Détraves Guillaume
Guillaume Détraves, né à Sarlat en 1887, a fait sa carrière dans les chemins de fer. La SFIO choisit en 1945 cet inspecteur divisionnaire de la SNCF, conseiller municipal de Houilles pour les
élections à la Première Constituante comme tête de liste dans la première circonscription de la Seine-et-Oise. Sa liste, avec 79 337 voix, obtient deux sièges cependant que le département envoie
également à l'Assemblée trois députés MRP (101 988 voix) et trois députés communistes (125 266 voix). En juin 1946 il cède la première place sur la liste SFIO à Germaine Degrond, ce qui n'empêche
pas sa réélection grâce aux 74 763 voix de la liste, dans ce département politiquement très stable.
Juré à la Haute cour de justice, il appartient, dans la première Constituante, à la Commission des moyens de communication où l'appelle son expérience professionnelle et, dans la seconde
Constituante, à la Commission de la Constitution. Il est l'auteur d'une proposition de loi tendant à exproprier les entreprises abandonnées à la Libération par des propriétaires dont il met en
doute les sentiments et les comportements patriotiques et qui devraient, selon lui, pour reprendre la direction de leur affaire, obtenir, par un vote secret, l'accord de leur personnel. Il n'est
pas surprenant qu'il vote toutes les nationalisations.
Sa connaissance du fonctionnement des entreprises de transport ferroviaire lui permet d'attirer l'attention du ministre, non seulement sur la modicité des traitements des cheminots mais aussi sur
un fâcheux resserrement de l'éventail des rémunérations qui compromet, depuis plusieurs années, le recrutement des cadres. Le fonctionnement de la SNCF devrait être simplifié et les services
centraux allégés afin de comprimer les frais. Il souhaite, enfin, que le gouvernement présente, dans un bref délai, un plan de coordination des transports ferroviaires et des transports routiers.
Son rôle en matière constitutionnelle consiste à proposer la suppression du droit du Président de la République à demander une seconde délibération des deux chambres sur une loi contestée et en
une judicieuse modification du calendrier de l'élection du Conseil de la République. Il vote les deux projets de constitution.
Aux élections législatives de novembre 1946, le département bénéficie d'un siège supplémentaire mais Guillaume Détraves ne profite pas de cette situation car la SFIO subit une forte érosion de
ses voix qui passent de 74 763 à 53 810, ce qui ne permet que l'élection de la tête de liste. Victime de sa seconde place, l'ancien député se retire à Houilles où il se consacre au conseil
municipal.