoule.
Pendant la guerre elle adhère au Parti communiste français, sa maison devient un lieu de rencontre et d'asile pour de nombreux réfugiés politiques . Durant la résistance, elle est surnommée la
"mère Arag". Son Fils Jean-François Chabrun est emprisonné à Rennes et à la Santé. En 1942 la Gestapo vient le chercher
Boulevard Arago. La Gestapo vient aussi à Crémieu. André Prenant chef du maquis d'Achères-la-Forêt, fils de Marcel
Prenant et Boris Rybak ainsi que Jean-François Chabrun venaient de partir à l'aube, forçant ceux-ci à rentrer à Paris où Boris Rybak vit quelque temps chez les Chabrun. Daniel Chabrun, son plus
jeune fils, sert de boite aux lettres pour la revue clandestine La Main à Plume. Elle fait partie de l'Union des femmes françaises dès sa création. Elle militera dans les organisations de gauche
jusqu'à sa mort en 1972. Marthe Chabrun est inhumée près de César Chabrun à Crémieu, en Isère, berceau de sa famille paternelle.