Fredet Maurice Georges
Ancien interne des hôpitaux de Paris, Maurice Fredet exerce en qualité de chirurgien à l'Hôtel Dieu de Chartres et siège au Conseil municipal de cette ville depuis 1935. Maintenu dans ses
fonctions municipales par le gouvernement de Vichy, il est réélu aux élections qui suivent la Libération et conservera son mandat lors des renouvellements de 1947 et de 1953. Sa participation au
second conflit mondial et à la libération de la préfecture de l'Eure-et-Loir lui vaudront la Croix de guerre et la médaille de la libération de Chartres.
Aux élections du 2 juin 1946 pour la seconde Assemblée nationale constituante, Maurice Fredet figure en deuxième position sur la liste du Parti républicain de la liberté (PRL), conduite par
Pierre Joly, député sortant. Bien que cette formation accentue son avance, 29,6 % des suffrages exprimés contre 26,3 % lors de la précédente consultation, elle n'obtient pas de siège
supplémentaire. Candidat dans les mêmes conditions aux élections législatives du 10 novembre 1946, Maurice Fredet bénéficie d'une nouvelle progression du PRL, 33,7 % des voix, qui remporte deux
des quatre sièges à pourvoir.
Inscrit au groupe PRL, le député d'Eure-et-Loir siège pendant toute la durée de la législature à la Commission de la famille, de la population et de la santé publique. Il appartient aussi à
celles des moyens de communication (1948), des boissons, du suffrage universel et du ravitaillement (1949). Il est enfin nommé juré à la Haute Cour de justice. Elu d'un département producteur de
blé, Maurice Fredet se préoccupe de l'organisation du marché et de la qualité de cette céréale. Il s'intéresse plus généralement aux prix agricoles, à la situation sociale et fiscale des
agriculteurs et à la politique agricole dans son ensemble sur laquelle il interpelle le gouvernement à plusieurs reprises.
C'est cependant en matière de santé publique qu'il déploie l'essentiel de son activité parlementaire : exercice de la profession médicale, vaccinations collectives réalisées dans des conditions
peu rigoureuses, hôpitaux encombrés par des malades ne nécessitant pas de soins lourds, hospitalisation de jour, personnes âgées placées dans des hôpitaux psychiatriques. Prévoyant l'utilisation
croissante du sang humain provoquée par les progrès de la chirurgie, l'ancien interne des hôpitaux de Paris jette les bases, dans un rapport du 28 décembre 1950, d'un système de collecte et de
distribution du sang sous le contrôle de l'Etat. Stigmatisant ce qu'il estime être des dérives du système de Sécurité sociale, il manifeste néanmoins son attachement aux allocations familiales et
à la couverture du "petit risque".
Pendant cette législature il vote contre le statut de l'Algérie (27 août 1947) et, ayant déposé une proposition de loi instituant le scrutin majoritaire plurinominal à un tour pour l'élection des
députés, il explique ainsi son vote négatif sur la loi électorale instituant les apparentements : "avec ces complications et ces finasseries vous vous exposez à voir l'électeur moyen, qui ne
s'intéresse guère à nos tours de prestidigitateur, déserter les urnes plutôt que d'aller voter dans ce qui est pour lui l'inconnu" (30 avril 1951).
Aux élections législatives du 17 juin 1951, le RPF ne présente pas de liste en Eure-et-Loir, mais apporte son soutien aux deux députés sortants PRL qui sont candidats sur la"liste d'union des
Républicains nationaux indépendants et paysans et du Rassemblement du peuple français". Maurice Fredet qui, à son mandat de conseiller municipal de Chartres, a ajouté en 1949 celui de conseiller
général de Chartres-Sud, figure en deuxième position sur cette liste. Avec 39,8 % des suffrages exprimés, elle arrive nettement en tête et obtient deux élus. Sur sa gauche l'apparentement conclu
entre la SFIO, les radicaux, RGR et UDSR et le MRP permet aux radicaux de gagner un siège au détriment du Parti communiste, privé de toute représentation.
Inscrit au groupe des Républicains indépendants, il retrouve la Commission de la famille, de la population et de la santé publique dont il devient vice-président à partir de 1953 et appartient
également pendant toute la durée de la législature à celle de la défense nationale qui, en mars 1955, le désigne pour faire partie de la Commission de coordination de l'énergie atomique et des
recherches nucléaires.
Le député d'Eure-et-Loir s'intéresse toujours aux questions agricoles et de santé publique. A ce dernier titre, il rapporte le projet de loi relatif à l'utilisation thérapeutique du sang humain
(14 mars 1952), propose le dosage de l'alcool absorbé par les personnes impliquées dans un accident de la circulation (6 avril 1954) et intervient dans la discussion du projet de loi concernant
la lutte contre l'alcoolisme (8 et 9 novembre 1955).
S'il prend à nouveau la parole sur les textes fiscaux pour défendre la doctrine des indépendants en la matière (30 décembre 1951, 6 juillet 1954), il s'inscrit largement dans le domaine de
compétence de la Commission de la défense nationale. En tant que médecin, il dénonce l'insuffisance de l'organisation sanitaire en temps de guerre (13 juin 1952, 3 février 1953). En tant que
parlementaire modéré, il soutient la politique du Gouvernement Laniel en Indochine (2, 9 et 12 juin 1954). Pendant cette législature, Maurice Fredet se prononce pour les lois Marie et Barangé, en
faveur de l'enseignement privé (21 septembre 1951), vote contre l'investiture de Pierre Mendès France (17 juin 1954), s'abstient sur les Accords de Genève qui mettent fin aux hostilités en
Indochine (23 juillet 1954) et participe à la chute de son gouvernement (4 février 1955). Dans deux autres domaines il convient de s'arrêter sur les choix de Maurice Fredet : l'Europe et le mode
de scrutin.