Durbet Marius Léon

Publié le par Rodney42

Marius Durbet est le fils de Jean-Pierre Durbet, cultivateur, et de Madame, née Favre. Il effectue ses études à l'Institution Notre-Dame de la Villette à la Ravoiré (Savoie) et les achève à l'Université catholique de Lille. Il obtient le diplôme de pharmacien. De son mariage, le 5 septembre 1925, avec Melle Flore Marthe Anrys, sont nées deux filles, Marcelle et Marthe. Sa conduite pendant la seconde guerre mondiale lui vaut la Croix de guerre 1939-1945. Etabli pharmacien à Nevers, Marius Durbet est élu conseiller général de la Nièvre en 1946 et devient maire de Nevers en 1947 à la tête d'une liste RPF.

 

Il perd le fauteuil de premier magistrat de la ville en 1953, tout en restant conseiller municipal. Il est également réélu conseiller général du canton de Nevers en 1949, 1955 et 1961. Comme Marius Durbet appartient au Conseil national de son parti, c'est tout naturellement que le R.P.F. fait appel à lui pour diriger sa liste aux élections législatives du 17 juin 1951. Six listes s'affrontent pour quatre sièges à pourvoir. Aucun apparentement n'a été conclu entre les listes des partis de la Troisième force, aussi les sièges sont-ils répartis à la proportionnelle. Le RPF arrive en deuxième position avec 26 950 voix (22,9 %) derrière le Parti communiste, 34 243 voix (29,9 %). Marius Durbet doit à sa position personnelle de recueillir 28 235 suffrages. Chacune des quatre premières listes obtient un siège.

Dans la nouvelle assemblée, Marius Durbet appartient à la Commission du travail et de la sécurité sociale (1951-1955) dont il est élu vice-président le 19 janvier 1955. De 1953 à 1955, il est également membre de la Commission de la famille, de la population et de la santé publique. Il remplit également deux missions spéciales : il fait partie de la commission de coordination chargée des questions relatives à la CECA et de la Commission d'enquête sur le trafic des piastres indochinoises.

Le maire de Nevers dépose trois propositions de loi, plusieurs propositions de résolution et rédige un rapport au nom de la Commission du travail. Ses propositions de loi visent, pour la première, à modifier un décret de 1940 concernant le régime des ponts et chaussées, pour la deuxième, à exonérer des droits de mutation et d'enregistrement des terrains acquis par une collectivité en vue de la redistribution gratuite à des constructeurs particuliers, et, pour la dernière à instituer un nouveau régime fiscal artisanal. Marius Durbet intervient surtout sur les problèmes économiques et sociaux. A propos d'une discussion sur le repos hebdomadaire dans le commerce de détail non alimentaire, le 10 juillet 1952, il plaide notamment pour un assouplissement des réglementations contraignantes qui nuisent à l'activité commerciale et donc à la prospérité des villes de province, lorsque la fermeture des commerces a lieu deux jours consécutifs. Le 23 octobre suivant, Marius Durbet annonce que son groupe s'abstiendra sur l'ensemble du budget du travail en raison d'une augmentation injustifiée à son avis, des dépenses de fonctionnement alors que dans toutes les autres administrations, c'est une politique d'austérité qui est recommandée. Le 9 juillet 1953, à propos d'un projet de loi portant aménagements fiscaux, il défend un amendement qui vise à encourager les entreprises qui pratiquent la politique de participation des salariés aux bénéfices de l'exploitation. Le 15 décembre suivant, il critique le projet de loi relatif au renouvellement des baux commerciaux qui fait trop la part belle, selon lui, aux intérêts des propriétaires et fait peser une menace sur la pérennité des entreprises commerciales soumises aux baux.

Lors de la séance du 31 décembre, il s'en prend également au financement de la politique de solidarité à l'égard des vieux travailleurs. En dépit des nombreuses faiblesses du projet gouvernemental, il annonce toutefois que son groupe le votera par devoir de solidarité à l'égard des personnes âgées même si celles-ci mériteraient mieux. Au début de 1954, il profite de plusieurs débats de politique économique pour prôner des réformes du fonctionnement de la sécurité sociale, une politique salariale d'expansion contrôlée, le développement de l'association capital-travail. Cette attitude de critique constructive et de soutien mesuré au gouver-nement se poursuit tout au long de la fin de la législature. En revanche, et en liaison avec l'agitation du mouvement Poujade, Marius Durbet met en garde le gouvernement, lors de la séance du 28 mars 1955, contre l'inégale répartition de la charge fiscale qui pénalise les petits commerces et avantage les magasins à succursales multiples. De même, le 11 juillet 1955, il s'en prend au développement des pharmacies mutualistes facilité par certaines dispositions prises par la sécurité sociale.

Lors des élections législatives du 2 janvier 1956, Marius Durbet conduit à nouveau la Liste des républicains sociaux, nouveau nom du parti gaulliste. Son score est en net déclin par rapport au scrutin précédent avec 14 054 voix ; les trois formations de gauche représentées (Parti communiste, S.F.I.O. et U.D.S.R.) distancent la liste gaulliste. Marius Durbet obtient néanmoins le quatrième siège à pourvoir en dépit de la concurrence de deux listes plus à droite, celle des indépendants paysans (11 621 voix) et celle des poujadistes (11 415 suffrages).

Pendant la dernière législature de la IVe République, Marius Durbet retrouve ses fonctions à la Commission du travail et est, en outre, membre suppléant de la Commission des finances. Le 20 avril 1956, il dépose une proposition de loi visant à assurer le financement du Fonds national de solidarité. Les 26 avril et 2 mai suivants, il développe sa critique du projet gouvernemental et rejette les modalités de son financement. Celui-ci essentiellement fondé sur une fiscalité indirecte, va développer l'inflation, peser sur l'activité économique et désavantager les entreprises françaises par rapport à l'étranger.

Ses deux autres principales interventions dans les débats sont dirigées contre la politique budgétaire, économique et salariale des gouvernements de la fin de la IVe République acculés au déficit et dont les mesures sociales trop généreuses au début se sont retournées contre les salariés, du fait de la relance de l'inflation. Enfin, son dernier discours important est un réquisitoire complet contre les conséquences négatives, selon lui, que va entraîner la ratification du traité de Rome alors que la France n'est pas encore prête à faire face à la concurrence internationale. S'il n'intervient pas à propos de la question algérienne, Marius Durbet soutient par ses votes la politique officielle et appuie le retour au pouvoir du général de Gaulle en 1958. Son suppléant en 1958 et 1962 était M. Ramey, maire de Nevers.

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