Cuicci Eustache Mathieu
Né d'un père qui fournissait en bruyère les fabricants de pipes de Saint-Claude, Eustache Cuicci quitte l'Algérie pour Bastia où ses parents gèrent un cinéma. Il effectue son apprentissage
d'opticien-lunetier dans l'entreprise Lissac et suit l'un des fils de son patron à Limoges. Appelé pour la guerre de 1939, il est réformé mais participe à la Résistance et termine les hostilités
avec le grade de capitaine dans les FFI et la Croix de guerre.
En septembre 1945, Eustache Cuicci s'installe à Bressuire dans les Deux-Sèvres et y poursuit son activité d'opticien. Président de l'union locale des commerçants de sa commune, de clubs de
musique et de basket, il se présente sans succès aux élections municipales de 1947 et 1953 sur des listes de tendance radicale-socialiste. Il adhère dès sa création à l'Union de défense du
commerce et de l'artisanat (UDCA) et en devient président départemental et délégué auprès du bureau national.
Aux élections législatives du 2 janvier 1956, le mouvement de Pierre Poujade le charge de conduire la liste d'Union et de fraternité française dans le département des Deux-Sèvres. Avec 13,5 % des
suffrages exprimés, les poujadistes arrivent en troisième position derrière le MRP et les indépendants et obtiennent l'un des quatre sièges à pourvoir.
Inscrit au groupe d'Union et de fraternité française, Eustache Cuicci siège à la Commission de la famille, de la population et de la santé publique jusqu'en octobre 1957 et à celle des
territoires d'outre-mer pendant toute la durée de la législature. A ce dernier titre, il rédige des rapports et intervient en séance sur l'application dans les territoires d'outre-mer, de lois
relatives au crédit, aux caisses d'épargne et aux sociétés. Le 20 mars 1956 il prend part à la discussion du projet de loi-cadre concernant les territoires d'outremer et le 14 décembre de la même
année, lors de l'examen du projet de loi créant une organisation commune des régions sahariennes, il propose de proclamer le Sahara territoire métropolitain.
Avec son groupe, Eustache Cuicci combat les gouvernements de la législature, vote contre la ratification des traités instituant la CEE et l'Euratom (9 juillet 1957) et contre la déclaration de
l'état d'urgence en métropole (16 mai 1958). Il accorde la confiance au général de Gaulle (1er juin) et approuve la révision constitutionnelle (2 juin) mais, contrairement à la majorité de ses
amis qui ne prennent pas part au vote sur le projet de loi relatif aux pleins pouvoirs, il les refuse au gouvernement (2 juin).